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Communication

Branding et rentabilité : le levier sous-estimé de votre marge – Episode 321

ou écouter sur :

On parle souvent de branding comme d’un sujet d’image. Pourtant, une marque forte influence directement votre marge, votre coût d’acquisition et votre fidélisation.

Dans cet épisode, nous explorons pourquoi le branding est un actif financier stratégique, et comment le transformer en véritable machine à profit.

 

Ce que vous allez apprendre

  • Pourquoi le branding influence directement votre capacité à augmenter vos prix

  • Comment la marque réduit votre coût d’acquisition

  • En quoi la différenciation protège votre marge

  • Pourquoi la fidélisation est le vrai moteur de rentabilité

  • Comment la cohérence de marque améliore votre performance marketing

  • Les 4 piliers d’une marque réellement rentable

 

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Transcript de l’épisode

Dans cet épisode, nous allons déconstruire une idée reçue : non, le branding n’est pas un luxe réservé aux grandes entreprises. C’est un levier financier extrêmement puissant.

Nous allons comprendre comment la marque agit concrètement sur votre rentabilité.

Nous allons analyser les mécanismes précis qui transforment une identité forte en machine à marge.

Et surtout, je vais vous donner une grille simple pour évaluer si votre marque travaille vraiment pour votre business… ou si elle se contente d’être décorative.

Si vous cherchez à augmenter vos profits sans augmenter vos coûts, cet épisode pourrait bien changer votre manière de voir le branding.

Alors installez-vous confortablement.

On parle rentabilité.

 

1. Le branding ne sert pas à “faire joli” : il influence directement la marge

Le branding n’est pas une question d’esthétique. C’est une question de perception de valeur. Et la perception influence directement le prix que vos clients sont prêts à payer.

Deux produits objectivement similaires peuvent être vendus à des prix radicalement différents. Pourquoi ? Parce que la marque crée un cadre mental. Elle raconte une histoire, installe une promesse, projette un statut. Elle transforme un produit en expérience perçue.

Quand votre marque est claire, distinctive et crédible, vous gagnez ce que l’on appelle le pricing power. Vous n’êtes plus obligé de vous aligner sur le marché. Vous définissez vos propres standards.

Sans marque forte, le client compare uniquement les caractéristiques et le prix. Avec une marque forte, il compare la valeur ressentie. Et la valeur ressentie est beaucoup plus difficile à challenger.

Beaucoup d’entreprises cherchent à augmenter leur marge en réduisant leurs coûts. Elles renégocient leurs fournisseurs, optimisent leur logistique, compressent leurs budgets. Pourtant, l’augmentation du prix moyen de quelques pourcents a souvent un impact bien plus puissant sur la rentabilité.

Une marque forte rend cette augmentation possible. Elle protège la marge parce qu’elle justifie le prix.

Le branding n’est donc pas un centre de coût. C’est un levier direct sur votre capacité à facturer plus cher sans augmenter vos charges.

 

2. La marque réduit le coût d’acquisition

Une entreprise inconnue doit compenser par l’investissement publicitaire. Elle doit acheter l’attention. Elle doit prouver sa crédibilité. Elle doit convaincre plus fort et plus longtemps.

Une marque forte, elle, bénéficie d’un avantage invisible mais décisif : la familiarité.

La notoriété réduit la friction. La confiance raccourcit le cycle de décision. La cohérence rassure. Tout cela a un impact direct sur votre coût d’acquisition client.

Quand votre marque est identifiée et comprise, vos campagnes performent mieux. Votre taux de clic augmente. Votre taux de conversion progresse. Votre trafic organique se développe. Vos clients vous recommandent plus facilement.

Vous n’êtes plus obligé de surenchérir face à des concurrents interchangeables. Votre nom devient un repère.

Regardez certaines marques dans le e-commerce. Lorsqu’un consommateur voit leur publicité, il ne découvre pas une entreprise. Il reconnaît un acteur déjà présent dans son esprit. La différence en termes de performance publicitaire est considérable.

Le branding agit donc comme un amortisseur budgétaire. Il réduit la dépendance à l’acquisition payante. Il stabilise la performance dans le temps. Il crée une préférence avant même la première interaction commerciale.

Moins de résistance. Plus de confiance. Un CAC optimisé.

 

3. La différenciation : sortir de la guerre des prix

Quand vous n’avez pas de marque claire, vous devenez comparable. Et quand vous êtes comparable, vous devenez négociable.

La guerre des prix commence toujours par un manque de différenciation perçue.

Le branding structure votre positionnement. Il définit ce que vous représentez, ce que vous défendez, à qui vous vous adressez vraiment. Il crée une identité qui dépasse les caractéristiques techniques du produit.

Une marque bien positionnée choisit son territoire. Elle accepte de ne pas plaire à tout le monde. Elle assume une vision.

Cette clarté réduit la comparaison frontale. Vous ne jouez plus sur le même terrain que tout le monde. Vous changez les critères d’évaluation.

Un acteur comme Apple, par exemple, ne vend pas uniquement des caractéristiques techniques. Il vend une expérience, un écosystème, un statut, une simplicité. Le prix n’est plus la seule variable de décision.

La différenciation protège la marge parce qu’elle rend la substitution plus difficile. Si votre offre est perçue comme unique, elle est moins attaquable.

Le branding agit donc comme un bouclier stratégique. Il vous sort du piège du “moins cher”. Il vous repositionne sur le terrain de la valeur.

 

4. La fidélisation : la rentabilité se joue après la première vente

La première vente coûte cher. La suivante coûte beaucoup moins.

La rentabilité réelle d’une entreprise ne se joue pas au moment de l’acquisition, mais dans la durée de la relation.

Le branding crée de l’attachement. Il crée un sentiment d’appartenance. Il installe une continuité émotionnelle entre la marque et le client.

Un client fidèle ne rachète pas uniquement parce que le produit est bon. Il rachète parce qu’il se reconnaît dans la marque. Parce qu’il adhère à son univers. Parce qu’il s’y sent aligné.

La valeur vie client augmente quand la relation dépasse la transaction.

Une marque forte facilite aussi l’extension de gamme. Si la confiance est installée, le client sera plus enclin à tester une nouvelle offre. La marque devient un accélérateur de cross-sell et d’up-sell.

La fidélité réduit la pression constante sur l’acquisition. Elle stabilise le chiffre d’affaires. Elle améliore la prévisibilité.

Une communauté engagée coûte moins cher à activer qu’un public froid à convaincre.

Le branding n’est donc pas seulement un levier d’attraction. C’est un levier de rétention. Et la rétention est l’un des plus puissants multiplicateurs de profit.

 

5. La cohérence : accélérateur de performance marketing

Un message confus coûte cher.

Quand votre marque n’est pas claire, chaque campagne repart de zéro. Chaque publicité doit réexpliquer qui vous êtes. Chaque page de vente doit reconstruire la crédibilité.

Une marque structurée crée de la cohérence. Elle aligne le discours, le ton, la promesse, l’expérience.

La répétition renforce la mémorisation. La cohérence renforce la crédibilité.

Dans un environnement saturé, la clarté devient un avantage concurrentiel. Les entreprises qui performent durablement sont celles dont le message est identifiable en quelques secondes.

Le branding agit comme un socle stratégique. Il donne une direction à la création, au copywriting, au design, à la stratégie média.

Vos campagnes deviennent plus efficaces parce qu’elles s’inscrivent dans une continuité. Elles capitalisent sur l’historique de la marque au lieu de créer des actions isolées.

Une marque forte rend la performance marketing plus stable. Moins de dispersion. Plus d’impact. Meilleur retour sur investissement.

 

6. Les 4 piliers d’une marque rentable

Transformer sa marque en machine à marge demande une structure claire.

Premier pilier : un positionnement tranché. Vous devez savoir à qui vous vous adressez et pourquoi vous êtes différent. Sans choix, pas de différenciation.

Deuxième pilier : une promesse forte. Elle doit être simple, compréhensible et crédible. Elle doit répondre à un problème réel et assumé.

Troisième pilier : une cohérence totale. Chaque point de contact doit raconter la même histoire. Site web, réseaux sociaux, service client, produit. La cohérence crée la confiance.

Quatrième pilier : une vision long terme. Le branding produit ses effets dans la durée. Il demande de la constance. Les entreprises qui changent de discours tous les six mois diluent leur impact.

Vous pouvez vous poser une question simple : votre marque vous permet-elle d’augmenter vos prix, de réduire votre dépendance à la publicité et d’augmenter votre fidélité ?

Si la réponse est non, votre branding est probablement esthétique.

S’il est structuré, il devient un actif stratégique.

 

Conclusion

Le branding n’est pas un exercice cosmétique. Il n’est pas là pour embellir votre site ou moderniser votre logo. Il est là pour soutenir votre rentabilité.

Nous avons vu qu’une marque forte influence directement votre capacité à augmenter vos prix. Elle agit sur la perception de valeur, et la perception détermine la marge. Nous avons compris qu’elle réduit votre coût d’acquisition en créant de la familiarité, de la confiance et de la préférence. Nous avons analysé comment la différenciation vous sort de la guerre des prix et protège votre positionnement. Nous avons vu que la fidélisation, portée par l’attachement à la marque, multiplie la valeur vie client. Enfin, nous avons compris que la cohérence structure toute votre performance marketing et améliore votre retour sur investissement.

Une marque rentable repose sur quatre piliers : un positionnement clair, une promesse forte, une cohérence constante et une vision long terme.

La vraie question n’est donc pas “avez-vous un logo ?”.

La vraie question est : votre marque vous permet-elle de vendre plus cher, plus facilement et plus durablement ?

Si votre branding ne soutient pas votre marge, il est décoratif.

S’il est stratégique, il devient un actif puissant.

Je vous invite à prendre un moment pour évaluer votre propre marque à l’aune de ces critères. Où perdez-vous de la marge ? Où pourriez-vous gagner en clarté ? Où manquez-vous de cohérence ?

Le branding n’est pas un luxe. C’est une décision stratégique.

Et si cet épisode vous a éclairé, partagez-le à un entrepreneur qui pense encore que la marque est une dépense. Vous pourriez bien transformer sa manière de piloter son business.

 

Google Ads : pourquoi tout ce que vous saviez est déjà obsolète avec Alexandre Falck – Episode 320

ou écouter sur :

Vous pensez connaître Google Ads ?

Si vous n’y avez pas touché depuis trois à cinq ans, il est probable que vous soyez déjà en décalage. Dans cet épisode, j’échange avec Alexandre Falck, expert SEA et fondateur de l’agence Le Mage du SEA, pour comprendre ce qui a profondément évolué.

Nous parlons audiences, automatisation, PMax, IA Overview, conversion offline… et surtout de ce que ces changements impliquent concrètement pour votre business.

 

Vous pouvez retrouver Alexandre Falk sur linkedin, son site ou sa newsletter.

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Transcript de l’épisode

Estelle (00:32.792)
Vous voyez le moment où vous vous dites, Google Ads, je connais, j’ai déjà testé. Et puis vous retombez dessus quelques temps plus tard, voire comme moi quelques années plus tard, vous ouvrez l’interface et puis là, vous avez l’impression d’être entré dans le cockpit d’un avion. C’est exactement ce qui m’est arrivé. En gros, je pensais retrouver un truc à peu près simple, c’est-à-dire des mots-clés, une annonce, une enchère et puis pouf, on lance le truc, on voit ce que ça donne. Sauf qu’entre temps, Google…

Sauf qu’entre temps Google Ads a littéralement changé de planète et le problème c’est que si vous continuez à raisonner avec l’ancien logiciel vous allez faire exactement ce que Google adore, c’est à dire dépenser sans vraiment comprendre ce qui se passe. Alors…

Estelle (01:31.854)
que je langisse ce truc.

Estelle (01:40.206)
Ahem

Estelle (01:57.602)
Où est-ce que je l’ai mis ?

Estelle (03:41.613)
on

Estelle (04:53.641)
voyez le moment où vous vous dites, bon Google Ads, je connais, j’ai déjà testé il a quelques années et puis vous retombez.

Estelle (05:04.685)
Vous voyez le moment où vous vous dites, Google Ads, je connais, j’ai déjà testé, et puis vous décidez quelques années plus tard de rouvrir l’interface. Et puis là, vous avez littéralement l’impression d’être entré dans le cockpit d’un avion. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Je pensais retrouver un truc à peu près simple, à savoir des mots-clés, une annonce, une enchère, et puis pouf, on met ça dans la machine, on voit ce qui sort. Sauf qu’entre temps, Google Ads a littéralement changé de planète. Et le problème,

Si vous continuez à résumer…

Sauf qu’entre temps Google Ads a littéralement changé de planète et le problème c’est que si vous continuez à raisonner avec l’ancien logiciel, vous allez faire exactement ce que Google Ads adore, à savoir dépenser sans vraiment comprendre ce qui se passe. Si vous me découvrez avec cet épisode, je suis Estelle Ballot et j’aide les dirigeants et les CMO à structurer leur marketing, gagner en clarté et obtenir des résultats sans complexifier inutilement.

Checks !

Estelle (06:13.825)
Si vous me découvrez avec cet épisode, je suis Estelle Ballot et j’aide les dirigeants et les CMO Marketing à structurer leur marketing, gagner en clarté et obtenir des résultats sans complexifier inutilement.

Estelle (06:28.641)
Si vous me découvrez avec cet épisode, je suis Estelle Ballot et j’aide les dirigeants et les CMO à structurer leur marketing, gagner en clarté et obtenir de vrais résultats sans complexifier inutilement. Cette semaine ici.

Estelle (06:44.331)
Si vous me découvrez avec cet épisode, je suis Estelle Ballot et j’aide les dirigeants et les CMO à structurer leur marketing, gagner en clarté et obtenir de vrais résultats sans complexifier inutilement. Mais putain, pourquoi je m’arrête ?

Estelle (07:01.546)
Ahem.

Estelle (07:06.251)
Si vous me découvrez avec cet épisode, je suis Estelle Ballot et j’aide les dirigeants et les CMO à structurer leur marketing, gagner en clarté et obtenir de vrais résultats sans complexifier inutilement. Chaque semaine ici, on parle de marketing concret, utile et actionnable. Dans cet épisode, j’ai invité Alexandre Falck, aka le mage du SEA, rien que ça. Alexandre, c’est quelqu’un qui passé des années en grosse agence, qui a vu…

Estelle (07:40.811)
Pour cet épisode, j’ai invité Alexandre Falck AK, le mage du SEA.

Estelle (07:55.394)
Pour cet épisode, j’ai invité Alexandre Falck, aka le mage du SEA, rien que ça. Alexandre a passé des années dans des grosses agences, il a vu ce qui marche vraiment quand on met des budgets vraiment sérieux et il a aujourd’hui…

Estelle (08:14.893)
comment je fais pour travailler, moi?

Estelle (09:10.093)
d’être à la compagnie, t’as toujours un peu l’air de faire des travaux.

Estelle (09:16.525)
Tu veux que je bosse là ?

Estelle (09:21.321)
Dans cet épisode, j’ai invité Alexandre Falck à caler le mage du SEA, rien que ça. Alexandre, c’est quelqu’un qui passé des années dans des grosses agences, il a vu ce qui marche vraiment quand on met des budgets sérieux et aujourd’hui, il accompagne des entreprises qui veulent de la performance sans se faire balader par l’automatisation. Je vous préviens, il a un passage qui m’a littéralement fait sortir mon carnet de notes. C’est celui où il explique ce qui est en train d’arriver avec la recherche

Google et l’IA. Et pourquoi ça risque ?

Estelle (09:58.506)
Je vous préviens, il a un passage qui m’a littéralement fait sortir mes notes. C’est celui où il explique ce qui est en train d’arriver sur la recherche Google avec l’IA et pourquoi, et bien ça risque de changer la façon dont on achète, la façon dont on clique et puis surtout la façon dont on convertit. À ce moment-là, vous comprenez que le sujet, ça n’est pas faire des pubs, le sujet c’est…

Estelle (10:28.777)
À ce moment-là, vous comprenez que le sujet, c’est pas faire des pubs, le sujet, c’est…

À ce moment-là, vous comprenez que le sujet, c’est pas faire des pubs, le sujet, c’est est-ce qu’il a… Putain de cerveau !

Estelle (10:48.269)
mais tout monde est contre moi.

Estelle (11:08.981)
À ce moment-là, vous comprenez que le sujet, ça n’est pas faire des pubs, le sujet c’est est-ce qu’on est en train de perdre le contrôle du parcours client sans s’en rendre compte ? Si vous utilisez Google Ads, si vous pensez vous y mettre ou si vous vous dites on verra plus tard, écoutez cet épisode, y a de fortes chances pour que plus tard, il coûte beaucoup plus cher que prévu. Allez, je vous propose d’accueillir tout de suite Alexandre Falck.

Estelle (11:42.195)
Un grand merci Alexandre, c’est mille fois plus clair maintenant pour moi de savoir comment utiliser Google Ads. Promis, je vais m’y remettre. En tout cas, c’est vraiment super éclairant d’avoir toutes tes tips et de comprendre comment les choses changent régulièrement et comment on peut les utiliser au mieux. Si vous avez aimé cet épisode, bien s’il vous plaît, partagez-le avec un collègue, quelqu’un qui serait intéressé par le sujet. C’est comme ça que vous pouvez m’aider à développer.

le podcast du marketing, à développer cette chaîne YouTube.

C’est comme ça que vous pouvez m’aider à développer cette chaîne YouTube. Je parle de pas grand chose donc… C’est comme ça que vous pouvez m’aider à développer cette chaîne YouTube et ce podcast.

Estelle (12:32.929)
C’est comme ça que vous pouvez m’aider à développer cette chaîne YouTube et le podcast du marketing. Je vous dis à très vite. C’est comme ça que vous pouvez m’aider à développer… C’est comme ça que vous pouvez m’aider à développer le podcast du marketing. Je vous dis à très vite.

 

 

 

Campagnes intégrées : quand chaque étape du parcours client nourrit la prochaine – avec l’ex CMO de Ring Central Julien Rio – Episode 319

ou écouter sur :

Une campagne LinkedIn, un webinar, un emailing, un article sponsorisé.

Individuellement, chaque action peut être pertinente. Ensemble, elles ressemblent parfois à un patchwork sans véritable logique.

Dans cet épisode, nous parlons de campagnes intégrées. Une approche qui dépasse l’omnicanal pour construire un véritable parcours stratégique, où chaque canal nourrit le suivant et accompagne le prospect de la découverte à la conversion.

Ce que vous allez découvrir dans cet épisode

• La différence entre campagne omnicanale et campagne intégrée

• Pourquoi l’alignement des messages ne suffit plus

• Comment construire un parcours marketing logique et progressif

• Le rôle précis de chaque canal dans une stratégie intégrée

• Comment éviter de tomber dans la complexité excessive du tracking

• Les clés pour structurer sans complexifier

Vous pouvez retrouver Julien Rio sur son site ou sur Linkedin.

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Et puis sinon, vous pouvez aussi


Transcription de l’épisode

Orateur #0 Vous écoutez le podcast du Marketing, épisode 321. Bonjour et bienvenue sur le podcast du Marketing. Je suis Estelle Ballot et j’aide les directions marketing à gagner en clarté, structurer leur marketing et obtenir des résultats sans complexifier. Chaque semaine ici, on parle de marketing concret, utile et actionnable. Aujourd’hui, on va parler d’un sujet qui peut transformer radicalement votre façon de faire du marketing. Il s’agit des campagnes intégrées. Vous me connaissez, j’aime quand le marketing est à la fois stratégique, structuré et orienté business. Sauf que bien souvent, nos actions ressemblent plus à un patchwork. On a une campagne LinkedIn ici, on a un webinar là, un emailing dans un coin, puis on a peut-être aussi un article sponsorisé. Chaque action, elle peut être très bonne individuellement, mais ensemble, elle ne raconte pas toujours une histoire qui est véritablement cohérente. Elles ne font pas forcément avancer votre prospect de manière fluide dans son parcours. Alors, j’avais déjà parlé des campagnes omnicanales avec Thibaut Demorel de Le Permis Libre. C’était l’épisode 202. On avait parlé d’alignement des canaux, de cohérence des messages, d’orchestration. Eh bien, les campagnes intégrées, c’est tout ça, mais elles vont encore un cran plus loin. L’idée, ce n’est plus seulement d’être présent partout avec un message harmonisé, c’est de construire un véritable parcours. Vous avez un canal qui nourrit le suivant, une action qui va préparer la prochaine. En fait, chaque point de contact est pensé comme une étape qui est logique et qui va accompagner votre audience depuis la découverte jusqu’à la conversion, voire après. Alors pour en parler, j’ai le plaisir d’accueillir Julien Rio. Julien, c’est un peu une pointure du marketing international. C’est l’ex-CMO de RingCentral sur la région Europe-Asie-Pacifique. RingCentral, c’est un acteur majeur des communications d’entreprise. En gros, c’est le concurrent direct de Teams et de Google Meet, avec un chiffre d’affaires tout petit de 2,6 milliards. Autant vous dire que des campagnes à grande échelle, il connaît. Dans cet épisode, on va voir ce que c’est réellement une campagne intégrée, en quoi elle est différente de l’omni-canal. Comment est-ce qu’on peut la construire concrètement et surtout, comment éviter de se perdre dans la complexité du tracking et de l’attribution ? Si vous avez envie de passer d’action marketing isolée à une véritable machine cohérente et performante, vous êtes au bon endroit. Bonjour Julien, bienvenue sur le podcast du marketing. Orateur #1 Bonjour Estelle, un grand merci pour ton invitation, je suis super content d’être là. Orateur #0 Écoute, ravie également de t’avoir à mon micro. On va parler d’un sujet dont j’ai déjà un petit peu parlé il y a quelques mois, voire une bonne grosse année, une année et demie, avec Thibaut Demorel, qui est le CMO du permis libre. On va parler, mais on va creuser encore un peu plus le sujet. On va parler de ce qu’on appelle les campagnes intégrées. Avant qu’on rentre dans le vif du sujet, Julien, est-ce que tu peux me dire qui tu es et ce que tu fais ? Orateur #1 Grand plaisir. Donc Julien Rio, j’ai… Je suis un leader marketing international. J’ai fait une dizaine d’années à Hong Kong, toujours avec un périmètre très international. Et je suis de retour depuis quelques années en France. J’ai fait beaucoup de choses. J’ai fait du B2B, du B2C, des startups, des scale-up, des grosses boîtes. Et là, ça fait quelques années que je suis plutôt dans l’environnement B2B SaaS, toujours dans le marketing et toujours un peu hyperactif à la recherche de l’excitation du marketing au quotidien. Orateur #0 Super. Et oui, effectivement, tu as plein de projets différents, notamment, si je ne dis pas de bêtises, tu as sorti des livres, tu as écrit des livres, tu as un framework dont on va parler là aujourd’hui. Tu as pas mal d’activités à côté ou en plus de ton activité de CMO. Là, ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est ces fameuses campagnes intégrées. c’est un terme un peu il y a les campagnes omni-canal, il y a le multi-channel, il y a plein de termes. Est-ce que tu peux, pour qu’on commence, est-ce que tu peux m’expliquer, en tout cas ta définition à toi, qu’est-ce que c’est qu’une campagne intégrée ? Orateur #1 Quand on parle de marketing, on pense régulièrement à des activités. Donc j’ai un événement, j’ai quelque chose sur LinkedIn, j’envoie des emails, ça c’est du marketing, ce sont des activités. Tu peux commencer à réfléchir en termes de campagne. En général, c’est-à-dire que tu vas avoir plusieurs activités qui vont avoir un point commun, qui va y avoir une espèce de fil conducteur. Tu peux commencer à réfléchir en termes de campagne multicanale, voire omnicanale, et ça signifie que ta campagne va être lancée sur… tes activités avec le même fil conducteur seront sur plusieurs canaux en même temps. Ce qu’on appelle une campagne intégrée, c’est tout ça, mais on va une étape plus loin où on s’assure qu’il y a une véritable intégration entre les canaux, c’est-à-dire qu’il y a une suite logique. On passe d’un canal à l’autre, on pense en termes d’expérience client, on a une cohérence de messages. Et on essaie de faire en sorte que ce premier canal amène un deuxième, qui amène un troisième, qui amène un quatrième, pour avoir une suite logique et réfléchir en termes de parcours client et évidemment de cycle de vente également. Donc c’est vraiment, on appuie juste des activités décorrélées, on annule l’effet patchwork qui existe quand même régulièrement dans le marketing et on essaie d’intégrer tout ça. Et c’est une intégration des équipes, c’est une intégration des messages, c’est une intégration des canaux, c’est une intégration des assets, des contenus, etc. Et c’est un gros travail qui apporte énormément, à mon sens, aux clients, aux marketeurs et évidemment aux business qui s’en servent. Orateur #0 Oui, si on parle de… Je te posais la question en off quand on préparait l’épisode. Si on parle de différence entre l’omni-canal et la campagne intégrée, grosso modo, c’est quoi ? C’est que sur l’omni-canal, on va faire en sorte d’harmoniser les messages pour être sûr que ce qu’on va voir sur… Je prends des exemples. sur une pub Facebook va correspondre à ce qu’on va retrouver d’un point de vue message, d’un point de vue peut-être visuel sur, je ne sais pas, le site Internet, et ce qu’on va retrouver aussi sur, par exemple, un webinaire. Là où la campagne intégrée, qu’est-ce que c’est ? On va un cran plus loin, c’est-à-dire que l’un vient nourrir l’autre. L’idée, c’est ça, c’est que chaque activité nourrisse l’activité suivante. Orateur #1 Exactement. Si tu réfléchis en termes de parcours client, tu vas avoir des canaux qui sont plutôt orientés awareness. Tu en as d’autres qui sont plutôt orientés considération. Il y en a qui sont clairement là pour faire de la conversion. Et dans une campagne intégrée, tu vas essayer de réfléchir comment ce premier canal où on va me découvrir pour la première fois, comment il va pouvoir doucement m’amener à un autre canal. Donc ça pourrait être mon premier canal, je réfléchis à la volée, j’espère que ça va avoir du sens. Mon premier canal, c’est peut-être une pub dans un magazine. C’est la première fois qu’on va voir ton logo, qu’on va savoir de quoi tu parles. Puis ton deuxième canal, on va te revoir sur une pub LinkedIn, Facebook. peu importe en fonction de ta target, là on est encore on va essayer d’aller un cran plus loin, on explique la marque mais on explique un peu plus ce qu’on fait sans rentrer dans le détail des features, des produits etc mais au moins qu’on soit capable de te positionner sur ton marché et puis le canal suivant on va rentrer un peu plus dans le vif du sujet, on va essayer de pousser un article de blog qui va aller plus loin, on va essayer de pousser une newsletter qui va aller plus loin, on va faire ce qu’on appelle du nurturing puis après on descend doucement et puis vu qu’on a obtenu l’email de cette personne via le canal précédent, on va commencer à faire peut-être de l’outbound et lui envoyer quelque chose d’un peu plus précis, lui proposer proposer une démo, lui proposer de mieux comprendre le ROI de ta solution, etc. Donc l’idée, c’est comment on connecte tout ça. Ce n’est pas juste qu’on est sur tous les canaux, ce n’est pas juste qu’on a le même message, mais comment on connecte tout pour que ce soit intégré, d’où le terme de campagne intégrée. Orateur #0 Oui, c’est vraiment de suivre ce chemin du consommateur, du fameux parcours client. Là où on va faire le parcours client schématise sur un site internet, on fait la même chose, mais en fait sur tous les touchpoints, tous les médias qu’on va utiliser. Moi, la question que je me posais quand on en discutait, c’est que ça, c’est finalement assez linéaire. Parce qu’on a appris à travailler en entonnoir et on vient comme ça descendre étape par étape et essayer, comme sur un site Internet, d’emmener à l’étape suivante qui va à l’étape suivante qui va à l’étape suivante. Moi, quand je t’écoute, et je trouve ça effectivement complètement logique d’aller travailler tes médias et tes investissements pour qu’ils viennent nourrir le suivant, évidemment que c’est plus intéressant. Sauf que quand même nos clients, nos consommateurs, nos auditeurs, on peut leur donner le mot qu’on veut, notre audience globalement, on le sait maintenant, ils viennent de plein d’endroits différents et ils ne sont plus sur un chemin linéaire. On n’est plus sur un chemin en étoile, on vient voir un site, puis on repart, puis on retourne voir une pub, puis on repart, puis on va voir peut-être une newsletter. On sait qu’il y a énormément de points. Est-ce que la campagne est intégrée pour toi ? Elle peut gérer ça ? Ou est-ce que de toute façon, c’est ingérable ? Et tant pis, mettons-le de compter et on fait bien comme on peut. C’est quoi ta position là-dessus, honnêtement ? Orateur #1 C’est à mi-chemin entre les deux. C’est-à-dire que tu as autant de parcours client réel que tu as de client. C’est imprédictible. Et les clients feront bien ce qu’ils veulent de toute manière. Cependant, si tu as bien construit ton parcours client et que tu as une réflexion sur comment ce canal mène à ce canal, mène à ce canal, Plus tu descends, dans ton funnel, dans ton entonnoir, plus tu as des canaux que tu contrôles. C’est-à-dire, quand tu es tout en haut de ton entonnoir, tu mets dans un magazine, c’est un petit peu petit bonheur la chance. C’est-à-dire, tu as quand même fait un targeting. C’est un magazine que ton audience va lire. Tu ne vas pas publier dans n’importe quel magazine. Mais tu ne sais pas exactement qui va lire cette page-là en particulier. Donc, il y a quand même un élément de chance. Quand tu commences à descendre, tu as des emails, tu as des profils LinkedIn, tu as des cookies de retargeting. Donc, tu commences à savoir ce que les gens ont déjà consommé. Donc tu vas pouvoir… t’assurer de targueter correctement et tu vas pouvoir savoir que telle personne a déjà vu ce contenu précédent, tu la gères un petit peu mieux, cette logique de distribution que tu as. Dans tous les cas, le but de la campagne intégrée, c’est pas de contrôler les gens et de les forcer. C’est de dire, si vous avez vu ça, je vais vous proposer cette chose suivante qui a une logique pour moi. Si vous en voulez pas, c’est pas grave, faites votre propre parcours, mais au moins j’essaie de vous simplifier la tâche. C’est dans cette logique-là qu’on s’inscrit. Orateur #0 Ça m’intéresse parce que, tu vois… Je trouve que c’est finalement exactement la logique que moi… Tu sais, moi, j’ai une marotte, c’est le persona. Je veux comme plein de responsables marketing, je pense, mais vraiment, j’ai cette marotte-là de, pour moi, tout part du persona. Et ce que j’explique à plein de mes clients qui n’ont pas compris le persona, en général, pardon, mais désolé, je trouve qu’il y a plein de gens qui n’ont pas compris le persona, c’est exactement ça. C’est de dire, mais moi, je ne vous dis pas que tous vos clients vont ressembler à votre persona, ce serait complètement idiot et franchement, ce serait… Pardon, ce serait chiant d’avoir tous des clients qui se ressemblent tous. Évidemment que chaque client est différent. Mais l’idée, c’est de mettre un maximum de ressources, ressources au sens large, sur le client qui vous semble être le mieux placé pour vous, pour plein de raisons. Parce que le fait de mettre un maximum de ressources sur ce client-là, un, va le toucher, deux, de toute façon, touchera les autres de façon index. C’est un peu pareil là avec le parcours client, c’est de déterminer quel est le parcours client. qui te semble, toi, le plus logique, le plus cohérent, et d’aller construire le média dessus pour que les différents médias que tu vas utiliser vont avoir un ROI qui va être le plus intéressant possible. Ce n’est pas grave s’ils prennent des chemins de traverse. De toute façon, c’est juste que ton ROI sera meilleur sur ce parcours-là. Et il sera un tout petit peu moins bon sur les autres, mais finalement, il t’emmène quand même là. L’idée, c’est ça. Je suis d’accord avec toi. Malheureusement, on ne peut pas savoir par où réellement les gens vont passer. Et ça va de plus en plus être de plus en plus complexe. Si on essaye de le faire, on va finir par se perdre dans les méandres de complexité qui vont nous faire perdre du temps plus qu’autre chose. Orateur #1 Absolument. Je suis 100% aligné avec ça. Et l’idée, c’est que si tu essaies de forcer tes clients, tu risques de les perdre plus qu’autre chose. Donc, propose-leur un chemin. C’est un peu comme chez Ikea. On te propose un chemin, on te force un peu parce qu’il y a une logique business pour eux et qu’il y a une logique pour toi parce que tu vas d’abord regarder les meubles avant de regarder les fleurs. Très bien. Mais en même temps, tu as des portes cachées absolument partout. Si tu as envie de faire ton propre parcours, tu fais ton propre parcours. On t’en propose un qui a une logique et tu crées le tien derrière. Orateur #0 Exactement. Ok. Écoute, j’adore ce concept d’Ikia. Je me revois trouver les portes cachées. J’avais l’impression d’être ultra intelligente à 16 ans quand j’ai trouvé les portes cachées. Je me suis dit, ça y est, j’ai tout découvert de la vie. Bon, ok, je n’étais pas la seule. Orateur #1 Malheureusement, non, il me semble. Orateur #0 Ok, écoute, dis-moi, demain je veux mettre en place une campagne intégrée. Je me dis, mais attends, il a raison Julien, c’est bien, je lis tout ça, mais comment je fais ? Parce que ça paraît simple et ce n’est pas simple en même temps. C’est quoi les grosses étapes ? Qu’est-ce qu’il faut que j’aille regarder en premier pour toi ? Orateur #1 Alors, moi j’ai créé un framework qui s’organise autour de trois étapes essentielles, mais avant ça, il me semble qu’il y a quand même deux, trois prérequis. Le premier prérequis, c’est d’avoir un but très clair. Si tu n’es pas capable en dix mots de dire quel est l’objectif de ta campagne, lance pas de campagne. Est-ce qu’on parle d’acquisition ? Est-ce qu’on parle de rétention ? Est-ce qu’on parle d’upsell ? Est-ce qu’on parle de cross-sell ? De quoi on parle ? C’est quoi ton objectif ? Si possible chiffrer, mais à minima être très clair. Et le but du jeu c’est, si tu reviens sur cette campagne ou que tu la partages à un commercial ou que tu la partages à ton PDG, juste en lisant ces dix mots-là, il sait exactement de quoi on parle. Ça c’est l’étape 1. Ensuite, tu parlais de Bayer Persona. L’audience, le framework que j’ai développé, c’est un… peu différent de ce qu’on trouve en général dans le sens où c’est un framework qui s’organise autour d’une audience. Ce n’est pas des campagnes autour d’un produit, c’est des campagnes autour d’une audience. C’est-à-dire que si pour vendre ton produit, tu as besoin de parler à un DAF et la DSI, tu vas avoir une campagne qui s’organise autour du DAF et une campagne qui s’organise autour de la DSI. Pourquoi ? Parce que les enjeux de ta DSI, ce n’est pas du tout les enjeux de ton DAF. Donc tu ne peux pas… peut pas t’adresser aux deux de la même manière parce qu’ils ont pas les mêmes problématiques. Ce qui m’emmène au troisième pilier, c’est ce que j’aime bien appeler la message house, très américain mais on va dire la maison des messages pour faire plus français, c’est par audience, vu qu’on crée des campagnes autour d’audience, par audience, quels sont les messages qui résonnent avec cette audience. Donc par exemple ton DAF ça va être retour sur investissement ça va être contrôle du budget euh… Je ne sais pas, ça va être interopérabilité parce qu’il ne veut pas avoir 56 produits là où deux suffisent. Alors que tu as des SI, ça va être compatibilité, sécurité et peu importe le troisième. Donc si j’ai ces messages qui sont très clairs organisés autour de mon audience, j’ai déjà les briques qui vont être nécessaires pour créer la campagne par la suite. Et puis le petit dernier point avant de se lancer, c’est d’être super clair sur son équipe. C’est qui ton équipe marketing si tu es dans une toute… de petites structures et que tu es à 360, peut-être que tu fais tout, mais il y a des chances qu’il y ait quand même dans ton équipe étendue, tu as peut-être des commerciaux, tu as peut-être des BDA, tu as peut-être une agence externe qui t’aide sur la création de contenu ou la gestion de certains canaux. Tout ça, c’est ton équipe. Il faut déjà la mettre à plat parce que tu vas avoir besoin d’eux. Une campagne, ça ne se lance pas tout seul, ça se lance avec toutes les personnes qui rentrent dans ce contexte-là. Donc, voilà, ça, c’est les prérequis, un but très clair, une audience très claire, des messages très clairs et une définition très claire de ton équipe et qui fait quoi. Et là, il y a les trois phases. Phase numéro 1, c’est rallier. On rallie tout ce que je viens de mentionner. On a une liste exhaustive de voici les contenus à ma disposition, voici tous mes messages, voici les canaux que je peux utiliser, etc. On fait un état des lieux. Deuxième étape, c’est intégrer. Là, c’est une étape qui pour moi est incroyablement visuelle. J’ai tous mes éléments, je ne vais pas tout utiliser. Quand tu fais une recette, tu ne mets pas tout ce que tu as dans le frigo. Tu réfléchis aux ingrédients dont tu as besoin. Donc, maintenant que je sais que j’ai tout ça, qu’est-ce que je vais utiliser, je le mets où, j’en fais quoi et j’essaie de visualiser, on parlait de parcours client c’est incroyablement visuel un parcours client laissez tomber les post-it ou les fichiers Excel, essayez de dessiner un truc qui ressemble à ce à quoi votre campagne devrait ressembler et une fois qu’on a tout ça, c’est la troisième étape qui est l’étape d’orchestration, on a tous les éléments comment on construit, comment on lance comment on optimise, comment on s’assure que tout fonctionne c’est plus compliqué que ça je schématise énormément pour aller pour aller vite, mais dans l’idée, c’est d’abord on rallie les éléments, on les intègre ensemble et on orchestre le fait que sa campagne fonctionne de manière effective. Orateur #0 Et alors, quand tu dis, ça m’intéresse quand tu dis que c’est très très visuel, c’est-à-dire que tu vas faire comme un véritable mapping limite dessiné à la main, je vais commencer par telle étape qui va emmener sur telle étape en apportant ça, qui va emmener sur telle autre étape, etc. C’est ça que tu fais ? C’est aussi simple que ça, un dessin ? Orateur #1 Alors… Pas à la main parce qu’aujourd’hui, je parlais de l’équipe tout à l’heure, à moins que vous soyez tous dans la même pièce tout le temps, je pense que c’est important d’utiliser des outils. Pour être très transparent, j’utilise Google Slides. C’est gratuit, c’est simple, c’est accessible à tous. Je n’investis pas dans des trucs à 30 000 euros. Google Slides, ça fait très bien le taf. Et je pense que l’étape de création est… En fait, quand tu vas commencer à essayer de visualiser, moi, ma problématique, c’est que ça fait 15-20 ans que je fais du marketing. J’avais pas cette étape de visualisation. Donc quand quelqu’un dans mon équipe, ou quand moi-même je faisais une campagne, puis tu y reviens trois semaines après, alors attends, quel canal fait quoi ? Alors il faut que j’aille lire tel ou tel document de 85 pages pour essayer de me… Non ! Moi j’ai besoin d’un visuel, d’un mapping qui me dit tel canal utilise tel contenu, se connecte à celui-ci, récupère des emails qui rentrent dans cette base de données, qui fait ça. Et quand ça commence à être visuel, c’est incroyablement simple de faire le suivi de tout ce qui se passe. Donc oui, c’est du dessin et pourquoi Google Slides ? Parce que c’est gratuit, parce que c’est simple et parce que tu le partages. Pour moi, c’est un travail d’équipe. Si tu es campaign manager, c’est toi qui fais le gros du travail, mais il faut valider avec les autres. Tu as peut-être des gens qui gèrent tes canaux. Est-ce qu’ils sont d’accord avec ce que tu as prévu de faire ? Est-ce qu’on peut faire le targeting que tu as en tête ? Est-ce qu’on peut récupérer l’email, l’ID, le numéro de téléphone ? Donc tu as besoin de collaborer et pour moi, il faut que ce soit incroyablement visuel pour te rendre compte. Parce qu’un gros travail que tu vas devoir faire, c’est une fois que tu as fait ce mapping, C’est le casser 56 fois en essayant de… Je suis mon client. Est-ce qu’il n’y a pas un cul-de-sac dans ce mapping ? Est-ce qu’en fait, quand j’arrive là, est-ce qu’il y a vraiment une étape logique derrière ? Et quand tu le visualises, tu te rends compte de ça. Quand tu écris juste des PowerPoints, il faut plaisir de faire des PowerPoints, mais que ce ne soit pas visuel, tu ne te rends pas compte de ça et tu te mets à lancer des campagnes sur des canaux. sur de la théorie pure et dure. Quand c’est visuel, tu fais beaucoup moins d’erreurs d’expérience. Orateur #0 Oui, je trouve ça vachement intéressant ce côté visuel. C’est intéressant ce que tu dis. Bien sûr, c’est intéressant, mais je veux dire, le fait que ce soit visuel, tu vois le chemin. Mais ce que je trouve encore plus intéressant, ce n’est pas que le chemin, c’est justement d’aller chercher. OK, certes, il y a le chemin, mais il y a aussi les outils que j’utilise, ce dont j’ai besoin, ce que je vais aller chercher. J’imagine que tu mets les objectifs aussi. J’ai beaucoup aimé ton premier point. de « je commence par revenir à mes objectifs » . Moi, c’est la première leçon de mon tout premier boss en marketing quand j’ai commencé ma carrière il y a 25 ans, on ne va pas trop dire. Et c’était, c’est une phrase toute simple, mais qui restait gravée dans ma mémoire. C’était un mec très charismatique. Quand on rentrait dans son bureau, il fallait un peu être sérieux. Et sa phrase, c’était « on revient toujours à l’objectif » . Quoi que tu fasses, il faut que tu aies en tête quel est l’objectif. C’est tout bête, mais le nombre de personnes qui n’ont pas en tête l’objectif au moment où ils mettent en place quelque chose, je trouve ça très juste en fait, comme conseil très très simple. Donc j’aime beaucoup cette idée de revenir à l’objectif. Est-ce que tu le mets visuellement même l’objectif pour chacun de tes médias ? Orateur #1 En fait, quand je crée une campagne dans le template que je mets à disposition pour ce framework, il y a un slide. qui est le cœur de ta campagne, qui a tout le mapping dont je viens de parler, qui a le nom de la campagne avec l’objectif en dix mots de ce que tu essaies de faire, qui te rappelle quelle est ton audience, qui te rappelle quels sont les assets, les contenus qui sont à ta disposition. Tu as un slide, faute d’un meilleur terme, une diapositive en français. Cœur qui potentiellement va te renvoyer à des choses plus complexes ailleurs, mais qui au moins en un slide, tu sais exactement à quoi ça ressemble, quels sont les objectifs, comment on y arrive et comment les choses se connectent entre elles. Et pour ce que tu disais par rapport à la fameuse phrase de ton premier boss, c’est évident parce que nous, marketeurs, on a la fibre créative et qu’on se laisse rapidement emporter sur des trucs sympas. Et c’est important de retourner au basique. C’est quoi le but ? On ne le fait pas juste parce que c’est marrant et que tu as envie d’apprendre et que c’est excitant et que ça pourrait être utile. Non, retournons aux bases parce qu’effectivement, in fine, on est quand même là pour faire du business. Orateur #0 Exactement, exactement. Et je suis d’accord avec toi. Comme on est créatif, on a envie… Il y a mille trucs. Et puis surtout, en marketing digital, je veux dire, tu as toujours un nouveau truc, le new shiny object qui arrive et évidemment qu’on a envie d’y aller. c’est sage. Ce n’est pas toujours très drôle, mais n’empêche qu’il faut revenir à l’objectif. OK, très bien. Bon, moi, j’aime bien tout ça. La difficulté que j’ai, moi qui suis très créative, c’est un peu le tracking. J’aime beaucoup l’idée qu’en digital, on puisse traquer, qu’on puisse savoir plein de choses et ça nous aide énormément, bien sûr, nous, en marketing. Ce n’est pas toujours facile non plus à mettre en place. Comment est-ce que tu organises ça de pouvoir réussir à suivre comme ça ton client d’une étape à l’autre ? On ne peut pas toujours d’ailleurs. J’imagine qu’il y a des étapes où tu vas me dire, là il faut se dire qu’on ne peut pas. Est-ce que c’est quelque chose qui rentre en compte quand tu crées ton mapping ? Est-ce que tu dis, si je ne peux pas traquer, je ne vais pas aller vers là ou tant pis, je fais l’impasse ? Comment tu vois les choses ? Orateur #1 Je fais complètement l’impasse. le framework que je propose qui est basé sur mes propres erreurs et apprentissages mais les gens, c’est-à-dire les équipes en trois catégories. Tu as ce qu’on va appeler les channel managers c’est-à-dire ceux qui gèrent ton LinkedIn, qui gèrent tes emails, qui gèrent tes publications médias, etc. Tu as le campaign manager qui est le chef d’orchestre qui gère tout de bout en bout et qui va créer ce visuel, etc. En général… certainement ton audience aujourd’hui, et puis tu as les autres, c’est-à-dire ton PDG, ton board, tes commerciaux, etc. Pour les autres, je ne parle jamais d’attribution, on parle de résultat de campagne. On regarde uniquement si la campagne dans son intégralité atteint son objectif. Donc ça peut être un objectif de lead, de pipe, de contrassigné, de peu importe ce que c’est, on l’a défini dès le début cet objectif, et on va parler que de ça. On ne va pas rentrer dans le détail de… On a eu tant d’impressions sur ce machin-là, on a eu tant d’engagements sur celui-ci, on a eu tant de leads de ce truc-là. Non, ça c’est la tambouille interne du campaign manager et de ses channel managers. Vous, externe, vous avez juste le résultat de campagne, c’est ça qui compte. Ensuite, on a la catégorie des channel managers. Eux, ils doivent faire cette optimisation, ils en ont besoin. Mais, de la même manière que tu ne juges pas un chien sur sa capacité à voler ou un poisson sur sa capacité à marcher, Tu ne juges pas une campagne d’awareness sur sa capacité à générer des leads. Tu ne gères pas un article de magazine sur sa capacité à générer des contrats. Ça, ton CFO, il ne le fait pas bien parce qu’il regarde un fichier Excel, il n’a pas les sous-titres. C’est pour ça que lui, on ne lui parle que de résultats de campagne. Par contre, la personne qui gère les médias va devoir avoir des objectifs clairs. Tu vas travailler avec lui ou avec elle en amont. Mais par rapport à ce que tu peux attendre de ce canal, si c’est un magazine… Ça va être compliqué, tu as quand même très très peu de tracking, donc on va se baser sur ce que le magazine te vend, nombre de viewers, nombre d’éditions, etc. Si tu es sur du LinkedIn, en fonction de ce qu’on fait de l’awareness ou de la génération de leads, on va se donner un objectif d’impression, d’engagement, de nombre de leads, etc. Mais on va le faire au niveau… du canal par rapport à ce qu’on en attend, et pas juste par rapport au revenu que ça génère. Et du coup, on arrête le combat des attributions, de multi-touch, last touch, first touch, etc., qui est une prise de tête pas possible, où tu perds un temps incroyable, et où tu finis par couper les mauvais canaux, parce que tu juges un poisson sur les mêmes critères que tu jugerais un chien, et ça n’a pas de sens. Orateur #0 Je suis assez d’accord avec toi. Toute cette problématique d’attribution, d’abord c’est complexe, et d’abord il y a des choses qu’on ne maîtrise pas, et moi je… part du principe que si je ne peux pas le maîtriser, je ne vais pas me battre dessus. Tant pis, je ne le maîtrise pas, c’est comme ça. Donc, soit je fais le choix de ne pas y aller en me disant que je n’ai pas suffisamment d’informations et du coup, je n’ai pas envie d’investir dessus. Et c’est un choix. Et si je fais le choix d’y aller, effectivement, je choisis sur quoi je vais pouvoir me baser mes objectifs. Et puis, vaille que vaille. Mais il y a un moment donné de vouloir trop traquer. Moi, je pense que c’est très bien de traquer. Ce n’est pas ce que je dis. Mais de vouloir trop traquer, on peut tuer le tracking. Je ne sais pas si… Si ça fait sens, mais il y a un moment donné, il ne faut pas que ça tue la capacité de créativité de la campagne. Le risque, je trouve parfois, c’est de se dire on n’y va pas parce qu’on ne sait pas. Oui, mais typiquement, moi, je suis bien placée dans le podcast pour dire qu’il y a des choses où on ne sait pas. Sauf que tu sais que tu en as besoin. Si tu veux faire de la notoriété, le travail de notoriété, tu ne vas pas nécessairement pouvoir le traquer aussi bien que tu vas pouvoir traquer de la conversion. Parce que la notoriété, elle est dans la tête des gens et qu’avant d’aller checker, scanner la tête de chaque personne, il va se passer quelques décennies. Donc bon. Espérons-le. Voilà, espérons-le, exactement. Mais ça reste quand même des choses intéressantes et c’est des choix. Et je pense que c’est des choix assumés. Je suis d’accord avec toi, c’est intéressant ce que tu dis, de dire on peut analyser les choses, on peut aller traquer la data, regarder la data, la creuser. Mais on va utiliser la bonne data pour le bon interlocuteur. Et quand je vais parler effectivement… Au CFO, je ne vais pas utiliser les mêmes datas que quand je vais parler au channel manager parce qu’ils n’ont pas, comme tu le disais tout à l’heure, ils n’ont pas les mêmes attentes, ils n’ont pas les mêmes contraintes, ils n’ont pas les mêmes besoins. Donc repartons, c’est encore notre audience. En fait, c’est aussi, moi je pense que c’est vraiment aussi simple que ça. Souvent en marketing, on pense à nos clients comme étant notre audience, sauf qu’on a une audience externe, mais on a une audience interne aussi. Et nos campagnes, nos projets, il faut qu’on les vende en interne, c’est notre audience. Donc quand je parle au CFO… ou quand je parle au COMEX ou quand je parle au PDG, chacun a des contraintes, des envies, des besoins, des nécessités qui vont être différentes, des compréhensions aussi qui vont être différentes et des enjeux chez eux, dans leur tête, avec leurs problématiques qui sont différentes. Donc, il faut aussi adapter et adapter les datas, en tout cas le choix des datas qu’on va utiliser à cette audience. J’aime bien cette vision-là. Écoute, Julien, c’est très clair pour moi tout ce que tu m’as expliqué là sur le… les campagnes intégrées, ou du moins tu vas me dire si c’est très clair, je vais essayer de résumer un peu tout ce que tu nous as dit, c’est pas forcément facile comme exercice, mais en gros ce qu’on se dit sur qu’est-ce qu’une campagne intégrée, le principe de la campagne intégrée c’est de se dire, je ne vais pas seulement, je vais pas gérer mes campagnes, tous mes touchpoints différemment, je vais pas seulement essayer de les harmoniser, c’est-à-dire d’avoir quelque chose qui visuellement ou dans les messages correspond C’est déjà bien de le faire. Mais je vais aller encore un cran plus loin, c’est-à-dire que je vais aller faire en sorte d’essayer de mapper le parcours client et de faire en sorte que la première étape, l’étape A, nourrisse l’étape B, qui nourrisse l’étape C, etc. pour faire avancer mon client dans son parcours, tout comme je faisais avancer mon parcours client sur mon site Internet. Pourquoi pas ? C’est un petit peu la même logique. Ce que tu nous disais, c’est qu’il y a quand même des étapes à suivre pour mettre en place ce genre de campagne. La première étape, je l’aime beaucoup, Merci. toujours savoir quel est ton objectif. Tu nous disais, pour moi, un objectif, ça doit tenir en dix mots et tout le monde doit pouvoir le comprendre si on revient après trois mois dessus. En dix mots, on doit bien comprendre ce qu’on cherchait à faire. Donc, toujours revenir à l’objectif, que l’objectif soit ultra clair. Ensuite, tu me fais plaisir aussi, tu me parles de persona, d’audience, savoir à quelle audience on s’adresse. Et ce que tu me disais, c’est qu’on peut s’adresser à différentes audiences, mais à ce moment-là, on va avoir des schémas différents. Donc, il faut aussi le savoir. Bien définir les audiences, une fois qu’on a bien défini les audiences, on va pouvoir définir le message par audience. C’est vraiment l’idée de sortir de j’ai un seul message, je suis une marque et j’ai un message global que je balance à tout le monde. Ben non, je ne vais pas forcément avoir exact, même si le cœur du message, je présume, va rester le même. Mais encore une fois, on va aller utiliser les contraintes, les enjeux, les besoins de chacune de nos audiences différentes pour adapter le message. Et puis, tu rajoutes un quatrième point que je trouve intéressant, c’est les équipes. C’est de dire, c’est bien joli d’être dans notre tête de CMO qui organise le truc, qui voit bien tout ce qui se passe, qui a bien les objectifs au clair, etc. Sauf qu’on ne va pas travailler seul probablement, sauf si on est solopreneur. Mais même si on est solopreneur, bien souvent, on va s’appuyer sur des personnes externes. Une campagne, c’est quand même un élément assez lourd à construire. Donc, bien être sûr que l’ensemble de l’équipe est au courant, que l’ensemble de l’équipe a eu aussi son mot à dire. parce que… À un moment donné, le channel manager, il va peut-être nous dire, non mais attends, ton idée, là, c’est bien joli sur le papier, mais ça ne fonctionne pas. Donc, d’intégrer toutes ces équipes-là, c’est ce qui va faire que cette campagne intégrée, justement, va pouvoir fonctionner.qui nous dit qu’il y a une étape 1, c’est rallier, l’étape 2, c’est intégrer, et l’étape 3, c’est orchestrer, faire en sorte que tous ces éléments fonctionnent les uns avec les autres. Et puisque tu nous disais sur l’attribution, c’est que c’est bien joli l’attribution, c’est bien joli de traquer, c’est bien joli de faire en sorte d’avoir la data autant qu’on peut. Il ne faut pas que ça nous bloque. En fait, si j’ai bien compris le fond de ton message, c’est traquons, c’est très bien. Ça nous permet d’avoir de la data à montrer Peut-être au CFO, peut-être au channel manager, etc. Mais traquons-la correctement pour qu’elle ne nous empêche pas d’avancer parce qu’on n’aura pas toute la data et ce n’est pas grave, finalement. En soi, ce n’est pas grave. Ce qui va être intéressant, en revanche, c’est d’utiliser la bonne data aux bonnes interlocuteurs internes, ce que tu disais. On ne va pas dire la même chose au channel manager et au CFO. Et ça, il faut en avoir conscience. C’est ça aussi qui va faire avancer nos campagnes parce que nos campagnes, elles ne vivent que si on a des équipes qui viennent avec nous et qui sont OK pour soutenir. le service marketing. Est-ce que ça te va, Julien, comme résumé en deux minutes ? Orateur #1 Le résumé est fantastique, bien meilleur que ce que l’intelligence artificielle aurait pu faire. Je te remercie. La seule chose qu’on n’a pas couvert, c’est le résultat final. À mon sens, ça fait un peu peur au début parce que c’est plus complexe que ce qu’on a l’habitude de faire. Mais en réalité, c’est moins de travail sur le long terme parce que c’est plus simple d’optimiser une campagne que tu as compris visuellement avec un objectif clair, une audience claire, de meilleurs résultats. parce que tu parles à la bonne personne avec le bon ton, le bon message, le bon flow, etc. Et moins de bataille interne parce que t’as plus tes problématiques d’attribution. Donc, il y a énormément de bénéfices à faire les choses proprement, même si ça peut faire un petit peu peur quand tu te lances. Orateur #0 Moi, j’aime beaucoup cette histoire de mapping, le fait que ce soit dessiné. Ça me semble, personnellement, qui suis très visuel, beaucoup plus clair. Et ça simplifie les choses pour tout le monde. Merci infiniment, Julien, d’avoir partagé avec nous. ta vision de la campagne intégrée. Si on veut en savoir plus, si on veut te poser des questions, si on veut te retrouver, où est-ce qu’on peut te trouver ? Dis-moi, Julien. Orateur #1 Alors, soit sur LinkedIn, si vous êtes des aficionados de LinkedIn, soit mon site web, c’est julienriot.com. On ne peut pas faire plus simple pour me retrouver. Orateur #0 Super, je mettrai évidemment les liens dans les notes de l’épisode. Julien, tu es le bienvenu quand tu veux sur le podcast du marketing. Orateur #1 Eh bien, merci. Très content d’être invité au premier podcast marketing de France. Un grand merci, Estelle. Orateur #0 Merci à toi. À très vite. Orateur #1 À bientôt. Orateur #0 Un immense merci, Julien, d’avoir partagé avec nous toutes ces connaissances de la campagne intégrée. Ce n’est pas encore un terme qui est très, très utilisé. Donc, c’était vraiment ultra passionnant d’avoir ton point de vue. Si vous avez aimé cet épisode, c’est probablement que vous aimez la stratégie marketing. Et peut-être que comme beaucoup de mes clients… En ce moment, vous vous posez des questions sur vos priorités marketing, vos choix stratégiques ou vos prochains arbitrages. Si c’est le cas, contactez-moi pour qu’on en discute. Vous trouverez tous les détails sur le podcast du marketing.com. Je vous dis à très vite.

Pourquoi tout le monde regarde les pubs du Super Bowl – Episode 318

ou écouter sur :

Les publicités du Super Bowl ne sont plus de simples messages commerciaux. Elles sont devenues des moments de divertissement attendus, commentés et parfois plus mémorables que le match lui-même.

Dans cet épisode, vous découvrirez pourquoi le Super Bowl est un laboratoire unique pour comprendre l’économie de l’attention actuelle, et surtout ce que les marques peuvent en retenir, même sans budgets XXL.

Dans cet épisode, vous apprendrez :

  • Pourquoi le Super Bowl reste une anomalie dans un monde dominé par le scroll et le skip

  • Pourquoi acheter un spot ne suffit plus, et ce que signifie vraiment “mériter l’attention”

  • Ce que les marques sans budget Super Bowl peuvent appliquer dès maintenant dans leur marketing

Publicités évoquées dans l’épisode :

  • Basecoin et les backstreet boys

  • Claude et sa parodie de ChatGPT

  • Budweiser et son regard ironique sur l’émotion publicitaire

  • Pepsi et la récupération d’un mème corporate devenu viral

  • Dunkin et son hommage assumé à la pop culture des années 90

  • Novartis et l’usage de l’humour pour aborder un sujet médical sensible

  • Amazon et l’auto-dérision autour de la toute-puissance de l’IA via Alexa

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Et puis sinon, vous pouvez aussi


Transcription de l’épisode

Introduction

Chaque année, le Super Bowl est présenté comme le sommet de la publicité mondiale. Les chiffres circulent, impressionnants. Des millions de dollars pour trente secondes d’antenne. Des audiences qui dépassent largement le cadre du sport. Des campagnes pensées pendant des mois pour un instant qui ne durera qu’un battement de cils.

Mais réduire le Super Bowl à une simple vitrine publicitaire serait une erreur d’analyse.

Le Super Bowl est devenu un événement d’entertainment total. Le match, le spectacle de la mi-temps, les publicités, les conversations sur les réseaux sociaux, les réactions en temps réel. Tout est pensé comme une expérience culturelle globale. Dans ce contexte, les publicités ne sont plus perçues comme une interruption. Elles font partie du show. Elles sont attendues, commentées, parfois plus que le match lui-même.

C’est précisément là que le Super Bowl devient un terrain d’observation fascinant pour les marketeurs. Les marques ne viennent plus seulement vendre un produit ou rappeler leur existence. Elles cherchent à s’associer à un moment planétaire, à capter une part de l’émotion collective, à se relier à des valeurs positives comme la célébration, la performance, la culture populaire ou le rassemblement.

À l’image du spectacle de la mi-temps, chaque publicité devient une forme de divertissement. Une mini-production pensée pour faire rire, surprendre, émouvoir ou provoquer. Le message commercial passe parfois au second plan. Ce qui compte, c’est l’empreinte laissée dans les esprits et la place que la marque occupe, pendant quelques secondes, dans un récit collectif beaucoup plus large qu’elle.

Cet épisode part donc d’une conviction simple. Le Super Bowl n’est pas seulement un événement sportif accompagné de publicités coûteuses. C’est un laboratoire extrême de l’attention, où les marques testent ce que signifie réellement capter, mériter et conserver l’attention dans un monde saturé de messages.

En observant ce qui fonctionne, ce qui échoue et ce qui fait débat, le Super Bowl nous offre un miroir grossissant des enjeux marketing contemporains. Et surtout, il nous permet de tirer des enseignements applicables bien au-delà de cet événement hors norme, y compris pour des marques qui n’auront jamais les moyens d’y acheter trente secondes.

Dans la première partie, nous allons comprendre pourquoi le Super Bowl reste une anomalie unique dans l’économie de l’attention actuelle.

 

Partie 1 – Le Super Bowl, une anomalie dans l’économie de l’attention

Dans un monde saturé de contenus, l’attention est devenue la ressource la plus rare. Les marques se battent pour quelques secondes de regard, souvent arrachées entre deux notifications, deux scrolls ou deux onglets ouverts. Le Super Bowl fait figure d’exception absolue dans cet environnement.

Ce soir-là, des dizaines de millions de personnes regardent le même programme, au même moment, avec un niveau d’engagement sans équivalent. Et surtout, elles acceptent volontairement d’être exposées à des publicités. Mieux encore, elles les attendent. Elles en parlent à l’avance, les commentent en direct et les dissèquent le lendemain.

C’est cette acceptation qui rend le Super Bowl si singulier. Les publicités ne sont pas vécues comme une rupture de l’expérience, mais comme une composante du spectacle. Elles s’inscrivent dans une continuité naturelle avec le match et avec le show de la mi-temps. Elles participent à l’entertainment global de l’événement.

Pour les marques, l’enjeu dépasse largement la simple diffusion d’un message. Acheter un espace au Super Bowl, ce n’est pas seulement acheter de la visibilité. C’est acheter une place dans un moment culturel mondial, chargé de symboles positifs. La performance sportive, la fête, la réussite, le collectif, la célébration. Autant de valeurs auxquelles les marques cherchent à s’associer par proximité.

Ce contexte change radicalement la nature de la communication. Le téléspectateur ne se demande pas “qu’est-ce qu’on essaie de me vendre ?”, mais “qu’est-ce que cette marque a préparé pour nous cette année ?”. La publicité devient une promesse de divertissement, parfois même un sujet de conversation à part entière.

C’est aussi pour cela que le Super Bowl agit comme un révélateur impitoyable. Dans cet espace d’attention maximale, les marques ne peuvent pas se cacher derrière la répétition ou la pression média. Elles sont jugées sur leur capacité à proposer quelque chose de désirable, de mémorable, voire de spectaculaire. Le moindre faux pas est immédiatement visible. L’absence d’idée se remarque autant que l’excès.

Le Super Bowl met ainsi en lumière une réalité fondamentale du marketing contemporain. L’attention ne s’achète plus uniquement. Elle se mérite. Et dans un environnement où la publicité devient du divertissement, seules les marques capables de comprendre cette bascule peuvent espérer transformer quelques secondes d’exposition en véritable capital de marque.

 

 

Partie 2 – Quand 30 secondes deviennent un stress test marketing

Le Super Bowl est souvent présenté comme un sommet créatif. En réalité, c’est surtout un stress test marketing d’une brutalité rare. Trente secondes, une audience massive, une attente énorme. Impossible de tricher. Impossible de corriger après coup. Ce que la marque dit, ou ne dit pas, apparaît immédiatement au grand jour.

Dans ce contexte, chaque publicité devient un révélateur de la stratégie réelle de la marque. Pas celle inscrite dans les slides, mais celle qui se matérialise quand il faut faire un choix clair. Faut-il expliquer le produit ? Faut-il provoquer une émotion ? Faut-il faire rire ? Faut-il prendre position ? Le Super Bowl force à trancher.

Prenons le cas de Coinbase. La marque a choisi une approche volontairement spectaculaire et décalée. Une ambiance festive, un clin d’œil à la pop culture, une mise en scène pensée comme un moment d’entertainment à part entière. L’objectif n’est pas d’expliquer la crypto, mais de s’inscrire dans la conversation culturelle du moment. Le spot se regarde comme un mini-événement, pas comme une démonstration produit. Le message commercial s’efface derrière l’expérience proposée au spectateur.

À l’inverse, la publicité de Claude adopte un registre différent, mais répond à la même exigence. Le message est plus conceptuel, presque idéologique. Pourtant, il reste enveloppé dans un format pensé pour capter et maintenir l’attention. Même lorsqu’une marque choisit d’envoyer un message fort, elle ne peut pas se permettre de sortir du cadre du divertissement. Au Super Bowl, une idée n’existe que si elle est mise en scène, rythmée, incarnée.

C’est là un point fondamental. Les publicités du Super Bowl sont tellement attendues qu’elles doivent se positionner comme des événements en soi. Elles ne peuvent pas se contenter de “passer”. Elles doivent mériter leur place dans la soirée, au même titre que le match ou le spectacle de la mi-temps. Chaque spot est jugé comme une performance.

Cela impose une contrainte forte aux marques. Le message, même stratégique, même sérieux, doit toujours transiter par l’entertainment. Non pas pour le masquer, mais pour le rendre acceptable, partageable et mémorable dans un contexte de célébration collective. Le Super Bowl rappelle ainsi une vérité parfois oubliée. Dans les moments de très forte attention, la publicité n’est tolérée que lorsqu’elle se transforme en expérience.

 

 

Partie 3 – Minimalisme, audace et rupture : quand les marques jouent avec les codes du spectacle

Le Super Bowl est un terrain où les codes publicitaires sont connus de tous. L’émotion appuyée. Les grandes histoires inspirantes. Les messages “plus grands que la marque”. Justement, certaines publicités marquantes choisissent de jouer avec ces codes, voire de les détourner, plutôt que de les reproduire.

C’est le cas de Budweiser. Là où beaucoup de marques empilent les violons et les récits lacrymaux, Budweiser adopte une posture presque méta. La publicité se moque gentiment de l’hyper utilisation de l’émotion en publicité, en montrant à quel point ces ressorts sont devenus prévisibles. Le spot fonctionne parce qu’il crée une complicité avec le spectateur. La marque montre qu’elle connaît les règles du jeu et qu’elle choisit volontairement de s’en amuser.

Même logique du côté de Pepsi, qui s’appuie sur un fait divers corporate devenu un mème viral. En rejouant la mise à jour adultère d’un CEO avec sa DRH, Pepsi transforme une situation initialement malaisante en objet de divertissement collectif. La marque ne cherche pas à moraliser ni à expliquer. Elle recycle un symbole culturel déjà intégré par le public. Le Super Bowl devient alors une caisse de résonance de la culture internet.

À l’opposé du minimalisme, Dunkin’ fait le choix assumé de l’excès. Une accumulation d’acteurs ultra connus, des références très marquées aux années 90, une esthétique presque kitsch. Là encore, la publicité fonctionne parce qu’elle est pensée comme un show. Le spectateur ne regarde pas une publicité. Il regarde une scène de pop culture.

Certaines marques osent même aborder des sujets plus sensibles. Novartis, avec “Relax Your Tight End”, parle d’un sujet médical sérieux, potentiellement inconfortable. Le choix de l’humour permet de désamorcer le malaise sans nier la gravité du sujet. Le message passe parce qu’il respecte le cadre du divertissement attendu pendant le Super Bowl.

Enfin, Amazon et son assistant Alexa choisissent l’auto-dérision. En se moquant du fantasme de toute-puissance de l’IA, la marque rassure autant qu’elle divertit. Elle montre qu’elle maîtrise le récit autour de sa propre technologie.

Tous ces exemples illustrent la même réalité. Au Super Bowl, la publicité n’est pas un discours descendant. C’est une performance culturelle. Les marques qui marquent sont celles qui comprennent que, dans cet espace, l’audace consiste moins à impressionner qu’à jouer intelligemment avec les attentes du public.

 

Partie 4 – Attirer l’attention ne suffit plus : le vrai enjeu est la mémorisation

Le Super Bowl est souvent analysé à travers un prisme simpliste. Qui a fait le plus de bruit ? Qui a fait le plus parler sur les réseaux sociaux ? Qui a “cassé Internet” le soir même ? Pourtant, l’attention instantanée n’est qu’un indicateur partiel, et parfois trompeur. Le véritable enjeu pour les marques se situe ailleurs : dans la mémorisation durable.

Dans cet environnement d’entertainment total, l’attention est presque garantie. Le téléspectateur est là, l’écran est allumé, la publicité est regardée. Le problème n’est donc pas de capter l’attention, mais de transformer ce moment en trace mentale. Or, beaucoup de publicités du Super Bowl échouent précisément à cet endroit. Elles divertissent, elles amusent, elles surprennent… puis elles disparaissent.

Cela tient au fait que le spectacle peut devenir un piège. Quand une publicité se contente d’être drôle ou spectaculaire, elle peut très bien fonctionner comme contenu, mais échouer comme construction de marque. Le spectateur se souvient de la blague, de la célébrité ou de la situation, sans toujours être capable de rattacher clairement ce souvenir à une marque ou à une idée précise.

À l’inverse, certaines campagnes réussissent à s’inscrire plus profondément dans la mémoire collective parce qu’elles articulent clairement trois éléments. Une idée simple. Une exécution cohérente avec l’univers de la marque. Et une émotion ou une tension identifiable. Ce n’est pas l’intensité qui fait la mémorisation, c’est la lisibilité.

La publicité de Novartis, par exemple, marque durablement parce qu’elle ose aborder un sujet inconfortable tout en conservant une grande clarté d’intention. L’humour n’est pas une fin en soi. Il sert un message précis. Le spectateur peut en rire, mais il comprend aussi pourquoi la marque prend la parole et sur quoi elle s’engage.

Même logique pour Budweiser, qui joue avec les codes de l’émotion publicitaire sans jamais perdre son identité. Le spectateur se souvient du clin d’œil, mais aussi de la posture de la marque. Celle d’un acteur historique, conscient des ficelles du marketing, capable de recul et d’auto-ironie.

Le Super Bowl rappelle ainsi une leçon essentielle. Dans un contexte où la publicité devient du divertissement, la mémorisation n’est jamais automatique. Elle se construit. Elle exige une discipline stratégique forte. Les marques ne doivent pas seulement se demander si leur publicité sera regardée ou commentée. Elles doivent se demander ce qu’il en restera, une fois le bruit retombé.

 

Partie 5 – Ce que les marques sans budget Super Bowl peuvent vraiment en retenir

À ce stade, une objection revient souvent. Le Super Bowl serait un terrain de jeu réservé aux géants, déconnecté des réalités des PME, des marques B2B ou des entrepreneurs. Pourtant, ce serait une erreur de considérer ces publicités comme des objets hors sol. Si le Super Bowl est un laboratoire aussi intéressant, c’est précisément parce qu’il pousse à l’extrême des mécanismes universels.

La première leçon concerne la place de la publicité dans l’expérience globale. Les marques qui réussissent au Super Bowl ne cherchent pas à interrompre. Elles cherchent à s’intégrer. Elles comprennent que l’audience n’est pas là pour elles, mais qu’elles peuvent devenir une partie du moment vécu. Cette logique est transposable partout. Une campagne, un post, une vidéo, un email performant ne cherche pas à capter l’attention de force. Il s’insère dans un contexte et en respecte les codes.

Deuxième enseignement clé. L’entertainment n’est pas l’ennemi du message. Il en est le véhicule. Les publicités du Super Bowl montrent que même un sujet sérieux, technique ou potentiellement inconfortable peut passer, à condition d’être mis en scène. Cela ne signifie pas qu’il faut être drôle à tout prix. Cela signifie qu’il faut penser l’expérience avant le discours. Comment la personne va-t-elle se sentir en découvrant ce message ? Quelle émotion va l’aider à l’accepter ?

Troisième point fondamental. Le Super Bowl oblige les marques à faire des choix radicaux. En trente secondes, il est impossible de tout dire. Cette contrainte force à hiérarchiser, à simplifier, à assumer un angle clair. C’est exactement la même discipline qui manque souvent aux stratégies marketing du quotidien. Trop de messages, trop de cibles, trop d’objectifs simultanés. Le Super Bowl rappelle que la clarté est une condition de l’efficacité.

Enfin, ces publicités rappellent que la marque ne se construit pas uniquement par des arguments rationnels. Elle se construit par des symboles, des récits, des prises de parole cohérentes dans le temps. Les marques investissent le Super Bowl pour ce qu’il représente. Un moment fédérateur, positif, spectaculaire. Elles n’achètent pas seulement de l’espace. Elles achètent une association mentale.

C’est sans doute là l’enseignement le plus précieux. Même sans budget colossal, toute marque peut se poser la question essentielle. À quels moments, à quelles émotions, à quels récits souhaite-t-elle être associée ? Le Super Bowl ne fait que rendre cette question impossible à éviter.

 

Conclusion

Le Super Bowl n’est pas un simple événement sportif enrichi de publicités spectaculaires. C’est un moment culturel mondial où la publicité change de nature. Pendant quelques heures, elle cesse d’être une interruption pour devenir une composante du divertissement, au même titre que le match ou le spectacle de la mi-temps du Super Bowl.

Ce que montrent les publicités de cette édition, c’est que l’attention ne se capte plus par la répétition ou la surenchère. Elle se gagne par l’intégration. Les marques qui marquent les esprits sont celles qui comprennent le contexte dans lequel elles s’expriment. Elles ne cherchent pas à prendre la parole contre le public, mais avec lui. Elles s’inscrivent dans un moment collectif porteur de valeurs positives, de célébration et de culture populaire.

L’autre enseignement clé concerne le rôle de l’entertainment. Divertir n’est pas une concession faite au message. C’est une condition de son existence. Même lorsqu’une marque souhaite parler d’un sujet sérieux, stratégique ou complexe, elle doit accepter de passer par une mise en scène, par un récit, par une expérience. Le Super Bowl montre que l’on peut faire passer des idées fortes sans jamais sortir du cadre du spectacle.

Enfin, cet événement rappelle une discipline essentielle du marketing. Faire des choix clairs. En trente secondes, il est impossible de tout dire. Les marques sont forcées d’assumer un angle, une posture, une idée centrale. Cette contrainte, loin d’être un handicap, est un révélateur. Elle met en lumière ce que la marque veut vraiment incarner.

Pour les auditeurs du Podcast du Marketing, la leçon est simple. Il n’est pas nécessaire d’avoir un budget Super Bowl pour appliquer ces principes. Ce qui compte, c’est la capacité à penser chaque prise de parole comme une expérience, à respecter le contexte de diffusion et à chercher une association mentale durable plutôt qu’un impact éphémère.

Si cet épisode vous a aidé à regarder les publicités du Super Bowl autrement, posez-vous une question. Dans votre propre marketing, cherchez-vous à interrompre… ou à faire partie du moment ?

Si le sujet vous a intéressé, je vous invite à vous abonner au Podcast du Marketing et à partager cet épisode autour de vous. Parce que comprendre comment fonctionne l’attention aujourd’hui, c’est déjà prendre une longueur d’avance.

 

Et si le marketing responsable devait d’abord donner envie ? avec Baptiste Hamain de Pimpant- Episode 313

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Une entreprise à impact doit-elle forcément renoncer à la rentabilité?

Le marketing responsable est-il condamné à être moralisateur ou ennuyeux?

Dans cet épisode du Podcast du Marketing, nous déconstruisons ces idées reçues avec Baptiste Hamain, le fondateur de Pimpant qui défend une vision radicalement différente de l’impact. Une vision fondée sur le plaisir, la logique, la simplicité d’usage et l’envie d’agir au quotidien.

Ici, pas de discours culpabilisant. L’objectif est clair : changer durablement les comportements en utilisant les leviers les plus puissants du marketing, ceux qui donnent envie plutôt que ceux qui contraignent.

Pour en savoir plus sur Baptiste Hamain vous pouvez le suivre sur LinkedIn ou visiter le site Pimpant.

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Et puis sinon, vous pouvez aussi


Transcritption de l’épisode

On associe encore trop souvent l’impact à la contrainte. Une entreprise à impact serait forcément moins rentable. Son marketing serait forcément austère, culpabilisant, parfois même ennuyeux. Cette vision est non seulement réductrice, elle est surtout fausse.

Créer de l’impact n’implique pas de renoncer à la performance. Et faire évoluer les comportements n’oblige pas à pointer du doigt ni à faire la morale. Le marketing peut être un formidable levier de transformation, à condition de s’appuyer sur les bons ressorts.

Mon invité l’a parfaitement compris. Plutôt que de chercher à convaincre par la peur ou la culpabilité, il fait un pari radicalement différent. Il mise sur le plaisir, sur la logique, sur la simplicité d’usage. Il conçoit des expériences qui donnent envie d’agir, tout simplement parce que cela fait sens, parce que c’est facile, et parce que chacun peut avoir le sentiment d’avoir un impact concret au quotidien.

Dans cet épisode, nous allons parler d’un marketing qui assume pleinement son rôle. Un marketing qui ne s’excuse pas d’exister. Un marketing qui ne renonce ni à l’efficacité, ni à l’envie, ni à la croissance. Un marketing qui prouve qu’impact et désir peuvent avancer ensemble.

Si vous pensez que le marketing responsable est condamné à être fade ou moralisateur, cet épisode risque bien de vous faire changer d’avis.

Estelle (00:09.162)
Bonjour Baptiste, bienvenue sur le podcast du marketing.

Baptiste – Pimpant (00:12.319)
Bonjour Estelle, merci beaucoup pour l’invitation.

Estelle (00:14.488)
Écoute, merci à toi d’avoir répondu présent. Je suis très contente qu’on puisse discuter aujourd’hui de ce que tu fais, ton, j’allais dire de tes entreprises parce qu’il en a plusieurs. En tout cas, c’est au moins la deuxième, mais en tout cas la deuxième que je connais. On va parler, j’en ai relativement peu parlé, je pense, sur le podcast du marketing. On va parler d’entreprises à impact, notamment et de ce que ça peut vouloir dire et de comment toi tu fais ça chez Pim Pan avant qu’on rentre dans le vif du sujet. Est-ce que tu peux me dire,

qui tu es et ce que tu fais.

Baptiste – Pimpant (00:47.006)
et bien moi je suis donc Baptiste Hamin je suis papa de deux enfants Juliette et Auguste trois ans, sept ans qu’on a eu avec Carline

avec qui j’ai cofondé Pim Pum aussi. on a aussi notre projet entrepreneurial ensemble et Pim Pum c’est la troisième aventure entrepreneurial. On parle moins des échecs, enfin qui n’est pas un échec, c’est une boîte qui existe toujours, mais j’avais monté un bureau d’études en environnement marin à la sortie de mes études ou même pendant mes études et boîte que j’ai laissé à mes associés. n’avait pas forcément la même vision du projet.

Estelle (01:10.698)
tu vois ?

Baptiste – Pimpant (01:28.042)
de c’est pas un échec parce que la boîte existe toujours mais moi je l’ai un peu vécu comme un échec entrepreneurial donc comme tous les échecs on a appris beaucoup de choses et après j’ai monté une boîte pendant huit ans avec mon meilleur pote qui s’appelle Fizzr enfin pas mon meilleur pote s’appelle Vincent mais la boîte s’appelle toujours Fizzr c’est une appli qui permet de transformer ses photos en carte postale personnalisée et voilà aventure de copains pendant 7-8 ans

a revendu la boîte à un groupe industriel qui s’appelle Hexaconta Clairefontaine fin 2019 et été 2020 avec Carline. On s’est lancé dans une nouvelle aventure entrepreneurial qui s’appelle Pimpan où notre objectif c’est de proposer des alternatives du quotidien sur les produits hygiènes maison. Notre gros credo c’est d’essayer de diminuer la consommation de plastique et le transport d’eau inutile.

Estelle (02:23.732)
Ouais alors que je vais te donner ma vision, je suis pas forcément consommatrice de la marque mais je trouve le concept vachement intéressant.

En fait, presque par sa simplicité, tu vas me dire si j’ai bien compris le concept déjà, en gros, c’est de se dire qu’il a plein de produits qu’on utilise au quotidien dans la maison, ne pas, de l’alessif, par exemple, du savon, des choses comme ça, qui sont, je ne pas, 80, 90 % faits avec de l’eau. Donc on va transporter, qu’on va payer. C’est un peu idiot sur le concept d’un point de vue écologique, d’un point de vue peut-être économique aussi d’ailleurs. Et en gros, toi, ce que tu proposes, c’est

vendre la partie solide et puis à nous de rajouter l’eau pour utiliser moins de plastique en packaging, moins de de poids dans le transport aussi j’imagine. C’est ça l’idée c’est d’aller réduire l’impact écologique et d’être peut-être un petit peu plus cohérent en se disant finalement le consommateur peut-être se rajouter son petit lit d’eau ça va pas lui changer grand chose. Limite ça va éviter d’avoir à porter, moi j’aime pas porter des courses, va éviter d’avoir à porter des trucs trop lourds sur les courses. C’est ça l’idée ou pas ?

Baptiste – Pimpant (03:23.79)
Tu as très bien compris le concept et effectivement on propose, c’est vrai que par exemple tu prends un gel douche, as 90 % d’eau, 10 % d’actif, l’actif ça va faire quoi ? Ça va nettoyer, ça va sentir bon, ça va mousser et voilà tu as 5-6 ingrédients dans un gel douche.

un peu plus dans un gel douche industriel. en gros, notre concept de base, c’est de se dire, tu vas dans un rayon de supermarché, tu prends tout ce qui rempli bidon d’eau sur la partie hygiène maison. Et nous, on essaye de proposer des alternatives du quotidien. vas avoir gel douche, dentifrice, lavandin, on est en visage sur la partie hygiène et sur la partie maison, ça va être avec du liquide vaisselle, de la lessive en poudre, là qu’on reconstitue pas, qu’on utilise directement comme on faisait il a 30-40 ans. Donc finalement, on n’a pas réinventé la roue sur ces produits-là.

On a une 70 références aujourd’hui chez Pimpan. Comme je le disais en intro, on l’a créé en 2020, ça fait 5 ans. Maintenant on a 180 000 clients sur notre site internet.

On s’est beaucoup développé en ligne au début parce que quand tu crées une marque, tu crées une nouvelle façon de consommer. Les réseaux sociaux, c’est un outil qui est assez intéressant pour expliquer les choses et embarquer des communautés autour de toi. Et depuis un an, un an et demi, on se développe aussi dans pas mal de points de vente. On est dans 1300 points de vente aujourd’hui. On vise de doubler le parc de points de vente l’année prochaine.

Estelle (04:54.262)
C’est quoi les points de vente ? C’est des supermarchés bio, des choses comme ça ? Ou c’est monoprix ? Pour faire simple.

Baptiste – Pimpant (04:59.55)
c’est des supermarchés bio, ça va être du type l’année prochaine on sera dans pas mal de biocop, Naturalia, Sobio, Biocébon, L’Aviclère, après tu vas avoir pas mal d’indépendants aussi, tu vas nous retrouver sur des sites comme Lafourche, Le Fourgon…

Estelle (05:14.615)
Ok

Baptiste – Pimpant (05:18.607)
de partenaires qui font sens avec la mission générale de notre projet.

Estelle (05:23.8)
Quand on réfléchit au concept de Pimpan, je vois un attrait écologique, un attrait sociétal aussi peut-être, on appelle ça souvent des entreprises à impact. C’est quoi pour toi une entreprise à impact ? Est-ce que Pimpan c’est une entreprise à impact ? Et c’est quoi le concept de l’entreprise à impact pour toi ?

Baptiste – Pimpant (05:41.534)
Oui, j’ai un concept spécial de l’entreprise Impact. C’est-à-dire que nous, concept, le pourquoi on s’est créé, l’idée, on l’a eue sur une plage avec notre fille qui jouait avec des bouteilles en plastique qui avait été déposée par la marée de la veille. Et comme je disais juste avant, on a très bien vendu une entreprise.

plus classique un industriel français et quand tu entreprends tu as besoin d’avoir une motivation très très forte tous les matins et nous notre motivation forte c’est nos enfants et qu’est qu’on veut leur laisser qu’est ce qu’on veut proposer comme environnement au prochaine génération et les produits les alternatives qu’on propose c’est une partie petite partie de ce qu’on propose mais on essaye de créer un environnement

on va aligner les valeurs de travail qu’on peut avoir dans le projet. On essaye de créer quelque chose de global où on se dit, cet écosystème, je serais fier de le présenter à mes enfants plus tard. Et ça, c’est notre mission, projet. Pour moi, c’est ça une entreprise à impact. C’est une entreprise qui ne réfléchit pas à sa génération.

mais qui réfléchit à ce qu’on veut laisser aux prochaines générations et comment est-ce qu’on fait pour mieux faire les choses. Et par contre, comment on le fait ? Pas en mettant en avant que les sujets écologiques, parce que je pense que ce n’est pas aux consommateurs de porter le coup.

la transition écologique. Le coût, ça peut être facilement financier parce que si c’est un produit qui te coûte beaucoup plus cher, ça peut être moins de plaisir, moins d’efficacité et du coup c’est là où on essaie nous de rivaliser et c’est ce qu’on dit toujours aux équipes un gel douche, les cives, un déodorant, tu veux que ça sente bon, tu veux que ça soit efficace, tu veux pas que ça te coûte un bras et t’essayes d’aligner tout ça.

Baptiste – Pimpant (07:51.042)
répondre aux besoins du consommateur. du coup c’est ça une entreprise à impact, c’est une entreprise qui arrive à se mettre dans un écosystème avec des ennemis qui eux la casse écologique, ils la cochent pas forcément ni sociale mais du coup nous on arrive avec nos propres armes et on est quand même capable de de grappiller et de gagner, de gagner quelques combats face à ces mastodontes. Et c’est ça l’esprit général de notre projet.

Estelle (08:19.736)
C’est intéressant ce que tu dis parce que c’est vrai que quand on pense à l’entreprise, impacte.

Globalement, comme moi, on n’y connaît pas grand-chose aux entreprises à impact, non pas que ça ne m’intéresse pas, mais la réalité c’est que j’y connais pas plus que ça. On a un peu souvent tendance à se dire exactement l’inverse de ce que tu viens de dire, à savoir bon, c’est bien, socialement c’est bien, intellectuellement c’est bien, on voit bien que c’est peut-être le sens vers lequel il faut aller. Mais putain c’est chiant, pardon, de le dire comme ça, mais ça va être contraignant, ça va me coûter cher, je vais pas pouvoir faire ce que je veux. Voilà, il a un peu ce côté qui est sous-entendu parfois par l’école.

par le côté social de bon, je vais me rajouter des contraintes. Là, que j’entends dans ton discours, c’est qu’on n’est pas obligé de faire peser ça aux consommateurs et qu’on peut faire des produits sympas, des produits agréables et des produits qu’on va avoir envie d’utiliser sans qu’il ait un impact écologique ou un impact sociétal qui est moindre et que tu peux avoir et cette mission là et un produit sympa. C’est ça, l’idée avec Pim-Pam ?

Baptiste – Pimpant (09:16.654)
C’est ce qu’on essaie de faire. Je peux peut-être le donner au travers d’un produit comme ça, ça se comprend bien. Tu vois, on a lancé récemment un déodorant en poudre à reconstituer. Donc le premier achat est identique à un déodorant classique, c’est-à-dire que tu vas acheter ton Rollon. Dans un supermarché, quand tu vas acheter un Rollon, tu consommes ton déo, tu jettes ton Rollon.

Estelle (09:26.84)
Ok.

Baptiste – Pimpant (09:41.422)
La moitié du coût de fabrication, voire plus de la moitié du coût de fabrication, c’est le contenant en plastique que tu vas jeter encore et encore. Nous, qu’on propose, c’est un Rollon qui est rechargeable. Donc plutôt que de racheter un contenant en plastique qui te coûte cher, nous, la majorité du prix de ce que tu vas payer, ce que c’est dans un stick en papier, c’est la qualité de la poudre et la qualité des ingrédients que tu vas pouvoir récupérer derrière. Donc plutôt que te retrouver à payer 7, 8 euros, un déodorant,

Nous c’est à efficacité égale, c’est efficacité 48 heures. est meilleur produit bio 2026 parce que ça a lieu en octobre-novembre, le meilleur produit bio pour l’année d’après. Meilleur produit bio face à des déos Rollon classiques.

et avec plus de 99 % d’ingrédients d’origine naturelle, excellent sur Yuka, donc on rivalise avec les déos d’or en classique, sauf que ton déo, ta recharge tu vas la payer moins de 5€. Et pourquoi on arrive à faire ça ? Parce qu’on travaille toute notre chaîne de valeur, c’est…

une usine où on ne manipule que de la poudre donc on a besoin de 10 fois moins de place on consomme 100 fois moins d’eau qu’une usine traditionnelle on rejette 100 fois moins d’eau qu’une usine traditionnelle donc des eaux usées où on ne pas trop comment c’est traité aujourd’hui et comment on les retrouve et en fait l’impact il est général mais le consommateur il ne le porte pas c’est à qu’il va se retrouver à payer sa recharge moins de 5 euros son deo il est prêt instantanément en mélangeant la poudre de l’eau dans son roll-on rechargeable et il a un deo efficacité 48

qui sont bons et qui va kiffer pendant le mois qui arrive. du coup c’est comme ça qu’on arrive nous à trouver des solutions en allant chercher des innovations de rupture comme le déodorant en poudre. je te cite le déodorant en poudre, nous on a postulé sur quatre produits pour meilleurs éco-produits. Meilleurs éco-produits tu vas voir 100 consommateurs qui te connaissent pas et ils vont juger tes produits face à des produits traditionnels.

Estelle (11:41.432)
Ok

Baptiste – Pimpant (11:42.432)
complètement à l’aveugle. Pas à l’aveugle, tu vois le packaging. Mais tu vas prendre du pimpant et puis tu vas prendre des produits que tu vas retrouver dans un rayon de supermarché. nous, a depuis, ça a un coût de postuler. Donc on en a fait deux l’année dernière. On a fait le dentifrice liquide vaisselle. Cette année, on a fait la lessive et on a fait le déodorant rechargeable. Dans les quatre catégories différentes, on a gagné.

Estelle (12:04.724)
énorme, bravo

Baptiste – Pimpant (12:05.678)
Et ce n’est pas l’argument écologique qui prévaut, c’est le rapport qualité prix, l’efficacité, le plaisir, et après le niveau de packaging qu’on va chercher, C’est là-dessus et du coup, tu vois, on arrive à prouver que notre mission très haute, elle change pas et nous notre objectif, notre milestone tous les jours, c’est OK, combien de bidons et de tubes en plastique à usage unique qu’on a évité ? Et ce qui est intéressant, c’est que…

T’as des boîtes où aller chercher en permanence de l’hyper-croissance ne pas forcément avec les ressources finies qu’on a sur la Terre. Nous, est un peu dans un sens inverse. Plus on est en hyper-croissance, plus on évite, mieux on se donne des chances pour les prochaines générations.

Estelle (12:55.32)
C’est intéressant ce que tu dis, que… Enfin, c’est intéressant, pardon, mais c’est presque antinomique comme truc. C’est-à-dire que si je comprends bien ce que tu es en train de me dire, le produit que tu proposes, ce pas pour faire la pub de ton produit, ce n’est pas la question, c’est vraiment la mécanique que j’essaie de comprendre.

Le produit tu proposes est plus intéressant d’un point de vue écologique, d’un point vue probablement sociétal, d’un point de vue coût logistique, etc. Tu utilises moins de ressources finalement, disais 100 fois moins d’eau, moins d’espace.

pas vraiment plus cher, j’ai l’impression qu’un produit de qualité équivalente. Et quand il est testé par des consommateurs, tu as quatre produits qui ont été testés, les quatre produits sont considérés comme les produits gagnants. Du coup, je me mets deux secondes à la place de tes concurrents, des Unilever, Procter, etc. Des grosses boîtes de produits d’hygiène et d’entretien de la maison. À un moment donné, je présume.

ils vont se dire, non mais attends, d’abord c’est qui lui ? Et puis même les consommateurs, il a un moment donné, la logique voudra que ça ouvre un peu les chakras de tout le monde et que les gens se disent, mais attends, c’est ça que je veux. Si c’est mieux sociétalement, mieux d’un point de écologique et que moi ça ne me coûte pas ni en contrainte, ni en coût financier, pourquoi est-ce que je n’irai pas là ? Est-ce que tu n’as pas peur que les gros mastodontes viennent, que tu sois en train d’ouvrir le marché, qu’ils viennent te manger par derrière ?

Baptiste – Pimpant (14:23.848)
Non le…

Baptiste – Pimpant (14:27.566)
Le monde de l’entreprise à impact, as envie de leur dire copier nous. Nous notre gros défi et tu je te l’ai dit en numéro 1, c’est pour ça qu’on communique beaucoup sur les réseaux sociaux, c’est de démocratiser un nouvel usage. Aujourd’hui on mange un gâteau qui tout petit.

le gâteau du liquide il est 100, 200, 1000 fois supérieur en termes de part de marché qu’on pourrait se donner donc si demain une e-liver a la bonne idée de lancer 3, 4 marques en poudre à reconstituer au contraire et c’est l’opportunité de marché que nous on détecte c’est à dire il a un nouvel usage nous on se sert de nouvelles façons de communiquer les réseaux sociaux, alors c’est pas nous les réseaux sociaux mais

Quand t’es une marque qui est là depuis 40-50 ans, les réseaux sociaux, t’as encore du mal à appréhender le sujet et tu arrives à bien vendre en GMS parce que t’as ton commercial qui vient replacer en avant ton produit tous les jours. En ligne, c’est un petit peu plus compliqué parce que quand t’es content d’un site, quand tu vas sur pimepan.com, que t’es content des produits, tu viens re-acheter. là, le commercial dans son rayon, ne pas faire grand chose face à nous. Donc, est-ce qu’on a peur ? Non, au contraire, on leur dit copier nous.

on les invite à notre usine, parce qu’ils viennent voir. On leur montre… Et nous, a une conviction forte, c’est qu’on ne que de la poudre. On est une petite équipe, on bouge hyper vite et on pense qu’on a de meilleures chances de réussite industrielle qu’un très gros. c’est… Tu vas continuer. Parce que plus agile, parce que focus uniquement sur la poudre, fabriquer un produit en R &D…

Estelle (15:50.826)
ok.

Estelle (16:08.408)
plus agiles ?

Baptiste – Pimpant (16:17.414)
t’es content de ton dého parce qu’il est efficace réussir à mélanger les poudres à échelle c’est à que tu n’en fais pas un des dého tout le monde pourrait faire son dého pimpant chez lui directement bon on va mettre trois quatre heures à faire son dého ça va coûter plus cher mais tu peux le faire toi même ton dého

Par contre le mélanger à échelle, à faire plusieurs tonnes de poudre, être capable de la mettre correctement dans un stick et avoir une expérience sympa quand tu reconstitues ton produit.

Là il y a du travail et c’est tout notre savoir-faire et ça fait cinq ans qu’on fait que ça. Et on se lève tous les matins uniquement avec cet objectif là. Tu ne nous verras pas demain faire du solide, tu ne nous verras pas demain faire du liquide. Nous on est focus uniquement sur la poudre et tu vois on l’a vu dans l’extérieur. Moi dans mon aventure précédente avec Fizeur on faisait que de la carte postale. Et on était focus que sur le sujet. On est passé de…

on envoyait 50, 70 cartes postales par jour à un atelier de fabrication, on envoyait jusqu’à 100 000 cartes postales par jour. Tout avait été automatisé et tout avait été bien pensé. Et le fait d’avoir une usine de toute façon tu ne pas être compétitif en faisant dans une usine où il y a déjà du liquide, en faisant aussi de la poudre parce que tu es obligé de rationaliser tes espaces et nous tout est conçu pour avoir l’usine la plus optimisée, la plus petite possible.

c’est comme ça que ça fonctionne dans une usine aujourd’hui, ils prennent la taille de l’usine, tu veux un produit, tu prends tes 15 % de fizes juste pour que tes matières premières arrivent dans l’usine, tu payes le ratio d’électricité, tu payes le ratio d’eau, alors que nous on a tout rationalisé parfaitement pour que ça soit le moins cher possible et on pense que c’est comme ça qu’on va gagner le combat et on attend qu’une chose c’est qu’un très grosse lance, parce que le jour où un grosse lance

Baptiste – Pimpant (18:09.403)
on pourra aller chercher avec nos arguments l’énormité, l’énorme marché qui est en train de se faire.

Estelle (18:16.31)
C’est-à-dire si un très grosse lance, parce qu’il a une grosse part d’éducation dans le boulot que vous faites quand vous parlez de la communication sur les réseaux, c’est ça.

Baptiste – Pimpant (18:21.71)
C’est ce qui nous coûte le plus cher en fait. C’est ce qui nous coûte le plus cher.

c’est que les gens comprennent qu’avec un stick de poudre, tu peux te retrouver avec un dentifrice qui efficace, avec le bon taux de flux or, qui va avoir un super goût quand tu vas prendre un stick de poudre de liquide vaisselle, ça va bien nettoyer ta vaisselle, c’est efficace, ça sent bon. C’est ça notre plus gros défi aujourd’hui, c’est le premier usage.

Estelle (18:51.8)
C’est marrant parce que c’est souvent un point qui est…

je trouve, qui est mis de côté, qui est mal compris, mal perçu par notamment des entrepreneurs qui veulent lancer un nouveau produit, un nouveau service et qui se disent, il que je sois sur quelque chose d’innovant, qui n’existe pas, etc. Et moi, en général, quand c’est des clients ou quand on vient me demander des conseils, je dis, attention, si ça n’existe pas, ça peut être super intéressant, ce n’est pas la question. En revanche, il falloir s’assurer qu’on va être capable d’éduquer et qu’on va avoir les ressources, le budget, les ressources, enfin les ressources au sens global pour pouvoir éduquer parce que c’est…

C’est effectivement, enfin c’est ce que tu dis, c’est le premier coup. C’est vraiment un élément qui peut ralentir énormément, voire qui peut t’empêcher de délivrer quand bien même tu as un très très bon produit. Si ton marché n’est pas éduqué, si les clients ne pas prêts à l’acheter, à comprendre, à l’utiliser, tu te retrouves coincé.

Baptiste – Pimpant (19:40.686)
J’ai une approche peut-être un petit peu différente de la façon dont notre projet s’est passé et de pourquoi des très grosses ne sont pas encore lancées. Quand tu es pimpant, que tu as 50 ou 100 clients en ligne, que tu fabriques un premier gel douche qui est imparfait,

C’est pas très grave, t’as 100 clients qui vont peut-être pas revenir. Sauf que ça c’était il a 5 ans et si tous les mois, tous les deux mois, tous les trois mois tu réitères avec une nouvelle version qui est de plus en plus performante et qui aujourd’hui arrive à gagner les meilleurs prix.

tu peux pas y arriver si tu n’es pas à la 15e, 20e, 30e itération. qu’il y a trop de problèmes possibles dans toute la chaîne de valeur. Parce que je suis sûr que des L’Oréal Unilever font des meilleurs gels-douche que nous en R &D. C’est évident.

sortie de ligne, et là ça je parle de… Nous notre focus, on est une boîte qui fait de l’hygiène et de la cosmétique, mais fait nous notre sujet c’est d’être focus sur le consommateur et on pense qu’à lui tout le temps, tout le long de la chaîne de valeur. Et aujourd’hui qu’il y un meilleur gel douche ou dentifrice que nous, enfin une chaîne de valeur, je suis pas persuadé qu’ils vont y arriver tout de suite.

Estelle (21:01.057)
qu’ils n’ont pas eu l’itération que vous avez pu avoir avec vos clients et les retours clients, etc.

Baptiste – Pimpant (21:05.646)

complètement. En fait derrière un gel douche, tu une listing tea, c’est hyper simple. fait, tu 15 milliards de produits possibles, différents. as des associations entre les produits qui marchent pas. Tu te retrouves avec des problèmes de sur le… Nous, on travaille à poudre. C’est hyper sensible à l’eau, c’est hyper sensible à l’humidité, à la chaleur. Et du coup, ça fait cinq ans qu’on se plante, même si maintenant on évolue en niveau de produit. Et c’est le nerf.

de la gare de toute façon c’est le réachat en tant que client.

Estelle (21:40.516)
Claire, je voudrais revenir deux secondes sur la com parce que je pense que c’est un vrai point absolument primordial. Vous, Pimpan en tout cas, je ne pas si c’était le tout début de Pimpan, mais c’est là que Pimpan est devenu…

public aux yeux de beaucoup de gens. Tout monde s’en souvient peut-être pas, mais vous êtes passé sur qui veut être mon associé, l’émission qui passe, je ne plus sur quelle chaîne ça passe, mais qui passe à la télé publique et où tu as des investisseurs qui viennent investir dans des projets, donc des gens qui pitchent leurs projets. Vous vous avez pitché, je vais te laisser raconter quand même l’histoire, mais vous avez pitché, ça s’est pas méga bien passé et c’est là que Pimpan a émergé.

face au public et notamment sur l’éducation de grande consommation ou pas.

Baptiste – Pimpant (22:28.206)
ça s’est très bien passé. D’un point de vue nouvelle entreprise pimpant et d’un point de vue business, ça a été incroyable pour nous. Je pense qu’on n’aurait pas pu rêver un meilleur passage.

Estelle (22:29.912)
Ha ha

Baptiste – Pimpant (22:44.494)
Donc c’est sur M6, tu passes devant 5-6 investisseurs et ils décident ou non d’investir dans ton projet. Et nous les 5 nous ont bâché. Le reportage s’est bien passé parce qu’ils ont testé nos produits, notre dentifrice notamment. Ils ont bien aimé nos produits et on a été remis en question sur notre approche sociale du travail. Sauf que…

l’entrepreneur, du coup ils ont pas pris le bon côté de l’entrepreneur, ils ont pris le côté chef d’entreprise qui est là pour exploiter ses salariés et du coup t’as eu des punchlines incroyables comme Marc Simoncini qui disait qu’on partait faire la guerre en tong, notamment par rapport à notre approche du travail, le fait d’autoriser le télétravail, le fait que toutes les 100 % des équipes soient actionnaires du projet, Des choses qui nous nous paraissent évidentes pour recruter les meilleurs, les garder et les mettre en permanence dans les meilleures conditions, qui leur

Et du coup, si tu veux, on a fait un très très bon buzz positif par rapport à ça parce qu’on a reçu le soutien du public. Et derrière le public, c’est des gens qui consomment potentiellement des produits. on a été chercher… On allait pour chercher 150 000 euros en levée de fonds, on a fait 150 000 euros de chiffre d’affaires en 45 minutes. On fait 200 000 euros dans la journée, enfin un million sur le mois, alors qu’on faisait 100 000 euros le mois d’avant.

Estelle (24:02.91)
Énorme, finesse !

Baptiste – Pimpant (24:10.07)
Donc oui il y a eu un avant et un après sur le passage de cette émission et ça a aidé à l’image de la boîte de se faire bâcher. on en pris un petit peu pour l’égo mais c’est pas le plus important. Le plus important c’est qu’est-ce qui ressort pour le projet et comment est-ce qu’on arrive à embarquer des communautés.

Estelle (24:30.871)
C’est alors.

C’est un point super important. Ça a aidé sur l’image de la marque parce que je voudrais qu’on y revienne parce que vous avez parlé notamment du rapport que vous avez avec vos employés et les personnes qui travaillent sur le projet Pim Pan. Et c’était un peu antinomique avec le côté très capitaliste pour simplifier les choses que les investisseurs pouvaient avoir. Mais du coup, vous avez eu la population avec vous parce que tout monde s’est un peu érigé en disant, mais attends, c’est quoi ces salopards, pardon. Mais c’était un peu ça.

Baptiste – Pimpant (24:58.606)
Les gens ont pas compris pourquoi ils investissaient pas. La production derrière n’a pas compris pourquoi il n’y avait aucune proposition sur notre projet. Toi on était des entrepreneurs assez expérimentés avec Carline, on y allait avec un niveau… Parce que même avant le projet on avait…

des très bons chiffres sur le projet qui n’ont pas du tout été remis en question. Il y a eu deux sujets clés en fait. C’est un, gens ont vu le produit, il y eu la démonstration du produit à la télé et ça a été apprécié, le test produit. Donc ça c’est quand même un premier élément, c’est pas que ça, c’est pas que l’approche du travail, c’est ce premier élément, c’est-à-dire ok, en plus ça l’air cool. Et deuxième sujet, ok, on a envie de les soutenir ces gens-là parce qu’ils méritent mieux.

Estelle (25:42.05)
C’est génial.

Baptiste – Pimpant (25:55.374)
Et du coup, on a à embarquer, on a beaucoup joué dessus d’un point de vue communication. On joue moins dessus maintenant, ça fait deux ans. On a fait le tour du sujet, ça été effectivement l’une des plus grosses mises en avant du projet depuis sa création.

Estelle (26:19.036)
Pour toi, ça a été une communication de communauté, c’est-à-dire c’est la communauté qui a finalement porté le projet à un moment donné, comment tu as orienté les choses d’un point de vue com.

Baptiste – Pimpant (26:28.174)
On a été attaqué sur un sujet qu’on adore et notamment on a beaucoup communiqué sur LinkedIn dessus.

ils nous ont attaqué sur le 100 % remote sauf qu’on a monté Feasr qui une boîte qui est passée de 0 à 2 millions d’utilisateurs en 7-8 ans qu’on a revendu des dizaines de millions d’euros et qui était 100 % remote et ça faisait 10 ans qu’on maîtrisait extrêmement bien ces sujets on prenait beaucoup on prend beaucoup la parole sur le futur du travail

on prenait avant le passage et on a beaucoup travaillé pendant le passage aussi pour continuer d’embarquer les gens et tu as deux trois semaines

où on dit tu passes dans deux trois semaines et là on a beaucoup accès autour de ce sujet là. Tu peux voir ton passage une semaine avant, je ne sais pas si tu peux toujours le faire mais à l’époque tu pouvais le faire. Je crois qu’ils ont bloqué le sujet et du coup tu sais exactement sur quoi tu vas être attaqué et on avait préparé toutes les communications autour de ça. Donc ça a été incroyable et oui l’état d’esprit c’est d’essayer d’embarquer les gens. Après je pense que ça marche parce qu’il y a une authenticité.

derrière le projet et nous ça plaît bien, a un projet familial, équipes elles le vivent comme nous ce projet là, vois, donc c’est des choses qui se transpirent.

Estelle (28:00.184)
Tu me disais quand on discutait un peu en off, le persona de Pimpan, c’est nous, c’est Karline et toi, vous avez vraiment construit le produit que vous vouliez avoir aussi pour vous, pour votre famille.

Baptiste – Pimpant (28:14.158)
Ouais, bah tu vois tout à l’heure quand tu nous dis oui, bah quand on pense écologie, on pense chiant, on pense pas efficace, ça coûte cher et ça pue. Non, nous on a envie de… Je pense qu’avant Pimpan, on n’était pas des exemples de l’écologie. Et ce qui est intéressant, c’est que maintenant on a une approche beaucoup plus forte de…

et de comment on qu’on a envie de faire pour les prochaines générations et je pense que c’est ce qui se ressent aussi au travers de produits qu’on propose c’est à qu’on veut faire mieux mais sans se prendre la tête et du coup tout est construit autour de ça

Estelle (28:54.048)
Ouais, c’est C’est assez cool et je trouve que… Je trouve qu’effectivement c’est plus facile aussi pour tout monde, c’est-à-dire que… On a tous envie que ce soit mieux et que, voilà, que pour nos gamins, la vie soit plus jolie et que les choses se passent plutôt bien, mais…

Baptiste – Pimpant (29:08.142)
Mais c’est la stat si tu veux, tu 80-90 % des gens qui disent oui moi je veux mieux consommer mais dans l’acte d’achat c’est pas 5 % des gens. Donc du coup nous c’est comment est-ce qu’on va chercher ces 75 % là ? Bah on fait comme on répète un peu notre transition à nous avec Carline.

Estelle (29:26.484)
Vachement intéressant. Merci beaucoup d’avoir partagé ça avec nous aujourd’hui. trouve que j’aime beaucoup moi cette idée de, on va faire en sorte que ce soit pas chiant et que ce soit facile en fait pour les gens et que c’est peut-être ça qui est le meilleur levier pour qu’il ait un nouvel usage et que les gens testent.

Baptiste – Pimpant (29:45.902)
Ouais mais on en a marre que les gens nous donnent des leçons tout le temps. Autant essayer de se faire plaisir, d’essayer de faire mieux, de faire juste son petit pas et puis tout ira bien.

Estelle (29:58.526)
Ouais ! Écoute, merci beaucoup Baptiste. Si on veut en savoir plus sur Pimpan, on a des questions à te poser, où est-ce qu’on peut te retrouver, dis-moi ?

Baptiste – Pimpant (30:07.182)
Bah bah t’as notre site www.pam.com, on est sur les réseaux sociaux, Instagram on est pas mal actifs et puis après si vous voulez m’envoyer un petit message n’hésitez pas à m’envoyer un message sur LinkedIn directement.

Estelle (30:15.628)
ça marche. Bon je mettrai les liens dans les notes de l’épisode. Merci beaucoup Baptiste et puis écoute t’es le bienvenu quand tu veux sur le podcast du marketing.

Baptiste – Pimpant (30:23.059)
Merci beaucoup, salut !

Estelle (30:25.01)
À très bientôt.

 

 


 

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Les secrets du média training avec l’animatrice télé Sandra Lou – Episode 304

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Parler en public, ce n’est pas inné. Pourtant, c’est une compétence indispensable pour toute personne qui doit défendre un projet, représenter une entreprise ou simplement s’exprimer avec confiance.

Dans cet épisode, je reçois Sandra Lou, animatrice télé pendant plus de vingt ans sur M6 et TF1, et aujourd’hui experte en média training et communication. À travers son parcours, Sandra partage son expérience et ses conseils concrets pour prendre la parole avec impact, que ce soit face à un journaliste, sur scène ou lors d’une réunion stratégique.

Cet épisode regorge de conseils pratiques, d’exemples concrets et de techniques simples pour oser prendre la parole avec naturel, confiance et émotion.

Vous pouvez retrouver Sandra sur LinkedIn ou sur son agence Verbale.

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Transcription de l’épisode

Estelle (00:38.428)
Bonjour Sandra, bienvenue sur le podcast du marketing. bien ça va très très bien, je suis super heureuse de t’avoir à mon micro aujourd’hui. On va parler d’un sujet dont je crois, je n’ai absolument jamais parlé. Enfin je dis je crois, c’est pas je crois, j’en suis sûre parce que moi j’y connais absolument rien. Donc ça m’intéresse tout particulièrement. On va parler de media training avant qu’on rentre dans le vif du sujet Sandra. Est-ce que tu peux nous dire ?

Sandra Lou (00:42.836)
Bonjour, ça va ?

Estelle (01:03.072)
Pour ceux et celles qui ne te connaîtraient pas, à mon avis ça va éveiller pas mal de trucs quand tu vas dire qui tu es. Est-ce que tu peux nous dire qui tu es et ce que tu fais

Sandra Lou (01:12.472)
Alors, moi j’ai fait 20 ans de télé, donc je suis journaliste animatrice à l’origine, j’ai commencé très tôt, j’avais 20 ans. Aujourd’hui j’en ai 44. Il s’est passé quelques années. J’ai fait un paquet d’émissions pour MC, Stéphane, le groupe France Télé aussi. Et puis, passé cette vingtaine d’années en télé, j’en ai eu un petit peu marre. J’ai décidé de reprendre un petit peu ma vie professionnelle en main, parce que je considère que j’avais fait le tour en télé et que voilà, il fallait que je…

délivrant tous les cas ce que je pouvais aux autres le plus facilement possible et de façon pédagogique en faisant du médiatraining et de la prise de parole en public. Je me suis dit que la transmission s’est mis sur mon chemin et je me suis dit qu’il fallait vraiment que j’aille au bout de ce truc. Donc, j’ai d’abord donné des cours à des étudiants, j’ai testé ma méthode là-bas, puis ensuite, comme je faisais beaucoup d’événementiels, j’ai croisé cette connaissance avec l’événementiel.

et j’ai commencé à coacher pas mal de dirigeants et puis certaines personnes politiques aussi et c’est devenu donc pour le coup du médiatraining parce que là comme on passe devant les médias c’est toute la nuance parce que souvent on me dit c’est quoi le médiatraining donc quand on traduit littéralement c’est de l’entraînement au média mais pas que parce que c’est vraiment de la prise de parole en public donc les deux mixés ça marche plutôt bien et pour finir sur ma présentation ça va durer huit ans

J’ai monté mon agence de communication et annonciels avec mon associé il y a deux ans. Une agence qui s’appelle Verbal et on accompagne justement nos clients à l’accompagnement éditorial mais pas que.

Estelle (02:48.828)
Trop bien, trop bien. Juste pour reprendre sur l’agence, vous faites de l’accompagnement éditorial, vous faites du médiatraining, vous faites aussi de la com de crise. va peut-être en parler un petit peu tout à l’heure parce que c’est vraiment en lien avec le médiatraining. Est-ce que tu peux m’en dire un peu plus sur d’abord ce que c’est vraiment que le médiatraining ? Parce que moi, je te disais, je suis une néophyte totale là-dessus. Ce que je vois du médiatraining, c’est ce que j’ai pu voir sur deux, trois émissions à la télé où tu avais quelqu’un qui t’entraîne à savoir comment répondre. Mais finalement, je me rends…

pas bien compte ce que c’est pour un dirigeant, client, exemple, un dirigeant d’une entreprise. Qu’est que ça veut dire le Média Training ? Sur quoi vous allez bosser ?

Sandra Lou (03:27.022)
Le médiatraining, c’est énormément de travail sur la posture. a le non-verbal, la gestuelle, les expressions faciales, la posture, comme je te disais, la voix. Les gens ont oublié que la voix fait partie d’une communication. as des voix qui sont absolument linéaires et barbantes. Ce pas possible. Des gens qui ne savent pas utiliser la nuance, la musicalité dans la voix, ça fait partie du médiatraining. Dans le médiatraining, a forcément les mots qu’on utilise. C’est là où le médiatraining devient intéressant.

parce que les messages clés qu’on a à faire passer, il faut bien les faire passer. Parce que s’il passe mal, le message n’est pas entendu et surtout tu peux passer devant n’importe quelle chaîne de télé, tu seras forcément mauvais. Donc ça fait partie de tout ce petit package-là, si tu veux. Ce qui est marrant, c’est que le media training exclusif va être un peu plus ciblé sur des personnes qui vont plus bien, pour tout quoi, passer sur BFM Business par exemple, et qui vont dire « Demain, je dois passer sur BFM Business ».

J’ai un peu peur parce que je me dis que le journaliste va me piéger, aussi me pose cette question, qu’est-ce que je fais ? Et en fait, c’est là où nous on intervient à côté, c’est pour les aider sur la construction de leur message. parlais d’éditos tout à l’heure, mais c’est hyper important parce qu’il y a des méthodes à respecter pour que le message passe bien, et surtout après, c’est un peu l’emballage cadeau. C’est comment je vais vendre mon message pour que ce soit parfait. Victor Hugo disait « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » et c’est exactement ça. C’est-à-dire qu’une fois qu’on a travaillé la forme,

Le fond remonte simplement parce qu’on a pu se mettre dans notre mental le fameux « mince, comment je dois me tenir ? » « Est-ce que là ma voix porte suffisamment ? » Est-ce que j’ai l’air convaincante ? Est-ce que j’ai mis suffisamment de silence ou pas ? » Et ça, c’est des méthodes qui sont importantes à tout niveau.

Estelle (05:09.228)
C’est intéressant ce que tu dis, c’est que en t’écoutant, je me rends compte que finalement, Media Training, tout cas, se préparer à passer devant un journaliste ou par exemple BFM ou autre, finalement, c’est faire du marketing de soi et du marketing de son message. Quand tu dis il faut savoir emballer un petit peu les choses, le cadeau pour que notre idée ressorte le mieux possible. De fait, en fait, c’est vraiment lié au marketing, mais dans la communication verbale de…

Sandra Lou (05:24.16)
complètement.

Estelle (05:35.922)
du dirigeant ou de la personne en tout cas qui est interviewée. Je sais que tu as pas mal d’outils que tu proposes à tes clients pour un petit peu cadrer les choses. que quand on se dit ça comme ça, dis oui, d’accord, emballer l’histoire, est sympa Sandra, mais c’est quand même pas forcément. Voilà comment je fais. Tu me disais qu’en prépa, j’ai bien aimé l’acronyme, tu avais une méthode qui s’appelle KISS. Tu peux nous en dire un peu plus ?

Sandra Lou (05:50.157)
bon fait,

Sandra Lou (06:01.111)
Oui, j’aime bien cette méthode-là parce que déjà elle est facile à retenir. C’est souvent des termes anglais, mais au final on comprend quand même. C’est facile à retenir parce que ça veut dire bisou. Au final quand tu prends l’acronyme, n’est pas bisou que ça veut dire, keep it super simple. Donc dans l’écriture de vos messages, arrêtez de faire des longs discours. La majorité des gens ont envie de faire passer beaucoup trop d’infos d’un coup. Et en fait en faisant ça, tu noies le message et ce n’est pas du tout constructif. Donc déjà, désapprendre.

Tu vois, les gens à être moins scolaires, c’est déjà une difficulté. Parce que tu dois identifier ton message clé. Une fois que tu l’as, une fois que tu l’as identifié, ce message clé, il va falloir que tu te dises, et ça du coup c’est une autre méthode que j’ai, c’est ok, qu’est-ce qu’on va retenir de ce message-là dans une semaine, dans 6 mois et dans un an ? C’est-à-dire que vraiment c’est le message le plus important, et pour que ce soit un message qui passe bien, il faut le rendre efficace et court.

Donc ça c’est quand même une méthode qui est compliquée chez la majorité des gens, que quand tu dis qu’il faut rendre les choses simples, il ne pas mélanger avec simpliste. Ce pas parce que tu simplifies le message que ça devient un débile. On demande pas si ce soit simpliste, ça peut être avec des termes un peu techniques, un verbatim qui est très par exemple marketing, besoin. Néanmoins, ce pas parce que tu parles là-dessus que tu dois faire des longues phrases qui ont duré huit ans.

qui ne pas être clairs parce que du coup quand tu fais l’ombre, tu commences à te retrouver dans des trucs où tu t’emballes, tu te prends les pieds tout seul dans le tapis, donc ça ne fonctionne pas. Keep it super simple. Toujours, encore un terme anglais, désolé, mais straight to the point, c’est vraiment « je vais à l’essentiel ». Et comme ça, le message est beaucoup plus clair et on le retient mieux. Ça, c’est primordial.

Estelle (07:42.828)
C’est pas toujours le plus simple. Ça paraît simple quand on dit comme ça, de faire simple, c’est souvent ce qu’il de plus compliqué. vois même, tu vois, dans un message marketing, on se dit exactement la même chose. se dit à moment donné, il va falloir un peu essentialiser la chose. Et essentialiser la chose, ça veut dire quoi ? Ça veut dire aller choisir le bon mot, le mot juste pour exprimer ton idée. C’est ça finalement qui est super dur. Mais une fois que tu as réussi à le trouver, moi, c’est ce que j’explique à mes clients souvent. Je dis, on essaye de redescendre.

Sandra Lou (08:01.833)
C’est ça.

Estelle (08:10.44)
aux plus simples, aux quelques mots, mais qui sont ultra bien choisis. Parce qu’une fois que tu as les mots ultra bien choisis, c’est très facile de tricoter et de rajouter des choses et de broder autour. Et si tu veux faire un message beaucoup plus long, beaucoup plus élaboré, tu le feras dans ce sens là. Le faire dans l’autre sens, c’est beaucoup plus complexe. Donc effectivement, de réussir à trouver les sens.

Sandra Lou (08:18.861)
Mais oui.

Sandra Lou (08:26.509)
Tu sais ce qu’il faut retenir ? Ce qu’il faut retenir de base, c’est qu’on est des grands-enfants. Donc les grands-enfants, quand tu repenses un petit peu à comment on était, ils aiment quoi ? Ils aiment qu’on leur raconte des histoires. Donc une histoire, tu peux la raconter de façon très courte, tu sais, mais ce qu’il faut, c’est faire vivre l’histoire, il faut que ça nous émerveille encore, même dans des discours un peu compliqués politiques. Il faut qu’on se dise « ouah, ça envoie du lourd ! » Obama savait très bien le faire, par exemple.

Obama ou pas politique mais Oprah Winfrey quand on connaît un peu son mode de fonctionnement, c’est pareil, elle raconte des histoires mais elle revient toujours à son message clé et elle sait très bien faire justement pour tisser la toile pour dire ok, je vous ai raconté ça mais revenons à nos boutons, il a ça dont on peut parler. Et c’est que des petits leviers, c’est des petites méthodes et quand tu connais les méthodes après tu sais faire.

Estelle (09:18.006)
et c’est évidemment plus simple. En marketing, on parle beaucoup de storytelling, évidemment. Toi, me disais que sur le médiatraining, on parle plus de story bricks. Est-ce que tu peux me dire un peu ce que c’est que cette histoire de brick ?

Sandra Lou (09:28.097)
Oui !

Sandra Lou (09:32.545)
C’est des petits blocs narratifs en fait, vois, c’est des anecdotes, des témoignages, des chiffres, tu vois. C’est toutes des petites choses que tu vas venir mettre un peu comme les légaux, tu sais, les uns sur les autres, tu vas les empiler. Mais c’est pour illustrer au mieux ta pensée, c’est encore une fois pour qu’on puisse se projeter et se dire « ah très bien, ok, je vois où elle veut, où il veut en venir quoi ». C’est des exemples concrets sur ce que les clients peut-être vivent ou traversent.

Par exemple, si tu dis « j’en sais rien, j’ai créé une solution et ça vous fait gagner deux heures de votre temps par jour », là tu rajoutes des petites infos où les gens vont se dire « ok, ça peut me parler parce que ça a l’air efficace, en deux heures tu règles des problèmes ». C’est un très bon exemple que je te donne, mais tu vois l’idée, c’est vraiment d’essayer de créer quelque chose qui va attirer les autres vers son message. Donc c’est vraiment les blocs narratifs. Et moi ça trouve que c’est comme le storytelling, si tu veux, ne pas.

Aujourd’hui, tu ne peux plus arriver quelque part en pitchant une idée sans avoir utilisé un minimum de storytelling. Le storytelling, c’est quoi ? C’est raconter, en créant du lien, des choses qui vont aller me toucher moi. Parce que je vais me dire, tiens, ça me parle, tiens, ça me touche ce qu’il vient de dire. Il a vécu ça, c’est dingue, du coup j’ai envie d’écouter. On crée du lien, on est interconnecté, tout ça.

Estelle (10:54.796)
Depuis quand tu disais il faut essentialiser, faut essayer d’aller chercher un message dont on va se souvenir dans une heure, dans une semaine, dans un mois, dans un an. Le storytelling ça aide vachement parce qu’évidemment qu’on va ancrer beaucoup plus facilement une histoire parce que comme tu dis depuis qu’on est tout petit on nous raconte des histoires et on se souvient de ces histoires, on se souvient de l’émotion qu’on a ressenti peut-être pendant qu’on nous a raconté cette histoire parce qu’en général on vit un petit peu l’histoire au moment où on la raconte. Donc de fait ça vient ancrer beaucoup plus facilement. Moi ce que j’aime beaucoup dans ton histoire de Bric, parce que…

Sandra Lou (11:02.796)
Merci.

Estelle (11:23.53)
Quand on me dit média training je te le dis, ça me fait peur. Je me dis mais à quelle sauce je vais me faire bouffer ? Alors que pas forcément, le journaliste, il n’est pas nécessairement là pour te manger. Mais n’empêche que c’est un petit peu l’inconnu. J’ai des invités qui viennent sur le podcast qui, au début… Alors j’essaye de faire en sorte que tout le monde se sente bien, etc. Mais c’est vrai que quand tu viens parler au micro de quelqu’un…

même si c’est pas forcément inquisiteur, tu te dis, qu’est-ce qui va se passer ? Voilà, qu’est-ce qu’on va me poser comme question ? J’imagine que ces histoires de briques, c’est aussi pour pouvoir être préparé un petit peu à toutes les, j’allais dire les opportunités. Donc on peut le tourner effectivement, les éventualités, mais voilà, les transformer en opportunités et d’avoir toujours un petit truc sur lequel se raccrocher pour pouvoir rebondir. C’est ça l’idée derrière les briques.

Sandra Lou (11:56.5)
Les éventualités, oui.

Sandra Lou (12:06.508)
et si tu veux, normalement en prise de parole en public, tu n’es pas censé être piégé jamais. C’est-à-dire qu’en fait, il a deux choses qu’il faut retenir. C’est que si pour de vrai, on vient de te poser une question extrêmement piège et que tu te dis « Comment je vais faire pour me sortir de ce merdier ? » Il faut pas que ça se voit. C’est la technique du joker, c’est double face. « Comment je fais pour que ça ne se lise pas sur mon visage ? » On est trop lisible, tu le sais, nos expressions nous trahissent très souvent.

Estelle (12:22.54)

Sandra Lou (12:36.672)
ça peut être de la gêne, d’un seul coup si on pose une mauvaise question, nous en tout cas, enfin les pros qui ont fait du Média Training vont se rendre compte juste dans l’expression faciale que ça y est, on a touché un point et donc ils en profitent, ils y vont à fond. Donc il faut rester stoïque, c’est le plus difficile et c’est ce qu’on apprend au Média Training, c’est vraiment la stoïcité, c’est « comment on va travailler ça ensemble ? Donc on fait des tonnes d’exercices si tu veux où on les met un peu en danger comme ça, on va les chercher avec des questions dures, des questions pièges.

Et eux, gardent leur calme. Et il a un truc qui est vraiment très important justement pour pouvoir réfléchir, poser le problème sans montrer que ça t’atteint, c’est le silence. Poser le silence en prise de parole en public, le silence c’est le charisme ultime. Les personnes qui savent jouer du silence, ils ont tout compris. Le message que tu veux poser, tu peux le poser et dire « j’en sais rien, la prise de parole en public, c’est pas inné, ça, prend ». Tu peux laisser un temps.

Estelle (13:14.284)
Hmm.

Sandra Lou (13:35.212)
C’est comme si tu délivrais un cadeau, tu le poses et tu le récupères plus tard. Donc ça c’est une méthode et après il a des tonnes de méthodes pour éviter les pièges. Il a une méthode qu’on aime bien qui s’appelle la technique du pont, donc c’est le bridge encore en anglais. Mais la méthode du pont c’est pour contourner un problème en fait. C’est-à-dire que si on t’a posé une question piège, la simple et bonne réponse, tu l’as vu dans des débats déjà, c’est de dire « Ah, c’est extrêmement intéressant, mais permettez-moi d’y répondre dans quelques instants parce que je voulais revenir sur quelque chose ». Et donc tu détournes.

Donc le mec, il n’est pas bête, en face il dit « Ah, il me fait la méthode du « contône le problème ». Mais c’est ce qui fonctionne le mieux parce que tu vas le noyer après avec un blabla, même s’il faut normalement faire plus court et efficace. Mais du coup tu le noies un peu et du coup le journaliste il sait qu’il a des autres questions à poser et donc il va poser ses autres questions et c’est gagné. Donc il faut détourner. Et souvent tu as aussi le fameux truc tu sais qui dit « Ah mais c’est une très bonne question, merci de l’avoir posé Et après tu vois, tu retournes…

Estelle (14:05.068)

Estelle (14:31.104)
Tu réponds à côté.

Sandra Lou (14:33.067)
Bah oui, complètement. C’est assez chiant parce que dans les débats, tu dis « c’est pas mal, il n’a pas répondu, ça fait trois heures qu’on attend sa réponse et il est passé complètement à côté ». Mais c’est des méthodes moches. Mais c’est des méthodes.

Estelle (14:41.002)
Oui, ça fonctionne. J’aime beaucoup quand tu parlais du silence. Moi, c’est quelque chose que je travaille beaucoup sur le podcast. Et effectivement, très souvent, les gens ont envie de… On a tous envie de dire plein de choses que tu disais. Ce qui est dur, c’est d’essentialiser parce qu’on a plein de choses à dire et on a envie de livrer un maximum de choses. Mais effectivement, le silence a quelque chose, je trouve, d’extrêmement important.

ça pose effectivement une certaine crédibilité à un certain truc, le fait d’avoir le courage de laisser un silence. Parce que c’est quelque part une espèce de courage. Moi j’assume, j’ai pas de problème à laisser le silence. Et ça porte autre chose que je trouve ultra intéressant aussi, ça laisse le temps à la personne qui entend le message de l’intégrer. Parce que ce qu’on entend, même ce qu’on voit, à un moment donné, on processe plein plein plein d’informations. Notre cerveau, ne pas tout prendre ou en tout cas pas tout prendre de la même façon. Le silence, il te dit…

Sandra Lou (15:10.251)
ça.

exactement ça.

Sandra Lou (15:22.347)
oui.

Estelle (15:32.338)
Attention, là t’avais une information importante. Prends le temps de l’intégrer, d’analyser le truc. Et je trouve que ça pose vraiment des choses et ça a une force sur un message en disant, là je viens de te dire un truc important. C’est même ça, retourne histoire. Là je viens de te dire un truc important, prends le temps de l’intégrer s’il te plaît. Merci bien.

Sandra Lou (15:48.46)
C’est ça et là où tu as raison à est-ce que tu parles de courage avec le silence. Mais tu sais avoir le courage de poser ce silence, être dans une liberté absolue avec toi-même. C’est-à-dire que tu tellement libre dans ta parole, tellement libre dans ton discours que tu t’autorises à prendre ce temps. Parce que souvent nous on a peur du vide. Qu’est-ce qu’ils font les gens quand ils sont en prise de parole en public ? Et ils comblent le vide. Ah mince, il que je parle, il que je parle, sinon on va croire que je n’ai rien à raconter et que je pas intéressante.

Alors que ce n’est pas ça. Quand justement tu vis tellement ton message, tu tellement en osmose avec ce que tu as raconté, du coup tu sais que tu peux vivre tout ça comme tu veux. De la musique, prenons n’importe quel morceau, peut être du rock, du jazz, que tu veux. Tu as toujours des variations, on le sait. À un moment donné tu as peu d’instruments, un autre moment tu en as plein. Puis ça va s’accélérer parfois et puis ça va ralentir etc. La voix c’est un instrument, c’est notre signature vocale. Et cette signature vocale…

quand tu y glisses ton fameux silence parce que tu sais le gérer, c’est là où je te dis que ça devient magique. Parce qu’à partir de là, on t’écoute bizarrement, le silence amène l’écoute.

Estelle (16:57.196)
Oui, c’est ça qui est vraiment effectivement, je trouve ultra fort dans le silence, c’est que ça vient casser les choses, ça vient poser les choses. Tu parlais tout à l’heure de moments difficiles, de débat parfois, peut-être de moments de crise, de moments où le message en fait se fait presque urgence, où il a une problématique. avec ton agence, t’accompagnes des gens dans ce qu’on appelle de la communication de crise.

Sandra Lou (17:24.523)
crise.

Estelle (17:25.76)
Est-ce qu’on peut parler un petit peu ça ? que tu as travaillé sur le cas de l’affaire qui a fait beaucoup beaucoup parler de Kim Kardashian lorsqu’elle a été, je ne pas comment on dit, quand elle a été prise en otage, ne sais pas, cambriolée,

Sandra Lou (17:38.955)
Cambriolet, pris en otage, c’était assez violent pour elle. Elle appelle ça encore l’horrible nuit qu’elle a passé. Je crois qu’elle a fait un livre d’ailleurs qui s’intitule « horrible nuit » ou je ne plus, mais ça a été très compliqué pour elle. Tu sais quand tu es… Pardon, je vais te laisser finir ta question parce que c’est long, moi je m’emballe. Termine ta question, j’y vais après.

Estelle (17:54.508)
N’importe quoi

Non, non, c’est Oui, oui. Non, la question que je me posais, c’est-à-dire, tu vois, je me mets à la place de Kim Kardashian, mais pour un chef d’entreprise, effectivement, tu peux avoir des moments de crise forte, de voilà, il a un vrai sujet, une vraie problématique, quelque chose qui fait un bad buzz ou des choses comme ça. Comment est-ce qu’on gère ? Tu vois, on parlait de silence. La question souvent qu’on se pose face à une crise, c’est qu’est-ce qu’il faut faire ? Est-ce qu’il faut parler ou est-ce qu’il faut pas parler ? Est-ce que justement le silence…

ça va être de dire, non, mais moi, j’ai pas besoin de parler, en fait, je me détache de ce truc ou est-ce qu’au contraire, il faut tout de suite prendre la parole ? Est-ce qu’il a une règle ? Est-ce qu’il n’y a pas de règle ? Comment ça fonctionne ?

Sandra Lou (18:33.653)
En fait, c’est vraiment au cas par cas déjà de base. Après, la com’ de crise qui est terrible, c’est qu’on a moins de 24 heures pour réagir ou pas réagir. Mais en tout cas prendre la décision d’être ou dans le silence ou dans l’action. Il y a parfois des com’ de crise où on se dit, tu vois, ça sort même dans la presse. On surtout que ça sort dans la presse et on dit mais merde, qu’est-ce qui se passe ? On a vite envie de savoir ce que la marque qui est attaquée ou l’individu qui est attaqué va faire.

Qu’est-ce qu’il va dire ? Comment il va se défendre Etc. Etc. Il y a des gens qui choisissent le silence pendant quelque temps avant de revenir avec un élément de contexte pour se défendre parfois. Le problème de la comte de crise, c’est que nous quand on y est confronté, on n’est pas des avocats. Tu vois la différence ? C’est que sur certaines affaires et notamment pour refaire le…

Le lien avec Kim Garda-Chian, quand on est venu me chercher pour la com’ de crise, c’est des personnes qui étaient dans cette affaire-là et qui étaient confrontées vraiment à la justice. Donc on est vraiment sur ce qu’on appelle un sujet chaud pour nous. Parce que quand on sait que la justice est mêlée à tout ça, il faut faire super gaffe. non, puis tu te dis, il pas se soigner parce que là, y a des gens qui peuvent finir en taule quand même. Tu vois ce que je veux dire ? tu dis, fais gaffe.

Estelle (19:44.492)
Tu peux pas dire ce que tu veux, déjà.

Estelle (19:50.698)
Ouais, ouais ? j’ai donné le mauvais conseil. Désolée, 20 ans, pardon.

Sandra Lou (19:55.147)
Voilà c’est ça, bon bah tant pis, chacun sa merde. Non, non, bah non, du coup c’est compliqué, il faut tous les éléments de contexte. Et surtout, a un truc qu’il faut que je te dise, c’est que dans la com’ de crise, tu prends les gens face à face et tu leur dis, texto, là, moi je ne veux que la vérité, sinon je ne peux pas vous aider. Et c’est là où ça devient un peu tendu parce que les gens, certains vont oser te dire les choses comme elles sont parce que c’est comme un avocat qui dit à un moment donné, bon si vous voulez que je vous défendre, faut vraiment me dire toute la vérité.

Estelle (19:57.088)
n’en dévoile toi !

Estelle (20:11.052)
Hmm.

Sandra Lou (20:22.858)
Sinon, peux pas, tu s’il manque des éléments et que ça te tombe dessus au fur et mesure, tu vas pas avoir la bonne direction. Nous, c’est pareil. En sachant qu’on ne doit évidemment pas juger, c’est comme ça, ok, mais c’est après, comment on va faire ? Parce que maintenant qu’on a tous les éléments de contexte, voilà comment vous allez vous retrouver avec des journalistes qui eux, ils sont les crots, ils veulent le scoop, et donc c’est une guerre ouverte qui commence à s’ouvrir entre les deux. Donc, comment éviter les pièges ? Comment ne pas trop parler ?

Estelle (20:25.024)
Bien sûr.

Sandra Lou (20:51.746)
Et ça c’est très tendu et en très peu de temps. Comme je te disais, en moins de 24 heures il faut se décider qu’est-ce qu’on va faire, qui, parce que c’est pareil. Est-ce que je fais une conférence de presse ? Est-ce que c’est un point presse ? Est-ce qu’on fait juste un tweet ? On dit tweet encore avec X aujourd’hui, je crois que oui. Voilà, tu as compris ? Est-ce qu’on poste un truc sur les réseaux sociaux qui va mettre tout le monde d’équerre ? Mais c’est prendre des risques.

Estelle (21:09.74)
Je sais pas, moi je dis tweet, voilà j’ai pas aimé son X.

Sandra Lou (21:20.924)
Et pour revenir sur cette affaire-là, c’est parce que si tu veux à la clé, a un docu pour Netflix qui est en prépa, donc il n’est pas encore sorti, j’espère qu’il va sortir. Et donc comme c’est filmé, comme ça va être diffusé et qu’on sait que ça va être suivi parce que c’est la cercle à chien, nous nos clients nous ont clairement dit qu’est-ce qu’on fait, qu’est-ce qu’on dit, parce que là c’est compliqué pour nous de se positionner, mais en même temps on veut le faire parce qu’il y a une espèce de droit de réponse, vois, une espèce de truc de se dire mais…

Nous on a quand même besoin de parler pour ça, ça, ça, ça, Et donc ça nous a mis dans une situation, et tu vois ça durait plusieurs mois. Au départ on a discuté de tout ça dans l’urgence, et après on a pris au cas par cas les intervenants.

Estelle (22:06.518)
Ouais c’est ça, c’est que la com’ de crise effectivement on pense toujours à la crise des 24 premières heures immédiatement etc. mais au final la com’ de crise bien souvent elle va s’étirer dans le temps parce que la chose continue de vivre. Mais oui.

Sandra Lou (22:16.81)
il y a des répercussions de malades. Regarde, ce n’est pas pour revenir dessus, mais Palmade quand il a eu son accident de voiture, parce qu’il était sous alcool, drogue et compagnie au volant et qui a eu malheureusement une maman qui a perdu son bébé, ce n’est pas juste 24 heures qu’on en parle. vois, que ça c’est une casserole qui lui colle aux fesses pour très très longtemps. Et malheureusement, qu’est-ce que tu fais de tout ça ? Tu vois ?

C’est ce genre de crise que parfois on est amené à gérer. Alors pas toujours des trucs aussi sulfureux, mais ça peut être des petites entreprises comme tu disais tout à l’heure, qui ont des différends internes, où ça commence un petit peu avec la boussée en externe, qu’est-ce qu’on fait ? Quand c’est en circuit plus court comme ça, on limite, si tu veux, on a le plaisir à le faire parce qu’il y a moins de danger pour nous. C’est plus confort en fait, c’est plus confort.

Estelle (23:13.02)
C’est sûr, c’est sûr. Comment tu fonctionnes d’ailleurs quand tu des répercussions judiciaires ? D’ailleurs que ce soit une entreprise ou une affaire publique. Tu disais, on ne pas dire n’importe quoi. Il y a quand même des choses qui se jouent. Est-ce que tu travailles avec l’avocat ? C’est-à-dire est-ce qu’à un moment donné, vous vous rencontrez pour vous dire, on a une ligne de défense qui fait qu’on veut parler de ça, on veut mettre ça en avant ? Ou est-ce que c’est complètement indépendant ? Comment ça marche ?

Sandra Lou (23:39.078)
ça dépend des cas, encore une fois, c’est vraiment à la carte et par rapport à ce qui se passe, mais conjointement, généralement à un moment donné, on va se croiser quelque part parce que comme je te disais, le risque c’est de nous nous embarquer dans un truc où on a envie de défendre un parti ou l’autre. Et là c’est très très dangereux pour nous parce qu’on ne peut pas, il faut vraiment rester très neutre.

Et cette neutralité, on l’a aussi en rassurant un avocat qui sait qu’on a été commis pour faire de la comte de crise. Donc souvent on peut en parler avec eux. Après, comme je te disais, ça dépend des cas. Quand c’est des cas un peu moins lourds, et ça arrive quand même souvent que ce ne pas aussi grandiose, on va dire qu’une Kim Kardashian qui est internationale, là quand c’est comme ça, on se débrouille nous tout seul. Tu sais, juste un petit truc dont je voudrais parler rapido si on a encore un petit peu de temps.

Estelle (24:32.147)
Bien sûr, vas-y.

Sandra Lou (24:34.154)
Dans du média training par exemple, j’ai aussi des auteurs. J’ai une auteur qui s’appelle Sophie Gutman. Là, je peux dire son nom, il a pas de sujet, qui est médecin, oncologue, et qui a écrit un livre qui n’est pas facile du tout sur l’incessuel. Il s’appelle Waterbed et quand elle m’a contactée, c’est exactement ça. Elle m’a dit voilà, moi je vais faire plein de télé où je vais me retrouver à parler d’incessuel ».

C’est un sujet touchy, je n’ai pas envie de me faire piéger, d’autant que son personnage principal, elle parle d’elle, elle parle de son histoire, mais à la troisième personne. Donc c’est la petite ondine, ce n’est pas la petite Sophie Gutman. Tu vois ce que je veux dire ? Et donc elle me dit, j’ai peur de me faire avoir, qu’est-ce que je dois dire ? Est-ce que je dois dire je ? Est-ce que je dois dire elle ? Et moi j’ai dû lui expliquer qu’en fait à un moment donné, il faut qu’elle prenne le parti pris de soit parler d’elle à la troisième personne.

soit parler d’elle vraiment en assumant les choses et en étant porte-parole de ce truc, en disant « ». Tu te doutes bien que ce qui est arrivé, c’était évident, elle a voulu garder le « », mais quand c’est quelque chose qui te touche, à un moment donné tu ripes et tu dis « ». Et très vite, tu as les journalistes qui te choppent les trucs. « Ah, donc en fait, ça vous est arrivé à vous, c’est ce qu’on se demandait parce que c’est très autobiographique et… » Voilà. Et ça, c’est le risque par exemple. Donc c’est pour ça que le coaching est extrêmement important, donc on en a parlé beaucoup.

Estelle (25:38.508)
Tu finiras sur le jeu. Bah oui.

Sandra Lou (25:56.456)
elle a été piégée une fois, mais bon, tu vois, c’est le moment où l’émotionnel prend le pas sur tout en fait.

Estelle (26:02.134)
Ouais. Est-ce que ça veut dire… Est-ce que… Moi c’est vraiment… Alors moi je suis une très mauvaise menteuse, donc moi je sais très bien ce que je prendrai comme décision dans ce genre de situation. Mais est-ce que ça veut dire que l’idéal, parce que j’imagine évidemment que dans chaque cas c’est différent, mais que l’idéal c’est de choisir la…

Sandra Lou (26:16.104)
Oui.

Sandra Lou (26:23.389)
Ouais.

Estelle (26:27.164)
la stratégie de discours qui est la plus proche de notre réalité. Il a pas forcément qu’une seule réalité. Mais pour qu’on n’ait pas justement à jouer quelque chose, parce que ça nous évitera de riper au moment où on sera sur l’émotion.

Sandra Lou (26:40.412)
Écoute, moi ce que dis à tout monde toujours, c’est de jouer la carte de l’authenticité, mais 99 % du temps, c’est qu’ils le peuvent. Parfois, ils peuvent pas dire des vérités. Tu sais par exemple si on prend une entreprise qui est en train de se péter la gueule et que ne pas, a 57 % des employés qui vont perdre leur job. Quand il a des événements, dis en tout cas un séminaire où tout le monde est rassemblé, les collaborateurs ensemble, tu as peut-être le boss qui ne va pas vouloir parce qu’il reste quand un peu de temps à bosser, leur dire bon ben désolé.

Vous allez tous recevoir très bientôt un courrier et c’est fini pour vous. Donc ils vont un peu modifier leur réalité en tournant les mots d’une certaine façon pour continuer d’encourager en disant quand même que c’est la merde, c’est compliqué, mais on continue, on est intime, tu vois. C’est un mensonge blanc. C’est comme ça qu’on appelle ça de notre côté, c’est mensonge blanc. Les mensonges blancs, ça peut passer. Maintenant le vrai, vrai mensonge, moi franchement je suis pas pour du tout. Déjà dans ma vie j’aime pas ça. Et encore moins dans le milieu pro parce qu’il faut dire les choses telles qu’elles sont. Et comme tu l’as si bien dit,

ça se voit en fait. C’est lisible, quelqu’un qui va te raconter des choses qui ne sont pas vraies, n’est pas vraiment… Sauf si c’est vraiment quelqu’un qui a fait de la comédie et qui peut avoir un Oscar demain, la majorité ne sont pas tous des bons acteurs. comme tu l’as dit, ça va ripper, ça va se voir. Et humainement, naturellement, à moment donné, si on vient me chercher un peu avec force, tu vas craquer, tu vas laisser une petite porte ouverte vers la vérité.

Estelle (27:48.844)
C’est sûr, ouais.

Sandra Lou (28:04.617)
Donc si tu mens, ça va forcément se retourner contre toi. Il vaut mieux assumer un mensonge. C’est comme tu sais quand on est sur scène, souvent je le dis à toutes les personnes que je coache, tu sais parfois les gens, enfin ce n’est même pas parfois, c’est tout le temps, on veut faire parfaitement un discours, une prise de parole, on la veut vraiment impeccable. Donc on prend des coachings avec nous et on dit voilà, moi je veux faire ça, je veux qu’on se dise à la fin que j’étais un bon orateur. Sur le principe c’est bien. Sauf que les gens, qu’est-ce qu’ils veulent voir ? Ils veulent voir un humain, quelqu’un qui a les mêmes failles qu’eux parce que ça les rassure.

Donc si dans la salle, je sais pas, à moment donné, tu as ton boss qui se plante sur une phrase ou sur des chiffres par exemple, et qu’il en rit, et qu’il rit, et qu’il en se marrant dit « Oh mais pas du tout, ce n’est pas ce que je voulais dire, je suis un peu fatiguée ce matin ou je pas si c’est à cause de la fête qu’on a fait tous ensemble hier soir, je pense que je suis encore… » Et bien, ça l’humanise et du coup les gens préfèrent. Parce que de toute façon, tu vois, ça paraît humain, ce n’est pas fake, et c’est ça qu’on aime. Au fond du fond, c’est ça qu’on aime.

Estelle (28:53.452)
C’est l’humanisme.

Sandra Lou (29:04.638)
Les personnes trop parfaites, fait chier,

Estelle (29:05.676)
Non, puis, de façon, c’est toujours cette même histoire. C’est toujours cette histoire d’émotion. C’est qu’à moment donné, le trop parfait, trop… Tout est beau et tout est lisse. Comme tu dis, on n’arrive pas à s’y accrocher. Ce qu’on aime en vrai, c’est la vulnérabilité. On n’est pas en train de dire qu’il faut absolument raconter tous les problèmes qu’on a, etc., et être totalement transparent, évidemment. Mais comme tu dis, de pouvoir se raccrocher à un petit truc qui fait que… Oui, mais en fait, il est comme moi.

nécessairement ça rend le message plus crédible aussi. Si tu es trop parfait, message, on se dit, attends, ça sent quand même un peu bizarre ton histoire, pourquoi tout va bien comme ça ?

Sandra Lou (29:39.209)
C’est ça ?

Sandra Lou (29:45.929)
Il faut de l’aspérité et moi ce que je dis souvent, c’est salisser les contours. as un cadre, les gens aident à dans leur cadre, donc tu les remets dans leur cadre parce que ça les rassure. Moi ce que je leur dis, puisqu’ils n’arrivent pas tous à sortir du cadre, je leur dis, mais dans ces cas-là, salissez tous vos contours. Parce qu’en fait c’est ça qui va plaire aux gens. Parce qu’on va se dire à moment donné, « Ah putain, il vient de me toucher, il a dit ça, c’était beau. » Si tu veux que être pro et dans ta posture de pro,

Tu ne pas adonner. Je parlais d’interconnexion tout à l’heure, mais quand on est sur un plateau, quand on est comme nous, les deux là, ou dans une salle parce que tu es sur une scène et tu parles à une audience, à partir du moment où tu es en confrontation avec l’autre, tu es en interconnexion, tu es connecté à lui. Donc c’est soit tu joues le jeu et tu crées quelque chose de magique qui va faire que tous les deux, on va se raconter des choses et on va s’apprendre l’un l’autre, tu vois, et on se dit voilà.

On est tous ensemble. Par exemple dans une salle, j’ai souvent des gens qui me disent « je fais quoi ? Je regarde la salle comme si c’était une unité. Moi, ça me va pas du tout parce que je leur dis souvent « vous n’êtes pas obligé de vous dire qu’il a 250 personnes parce que ça va peut-être vous… » Mais je « il a réellement 250 vies dans cette salle. » Il a 250 personnes qui peut-être ont vécu des choses similaires à votre parcours ou une enfance un peu compliquée comme vous. Peut-être que vous n’avez pas eu de papa. Eux peut-être dans la salle, il y en a, je n’en sais rien.

sur les 250, il y peut-être 110 qui n’ont pas de papa non plus. Mais toi, c’est pour leur faire comprendre qu’en fait, non, ce n’est pas une masse, c’est individuellement 250 personnes, 250 histoires qui hypothétiquement peuvent être connectées à toi. C’est pour ça que quand on ne pas comme mental et qu’on vient mettre plus en profondeur, plus dans les énergies de l’humain, et là, tu accroches les gens et là, du coup, tu deviens un vrai bon orateur. C’est là où ça marche.

Estelle (31:35.782)
c’est toujours la même histoire, c’est l’émotion. Moi en marketing, pardon je reviens toujours en marketing, mais en marketing je dis, oui c’est mon job, en marketing je dis toujours que la majorité des gens se trompent, on pense que c’est sur le rationnel qu’on prend des décisions, parce qu’on a été élevé comme ça, moi je prends des bonnes décisions pour mon ménage, machin, etc. j’achète les trucs qu’il me faut. La réalité c’est que c’est pas ça, on achète tous et c’est pas que l’achat en fait, c’est l’action.

Sandra Lou (31:40.488)
Mais bien sûr !

Estelle (31:59.644)
vient toujours de l’émotion. Le rationnel vient derrière. Il faut du rationnel, il a pas de problème. Mais c’est toujours l’émotion d’abord. je comprends complètement ce que tu dis. Dans la prise de parole, il faut venir mettre de l’aspérité, de l’émotionnel, des choses sur lesquelles les gens vont pouvoir se raccrocher parce que c’est ça qui va faire tilter, qui va faire changer probablement peut-être une prise de conscience ou une prise de position des personnes. Donc c’est sûr que cette émotion, ces aspérités dont tu parles, ultra important. Tu nous as dit plein plein de choses.

Sandra Lou (32:01.809)
de l’émotion.

Estelle (32:29.01)
Sandra, je vais essayer de résumer en deux secondes ce que tu nous as dit. d’abord tu nous as dit que…

la prise de parole en public au sens très très large du terme. C’est beaucoup de choses. C’est évidemment le fait de parler, mais pas que. C’est comment est-ce qu’on utilise sa voix, comment est-ce qu’on utilise son corps, comment est-ce qu’on se positionne par rapport aux autres. Et cette interconnection dont tu parlais à l’instant, prendre la parole, même si on n’est pas dans un dialogue direct avec une personne, c’est de toute façon être en interaction avec ces personnes. Ensuite, tu nous as dit, quand on se prépare pour une prise de parole,

Ce qui est important, c’est d’essayer d’aller à l’essentiel, en tout cas de trouver ce message essentiel. nous disais avec cette méthode, j’aime beaucoup parce que c’est facile à retenir, keep it super simple. voilà, ça vient tout seul. C’est pas facile à faire. Donc c’est un vrai exercice. Faut pas se dire, je pense, en une seconde, oui bon, ok, c’est bon, l’idée, l’ai. Non, de trouver les bons mots, les mots justes pour aller…

Sandra Lou (33:14.842)
Oui, je te l’ai dit.

Estelle (33:28.588)
au plus simple et puis on élabora après. Ensuite, tu nous as parlé, je vais essayer de retrouver un petit peu les différentes techniques que tu nous as données. Tu nous as parlé des blocs narratifs, alors de storytelling, on en parle beaucoup effectivement en marketing. Ça fonctionne aussi ici, les blocs narratifs, ce que je trouve vraiment intéressant, c’est d’avoir différentes options qu’on va pouvoir utiliser, piocher en fonction de ce qui va nous être proposé puisque finalement…

Lorsqu’on est face à un journaliste, par exemple, ne sait pas de quoi il va nous parler, quelles questions il va nous poser et ces blocs narratifs vont pouvoir nous aider. Tu nous as parlé de la méthode du bridge. J’aime beaucoup. Pour moi, c’est la méthode des politiciens. On a une question, on n’a pas envie d’y répondre. dit, donnez-moi une petite minute, je vais y revenir. Puis en fait, on n’y revient jamais. On détourne un petit peu le message, mais mine de rien, ça peut être très utile. Et tu nous as dit quelque chose que je trouve intéressant à avoir en tête, c’est que le journaliste, lui, de l’autre côté…

Sandra Lou (34:02.693)
Exact.

Sandra Lou (34:12.136)
tellement !

Estelle (34:27.328)
Il ne pas nécessairement, à moins que ce soit la question absolument importante à laquelle il voulait poser et pour laquelle il voulait une réponse, mais en général il a prévu plusieurs questions, plusieurs thèmes, plusieurs sujets. Et à un moment donné, il va lâcher l’affaire parce qu’il n’a pas le temps, il faut qu’il passe aux autres sujets. Donc je trouve ça intéressant aussi de se mettre dans les chaussures du journaliste et de se dire, attends, peut-être que lui aussi il a des failles, peut-être que je ne pas le seul à avoir des failles, le seul ou la seule, donc on peut aller voir ce genre de choses.

Sandra Lou (34:43.632)
Exact.

Estelle (34:55.018)
Et voilà, et tu nous disais aussi, on a parlé de communication de crise, dans la communication de crise, il a plein de choses et évidemment il n’y a pas de règles parce que c’est le principe de la crise, on va s’adapter en fonction du moment, mais déjà se poser la question de est-ce qu’on veut parler, est-ce qu’on ne veut pas parler ? Et si l’on parle, qu’est-ce qu’on va dire jusqu’où on va aller ? En tout cas préparer ces choses-là pour pouvoir savoir où on va, puis après étirer le sujet sur la longueur, parce que même quand on est sur de la communication de crise, en général…

ça va durer dans le temps. Est-ce que j’ai à peu près résumé l’idée comme il faut ? Bon !

Sandra Lou (35:28.412)
Tu as tout bien dit. sais quoi ? J’ai juste envie peut-être de finir parce que j’aime bien les bonus. Souvent, j’ai des petits calls to action pour les gens, j’ai la petite cerise sur le gâteau. On n’a pas évoqué un truc qui est important, mais quand on a ça en tête, ça change beaucoup de choses. Ça peut changer beaucoup choses en marketing, évidemment. Donc, on parle de prise de parole en public. Donc, ça, c’est pour tout. Que ce soit un bizio comme nous en ce moment, que ce soit dans des réunions, quand on pitche des projets, etc. Ça peut parler à tout.

Estelle (35:34.604)
Vas-y !

Sandra Lou (35:57.416)
on a un super pouvoir, ce super pouvoir c’est les neurones miroirs. Les neurones miroirs c’est exactement comme dans le titre, c’est du mirroring, c’est-à-dire si j’arrive avec un grand sourire, avec des bonnes énergies, généralement en face ça va renvoyer la même énergie. Parce qu’on se dit « ok, je peux être en sécurité, elle n’a pas l’air figée, elle n’a pas l’air en colère, elle n’a pas l’air aigrie, donc tout va bien ». Quand on est en prise de parole en public, il faut pas oublier qu’en fait…

Il a la posture, j’en parlais tout à l’heure, mais y a vraiment tout ce qu’on va envoyer comme message que le cerveau en face va tout de suite reconnaître. Notre cerveau analyse tellement de choses et tellement vite, c’est qu’en fait très très rapidement, s’il voit quelqu’un sourire, ça va fonctionner. Quelqu’un qui sourit, quelqu’un qui envoie une émotion de conviction, ça marche aussi. Je te parlais de ça en offre quand on préparait notre podcast, mais quelqu’un qui va s’avancer pour parler.

naturellement tu vas pas te mettre à l’envers, tu en recul, tu vas t’avancer aussi genre « vas-y, je t’écoute ». Tu vois ce que dire ? Parce que ça nourrit ça. Un exemple tout con, mais ça m’est arrivé il a deux jours, j’étais en voiture et il a un gars qui a déboulé hyper vite un vélo et qui m’a quasiment grillé le… J’ai failli l’écramer en gros. Donc si tu veux, je freine, je suis surprise, il passe et sur le coup j’allais l’engueuler parce que j’ai eu peur, vois, j’ai failli le tuer quand même. Et il passe, il fait…

Estelle (37:19.654)
Logique oui.

Sandra Lou (37:22.471)
Il me fait comme ça, il fait trop rigolote et il se marre et il rigole. Du coup, je l’ai vu et ça amené mon rire parce que je me suis dit, en fait il a raison, on a passé à côté d’un truc, il le prend bien, du coup je suis rassurée. S’il m’avait agressé, tu te doutes que derrière, je serais sûrement gueulée dessus. Les neurones miroirs, c’est un vrai pouvoir, il faut s’en servir naturellement. Mais il faut donc se dire, ok, si j’amène quelque chose de sympathique, je vais forcément recevoir quelque chose de sympathique.

Estelle (37:38.348)
Bye !

Estelle (37:50.156)
Hmm.

Sandra Lou (37:52.359)
dans une audience, tous les cas quand on écoute, si je montre de l’intérêt, on va me montrer de l’intérêt. Ça c’est important de l’avoir en tête.

Estelle (37:59.018)
c’est ultra simple à mettre en place en fait, c’est juste de se dire, me mets dans la position dans laquelle je voudrais être reçue et effectivement c’est très très dur de s’énerver contre quelqu’un qui te fait un immense sourire. Essayez un jour de vous énerver contre quelqu’un qui vous sourit, ça ne marche pas, c’est très très compliqué, il vraiment être très énervé. Donc effectivement c’est assez facile de se dire, moi je le dis même au téléphone.

Sandra Lou (38:02.792)
C’est du bon sens.

Sandra Lou (38:08.711)
Merci.

Sandra Lou (38:14.215)
Ah ouais ! C’est très compliqué, c’est ça !

Estelle (38:23.626)
Ça c’est quelque chose que je fais, qui est super important quand vous appelez, je sais pas un prospect, quelqu’un ou quelqu’un même avec qui vous avez une discussion, peut-être parfois des discussions difficiles aussi à avoir, au téléphone avant de composer, avant que ça sonne, souriez. Ça s’entend au téléphone. Je ne sais pas pourquoi ça s’entend, mais ça s’entend. Et dès qu’on est dans cette posture-là, ça fonctionne, ça marche et en tout cas tout est plus simple. Tout est plus simple à mon avis et ça de façon globale dans la vie. C’est toujours la vie est plus facile quand on sourit que quand on pleure.

Sandra Lou (38:41.031)
Oui.

Estelle (38:53.184)
Comme on a le choix, autant sourire c’est plus facile. Merci beaucoup Sandra. Si on veut en savoir plus, si on veut te contacter peut-être, ton agence, où est-ce qu’on peut te retrouver ? Dis-moi.

Sandra Lou (38:55.916)
Tant sourire, bienvenue !

Sandra Lou (39:06.181)
Et bien alors, suis sur LinkedIn, donc là, il a pas de souci, vous pouvez me contacter directement sur LinkedIn. Je réponds à tous mes messages, donc c’est bien moi, donc Sandra Lowe sur LinkedIn. Mais sinon, on a évidemment un lien que tu pourras rajouter si tu veux bien de l’agence. Donc c’est agence-verbal.com simplement. Mais pareil, il a un numéro de téléphone, une adresse mail, pouvez nous contacter si vous avez des besoins, prise de parole en public, que ce soit du médiatrénier ou de la prise de parole simple. Il n’y a pas de sujet.

Et voilà, mais c’est vraiment quelque chose d’important et quand on m’apprend justement à travailler cette prise de parole, on peut faire beaucoup de choses derrière parce que c’est des petites techniques, c’est des petits leviers, des petits interrupteurs comme souvent j’explique, on appuie sur ces petits boutons et ça change tout le message. ça c’est quand même important de s’y poser un moment donné parce qu’on est notre propre business, c’est comme ça que je vois les choses et en marketing tu pourrais me dire la même chose. Donc voilà, il faut…

Il faut investir sur soi d’une manière ou d’une autre. Sans même prendre des coachings, c’est se renseigner, c’est lire des livres sur ces sujets-là et ça va vous aider, forcément ça va vous aider.

Estelle (40:12.338)
Parfait. Bien sûr, je mettrai le lien de l’Agence verbale et de ton LinkedIn, Sandra, dans les notes de cet épisode. N’hésitez pas à contacter Sandra et puis à travailler sur votre prise de parole parce qu’on est tout le temps en train de prendre la parole. De fait, c’est ultra important. Merci Sandra. T’es là. Bienvenue quand tu veux sur le podcast du marketing.

Sandra Lou (40:36.344)
Merci à tous.


stratégie marketing, communication, email marketing, marketing digital, chatgpt, ia, intelligence artificielle

L’intelligence artificielle, nouvel argument trompeur du marketing ? – Episode 301

ou écouter sur :

Cadeau Bonus : téléchargez les check-list anti IA-washing : 15 questions pour tester la crédibilité d’une promesse IA

L’intelligence artificielle est devenue le nouvel argument phare des campagnes marketing. Des start-ups aux grandes entreprises, tout le monde veut afficher un produit ou un service « boosté par l’IA ». Mais derrière cette promesse, la réalité est parfois bien différente : peu d’innovation, beaucoup de communication. C’est ce que l’on appelle l’IA-washing.

Dans cet épisode, nous décryptons ensemble ce phénomène. Vous découvrirez pourquoi les marques surfent sur la vague de l’IA, quels mécanismes marketing alimentent cette tendance et quels dangers se cachent derrière cette pratique. Nous verrons également comment différencier un usage réel d’un simple effet d’annonce et quelles sont les bonnes pratiques pour communiquer de manière transparente et crédible autour de l’IA.

Au programme :

  • Comprendre l’IA-washing et son parallèle avec le greenwashing

  • Pourquoi les entreprises s’empressent d’utiliser le mot « IA »

  • L’effet de halo technologique et la pression médiatique

  • Les risques : perte de confiance et brouillage de l’écosystème

  • Comment reconnaître une vraie innovation IA

  • Les bonnes pratiques pour une communication honnête et efficace

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Transcription de l’épisode

L’intelligence artificielle est devenue le nouveau mot magique du marketing. Chaque semaine, une marque annonce un produit, un service ou une application « boosté par l’IA ». Le terme fascine, attire les investisseurs, rassure les clients et ouvre les portes des médias. Mais derrière ce battage, l’IA est parfois absente, réduite à un slogan accrocheur. C’est ce qu’on appelle l’IA-washing, un phénomène qui rappelle le greenwashing. L’intelligence artificielle y sert davantage d’argument de communication que de moteur de transformation réelle. Pourquoi les marques cèdent-elles à cette tentation ? Quels sont les ressorts psychologiques et marketing derrière cette stratégie ? Quelles conséquences pour la confiance des consommateurs et pour l’écosystème technologique dans son ensemble ? Et surtout, comment communiquer sur l’IA de manière transparente et crédible ? Dans cet épisode, nous allons analyser en profondeur ces questions. Nous verrons comment reconnaître les signaux d’un IA-washing, quels sont les risques à long terme et quelles bonnes pratiques permettent de bâtir une relation de confiance durable.

Et puis cette année je reprends une habitude que j’avais peu à peu délaissée, ou en tout cas que je vous proposais moins souvent: les cadeaux bonus. Alors soyons clairs, je ne vous promets pas un cadeau bonus à chaque épisode mais dès que je pense qu’un outil peut vous aider à aller un cran plus loin, je vous le proposerai. Et donc aujourd’hui en plus de cet épisode je vous propose une checklist pour vous aider à différencier les vraies ia de l’iawashing. Cette checklist c’est 15 question à vous poser, à

À chaque question correspondent :

  • La preuve attendue si l’usage est crédible.
  • Le signal d’alerte si l’on est face à du probable IA-washing.

Ultra simple et efficace. Pour la télécharger, comme d’habitude vous allez sur le podcastdumarketing.com/cadeau301 ou vous cliquez dans les notes de cet épisode. Une autre façon, la plus simple d’ailleurs c’est d’être abonné à ma newsletter, et dans ce cas je vous envoie chacun des cadeaux directement dans la newsletter, rien de plus simple.

I. Comprendre l’IA-washing

1) Définition du concept et comparaison avec le greenwashing

L’IA-washing désigne une stratégie de communication qui exagère, enjolive ou invente l’usage de l’intelligence artificielle par une entreprise. Le mot « IA » devient un vernis d’innovation. Le parallèle avec le greenwashing saute aux yeux. Une marque peut se déclarer « écoresponsable » en se contentant d’un geste symbolique; une autre peut s’afficher « IA-driven » tout en utilisant des règles déterministes basiques. La mécanique repose sur une asymétrie d’information. Le public associe l’IA à des prouesses spectaculaires, alors qu’une large part des outils en entreprise restent des systèmes statistiques éprouvés. L’argument « powered by AI » vient alors crédibiliser un produit même si la valeur réelle provient surtout d’un design efficace, d’une base de données propre ou d’un processus bien rodé. Un exemple typique concerne des applications B2C qui promettent une « reconnaissance intelligente » et livrent en réalité une simple correspondance de mots-clé. D’autres habillent de « copilote IA » une fonction d’autocomplétion déjà présente. La comparaison avec le greenwashing aide à poser un cadre d’évaluation. Le test consiste à demander des preuves concrètes: quelles données, quel modèle, quelles métriques d’impact, quels garde-fous éthiques. Une narration honnête décrit aussi les limites et les cas d’échec. Une promesse floue, au contraire, empile les superlatifs et évite les détails techniques. La distinction n’est pas que sémantique. Une marque qui pratique l’IA-washing prend le risque d’un décalage durable entre promesse et expérience utilisateur, ce qui se traduit tôt ou tard par une perte de confiance et des coûts réputationnels significatifs.

2) Pourquoi les marques surfent sur la vague de l’IA

L’IA incarne la modernité et stimule l’imaginaire collectif. Les équipes marketing y voient un levier d’attention immédiat. Une start-up qui ajoute « IA » à sa proposition gagne souvent en crédibilité auprès d’interlocuteurs non spécialistes. Des investisseurs y lisent un signal d’ambition technologique; des journalistes y voient un angle éditorial porteur; des prospects anticipent des gains de productivité. La dynamique crée une incitation puissante à sur-communiquer. L’argument pèse aussi en interne. Des comités de direction souhaitent des preuves visibles d’un virage « data/IA ». Des équipes, pressées de montrer des résultats, rebaptisent des projets analytiques en projets IA et transforment un POC en succès annoncé. Une partie des effets provient du calendrier médiatique. Les conférences, salons et communiqués privilégient les annonces. L’IA s’y prête parce que le vocabulaire reste technique et impressionnant. La tentation consiste à raconter l’intention plutôt que la réalité opérationnelle. Le phénomène dépasse les jeunes pousses. Des entreprises établies recherchent un « multiple d’innovation » auprès des marchés financiers et utilisent le mot IA comme marqueur stratégique. L’écart se creuse ensuite entre le discours et l’adoption réelle, freinée par la qualité des données, le manque de gouvernance, les contraintes réglementaires ou l’intégration SI. La vague attire, l’écueil réside dans l’industrialisation. Une communication équilibrée reconnaît ces obstacles et avance des jalons concrets plutôt qu’une promesse vague d’automatisation généralisée.

II. Les ressorts marketing derrière l’IA-washing

3) L’effet de halo technologique: l’IA comme gage de modernité et d’innovation

Le halo technologique agit comme un raccourci mental. Une marque qui prononce « IA » bénéficie d’emblée d’une perception d’avant-gardisme. Les consommateurs attribuent plus d’intelligence au produit; les décideurs B2B perçoivent plus de performance; les médias anticipent une histoire intéressante. Les équipes marketing cultivent ce halo par le naming, l’iconographie et le storytelling. Un assistant devient « copilote IA », une recherche devient « recherche générative », un scoring devient « modèle prédictif d’apprentissage profond ». L’ambiguïté fonctionne parce que la frontière entre algorithme classique et IA avancée reste floue pour la majorité des audiences. Des secteurs entiers en jouent. Des banques promettent des parcours « personnalisés par IA » alors qu’un moteur de règles pilote la logique d’éligibilité. Des assureurs évoquent une « détection instantanée de fraude par IA » quand l’essentiel provient d’heuristiques maintenues par des analystes. Le retail affiche « recommandations boostées par IA » sur des moteurs collaboratifs déployés depuis des années. L’effet de halo se renforce encore lorsqu’une marque crée des démonstrations très visuelles: un chatbot, des images générées, une vidéo de synthèse. L’illusion de profondeur technologique s’installe, même si l’usage réel reste périphérique. La discipline consiste à démonter le halo par des éléments tangibles: précision mesurée, couverture fonctionnelle, niveau d’autonomie, place de l’humain dans la boucle, coûts d’inférence, performances en production. Une narration qui fournit ces balises conserve le bénéfice d’image tout en évitant l’IA-washing.

4) Influence médiatique et pression des investisseurs

Le cycle médiatique privilégie l’annonce et la nouveauté. Des rédactions sursollicitées cherchent des sujets clairs et spectaculaires. Une promesse d’IA remplit ces critères et ouvre des portes en conférence, en tribune, en plateau. Des directions communication adaptent leur calendrier produit au calendrier presse. Le risque surgit lorsque l’histoire racontée précède l’état réel de la technologie. Des promesses deviennent des titres; des titres deviennent des attentes clients; des attentes se transforment en contraintes pour les équipes produit. Le financement ajoute une pression symétrique. Des fonds interrogent systématiquement la stratégie IA. Des dirigeants répondent par des slides ambitieuses et annoncent des « plateformes » avant l’heure. Des équipes expérimentent alors des POC à visée démonstrative, rarement industrialisés. Certains parlent d’« innovation theater ». Le phénomène touche aussi les entreprises cotées. Des dirigeants mettent en avant l’IA dans les appels investisseurs pour signaler un alignement stratégique. La bourse réagit, l’interne accélère, la communication continue. La boucle se ferme et entretient la sur-promesse. L’issue vertueuse existe pourtant. Des marques choisissent des annonces progressives, adossées à des preuves: pilotes encadrés, références clients publiques, métriques d’impact, gouvernance de la donnée, conformité réglementaire. Une relation plus saine avec les médias s’installe lorsqu’un discours assume la complexité et explique l’itération plutôt que l’instantanéité. Les investisseurs valorisent également la rigueur quand les jalons techniques et business restent clairs, mesurables et atteignables.

III. Les limites et dangers de l’IA-washing

5) Perte de confiance des consommateurs et risque réputationnel

La confiance représente l’actif le plus difficile à reconstruire. Un écart répété entre promesse et expérience génère d’abord de la déception, puis de la défiance. Des utilisateurs s’habituent à ignorer les mentions « IA » parce qu’elles ne changent rien à la valeur ressentie. Le taux de conversion s’érode, le bouche-à-oreille devient tiède, les avis publics se durcissent. L’IA-washing amplifie aussi les risques juridiques. Une promesse trop précise sur la performance d’un modèle peut exposer à des réclamations lorsque des erreurs surviennent. Des sujets sensibles comme le crédit, l’assurance, la santé ou le recrutement exigent une prudence accrue. Une marque surexpose son système et sous-documente ses limites, puis se retrouve en difficulté devant des régulateurs ou des associations. La dimension éthique pèse tout autant. Des clients tolèrent mal les discours de toute-puissance alors qu’ils constatent des biais, des hallucinations, des réponses incohérentes ou un service après-vente dépassé. Les réseaux sociaux escaladent vite ces signaux faibles en crises visibles. Un exemple fréquent concerne des applications vantées « IA-driven » qui renvoient des résultats génériques; une enquête d’utilisateurs révèle l’absence d’apprentissage réel; la note moyenne chute et les désinstallations s’enchaînent. Une communication honnête aurait cadré l’usage: assistance, suggestions, contrôle humain systématique. Le coût réputationnel dépasse souvent le bénéfice initial d’attention. Une marque paie deux fois: perte de crédibilité à court terme et réticence des clients lors des vrais lancements IA ultérieurs. Une stratégie durable privilégie l’alignement fin entre promesse, performance et support.

6) Impact sur l’écosystème tech: brouillage de la valeur réelle de l’IA

L’IA-washing ne pénalise pas seulement les marques qui l’utilisent. L’écosystème dans son ensemble subit un bruit qui complique l’allocation du capital, la circulation des talents et la compréhension publique des enjeux. Des investisseurs passent plus de temps à trier des dossiers au vocabulaire ambitieux qu’à analyser la qualité des données, la robustesse des pipelines ou la gouvernance. Des budgets se dispersent sur des initiatives vitrines qui n’atteignent jamais la production. Des équipes techniques se démotivent parce que l’effort d’industrialisation, moins glamour, reçoit peu de reconnaissance. La pédagogie collective recule. Des décideurs non techniques finissent par considérer l’IA comme un buzzword interchangeable, au même titre que « big data » hier ou « blockchain » avant-hier. La conséquence devient paradoxale: les projets sérieux, plus nuancés, peinent à obtenir l’attention qu’ils méritent. Le brouillage ralentit aussi les standards. Des métiers réclament des référentiels d’évaluation, des méthodologies d’audit, des seuils d’explicabilité. Le discours marketing surdimensionné retarde cette maturité en entretenant l’idée d’une magie inaccessible. La suite logique voit apparaître des exigences réglementaires et déontologiques plus strictes, parfois en réaction à des promesses déçues. Les acteurs qui auront privilégié la transparence tireront profit de ce mouvement. Les autres réviseront leurs supports en urgence et perdront du temps précieux. Une technologie gagne toujours à être jugée sur ses effets réels. L’écosystème IA progresse lorsque les preuves d’impact priment sur les slogans.

IV. Vers une communication plus authentique autour de l’IA

7) Différencier un usage réel d’un usage marketing

Un diagnostic rapide s’appuie sur cinq questions. Quelle donnée alimente le système et qui en assure la qualité. Quel type de modèle est utilisé et pourquoi ce choix plutôt qu’un autre. Quel périmètre fonctionnel le système couvre exactement, avec quels seuils de confiance. Quel dispositif de supervision humaine intervient et comment il corrige les erreurs. Quelles métriques d’impact sont suivies et publiées. Une entreprise crédible fournit des éléments de réponse clairs. Des cas d’usage détaillent un avant/après chiffré: temps de traitement divisé, taux d’erreur réduit, chiffre d’affaires additionnel mesuré. Des preuves externes existent: audits, labels, publications techniques, retours d’expérience clients nominatifs. Des interfaces montrent où l’IA agit et où l’utilisateur garde la main. Un exemple parlant se trouve en santé. Des acteurs expliquent la sensibilité et la spécificité de leur outil d’analyse d’images, la procédure d’homologation et le rôle du radiologue. L’industrie fournit d’autres indices: journalisation des décisions, traçabilité des versions de modèles, procédures de rollback. Les signaux d’alerte sont symétriques: promesse globale, absence de métriques, confusion volontaire entre règle métier et apprentissage, démonstrations hors production, vocabulaire hyperbolique. Une méthode simple consiste à demander la feuille de route d’industrialisation: priorités, risques, dépendances SI, budget d’inférence, plan de montée en charge. Un discours solide assume les limites et expose des jalons atteignables. La différence se ressent vite lors d’un échange: transparence, précision et cohérence trahissent un usage réel.

8) Bonnes pratiques pour communiquer de façon transparente et crédible

Une communication responsable sur l’IA suit trois principes: clarté, preuves, humilité. La clarté commence par la formulation du problème. Une marque explicite l’enjeu métier, la place de l’IA dans la solution et le rôle de l’humain. Un langage simple remplace les superlatifs. Les preuves apportent la substance. Des métriques avant/après, des cohortes de test, des taux d’erreur par cas, des exemples d’échec documentés, des références clients publiables renforcent la crédibilité. L’humilité ferme la boucle. Un message reconnaît les limites, les risques, les biais possibles et les mécanismes de recours. Des formats concrets aident les équipes. Une « fiche vérité IA » accompagne chaque lancement avec sources de données, type de modèle, niveau d’autonomie, supervision, coûts d’usage, performances attendues, process de mise à jour. Une politique d’IA responsable devient publique et vivante. Des FAQ expliquent la confidentialité, la propriété intellectuelle, l’empreinte environnementale et la conformité. Des démonstrations privilégient des scénarios réalistes en production plutôt que des vidéos scénarisées. Des dispositifs d’écoute collectent les retours: bouton de signalement, canaux support, comité d’éthique. Des collaborations avec des tiers indépendants donnent du poids: laboratoires, cabinets d’audit, associations sectorielles. La stratégie éditoriale gagne à raconter le chemin plutôt que l’instantané. Des jalons trimestriels, des leçons apprises, des chiffres sourcés installent une trajectoire crédible. Cette approche transforme l’IA en avantage concurrentiel durable et réduit structurellement le risque d’IA-washing.

Conclusion

L’IA-washing illustre une vérité ancienne : le marketing aime les mots à la mode. Mais il rappelle aussi une leçon essentielle : les slogans séduisent à court terme, la confiance se construit sur la durée. Promettre une intelligence artificielle là où il n’y en a pas, c’est risquer la déception, la perte de crédibilité et, à terme, le rejet d’une technologie pourtant porteuse d’opportunités majeures. À l’inverse, une communication transparente, précise et humble valorise l’IA pour ce qu’elle apporte réellement. Les marques qui adoptent cette approche se différencient durablement, parce qu’elles créent de la confiance. La prochaine fois que vous entendrez « powered by AI », posez-vous la question : s’agit-il d’une innovation réelle ou d’un simple vernis marketing ? C’est cette vigilance collective qui permettra à l’IA de tenir ses promesses.

 

Le vrai pouvoir du personal branding: vendre un produit – Episode 294

ou écouter sur :

On associe souvent le personal branding aux freelances ou aux créateurs de contenu. Pourtant, lorsqu’il est bien utilisé, il devient un levier extrêmement puissant pour vendre… y compris un produit ou une offre plus « classique ». Dans cet épisode, je vous explique pourquoi dissocier branding personnel et marketing produit est une erreur stratégique.

Nous verrons comment certaines marques capitalisent sur l’incarnation, en quoi le récit personnel peut déclencher une préférence d’achat, et comment vous pouvez utiliser votre propre posture pour renforcer la désirabilité de votre offre — sans tomber dans l’auto-promotion maladroite.

 

🎯 Au programme :

  • Pourquoi séparer branding personnel et produit freine vos ventes

  • Comment le personal branding crée de la confiance et de l’adhésion

  • L’impact du récit personnel dans la décision d’achat

  • Les marques qui maîtrisent l’art de l’incarnation

  • Comment construire un branding personnel au service d’un produit

  • La bonne dose de visibilité pour servir la marque (et pas l’éclipser)

 

📌 Un épisode à écouter si vous :

  • Pensez que vos produits ne se vendent pas aussi bien qu’ils le devraient

  • Hésitez à vous rendre plus visible dans votre communication

  • Voulez comprendre comment créer plus de lien (et de ventes) grâce à votre personnalité

 

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Transcription de l’épisode

Introduction

Pendant longtemps, on a cru qu’il fallait choisir entre faire briller son produit ou se mettre soi-même en avant. Comme si l’un devait effacer l’autre. Dans de nombreuses entreprises, le branding personnel reste perçu comme un exercice d’ego, réservé aux indépendants, aux influenceurs ou aux créateurs de contenu.

Mais aujourd’hui, cette vision est dépassée.

Le marketing évolue, et avec lui, les attentes des clients. Ils ne veulent plus seulement des produits performants. Ils veulent comprendre qui est derrière, pourquoi cette offre existe, à quelles valeurs elle répond. Ils cherchent des connexions humaines, des signes de confiance, des récits auxquels s’identifier.

Et c’est là que le personal branding prend toute sa puissance.

Dans cet épisode, je vais vous montrer pourquoi il ne s’agit pas d’un effet de mode, mais d’un véritable levier stratégique — même (et surtout) quand on vend un produit. Nous allons voir comment certaines marques utilisent l’incarnation pour accélérer leurs ventes, en quoi le récit personnel peut déclencher une préférence d’achat, et comment vous pouvez construire un branding personnel au service de votre offre… sans tomber dans l’auto-promotion mal placée.

Alors, si vous vous demandez comment vendre plus en devenant plus visible — ou plus vrai — cet épisode est pour vous.

 

 

I. Distinguer personal branding et produit : une fausse séparation ?

Pourquoi séparer les deux est une erreur stratégique

On entend souvent cette phrase : “Le produit doit parler de lui-même.”

C’est une belle idée… mais elle ne fonctionne plus dans la réalité actuelle du marché.

Séparer totalement votre produit de votre personne, c’est priver votre marketing d’un levier de confiance fondamental : l’incarnation. Parce que les gens n’achètent pas seulement des fonctionnalités ou des promesses. Ils achètent une intention, une vision, une connexion humaine.

Et c’est encore plus vrai quand il y a de la concurrence.

Votre offre peut être très bien pensée, très utile, très pertinente. Mais si une autre proposition — équivalente — est portée par une personne que l’on connaît, que l’on apprécie, que l’on suit déjà… c’est elle qui gagnera.

On sous-estime à quel point l’acheteur cherche de la clarté émotionnelle :

Est-ce que je comprends ce produit ?

Est-ce que je fais confiance à la personne qui me le recommande ?

Est-ce que je partage ses valeurs ?

Quand vous restez invisible, vous laissez ces questions sans réponse.

Et dans ce cas, l’inconnu n’est pas neutre… il devient suspect.

Alors que si vous êtes là, si vous incarnez votre vision, vous devenez une boussole. Votre simple présence devient un facteur de réassurance.

Séparer les deux — branding personnel et produit — revient à couper la relation en deux. Et dans un marketing relationnel… c’est une erreur stratégique.

 

Les marques qui utilisent la personnalisation avec brio

Certaines marques l’ont parfaitement compris : l’humain vend mieux que le produit.

Certaines marques l’ont compris très tôt : ce n’est pas le produit qui crée l’adhésion, c’est la personne qui le porte.

Prenez Respire, par exemple.

Derrière la marque, il y a Justine Hutteau. Ce n’est pas qu’un déodorant naturel qu’elle vend. C’est une histoire, une prise de conscience, une volonté de faire mieux pour soi et pour la planète. Elle incarne totalement sa mission. Et c’est cette incarnation qui a créé un lien fort, presque affectif, avec sa communauté.

Un autre exemple intéressant, c’est MyBetterSelf, alias Louise Aubery.

Elle a développé sa marque de vêtements éthiques et inclusifs en s’appuyant sur un personal branding très fort, construit autour de ses combats personnels : l’acceptation de soi, le féminisme, le rapport au corps. Chaque collection est un prolongement de sa vision. Et ses produits ne sont jamais “juste des produits”. Ils sont un message.

Ce que ces marques ont en commun, ce n’est pas un budget pub démesuré.

C’est la cohérence entre la personne, son discours, et l’offre.

Cette cohérence-là, elle est précieuse. Elle donne du relief à la marque, elle la rend plus humaine, plus proche, plus crédible. Et c’est précisément ce que cherche une audience aujourd’hui : un produit incarné par une vraie personne — pas une promesse désincarnée.

 

L’illusion de l’objectivité du produit

On a souvent l’impression qu’un bon produit “parlera de lui-même”.

Qu’il suffit qu’il soit bien conçu, utile, efficace… et les ventes suivront.

Mais c’est une illusion.

Les gens n’achètent pas un produit uniquement pour ses caractéristiques. Ils l’achètent pour ce qu’il représente, pour ce qu’il leur promet, et surtout pour la confiance qu’ils placent dans la personne qui le propose.

Même en B2B, on n’achète pas de manière totalement rationnelle.

Un logiciel de gestion, une solution RH ou une formation marketing peut avoir les meilleures fonctionnalités du monde… si la personne qui l’incarne ne semble pas crédible, engagée ou alignée, la conversion sera bien plus difficile.

L’objectivité du produit est un mythe.

Ce qui fait vendre, ce sont des biais humains : la familiarité, la sympathie, la réassurance, la cohérence perçue. Et tout cela passe par le branding personnel.

Quand vous ne montrez pas qui vous êtes, quand vous laissez uniquement votre fiche produit parler pour vous, vous laissez votre audience dans une incertitude.

Et face à l’incertitude… elle passe son chemin.

Ce n’est pas un manque de professionnalisme que d’être visible.

C’est un acte stratégique.

Parce qu’aujourd’hui, l’humain est votre plus grand différenciateur.

 

II. Comment le branding personnel crée de la préférence d’achat

La confiance transmise par une personne

Dans un monde où tout le monde peut vendre n’importe quoi à n’importe qui, la question que se pose chaque acheteur est simple : “Est-ce que je peux faire confiance ?”

Et cette confiance ne se construit pas dans les pages de vente.

Elle naît bien avant, à travers votre présence, votre discours, votre façon d’être visible.

Elle se crée par la personne que vous montrez.

Un branding personnel bien pensé agit comme un raccourci de crédibilité.

Vous devenez un repère. Un point d’ancrage.

Quand on vous voit partager vos idées, parler de vos valeurs, défendre vos choix… on commence à vous connaître. Et ce processus-là, c’est la base de la confiance.

Il ne s’agit pas de se “vendre”. Il s’agit de se montrer constant, cohérent, humain.

Prenons un exemple concret : si vous lancez une formation ou un produit digital et que votre audience vous suit depuis des mois, qu’elle a vu vos contenus, écouté vos podcasts, lu vos prises de position… le jour où vous proposez quelque chose, la question ne sera pas “Est-ce que ce produit est bon ?”, mais plutôt “Quand est-ce que je peux m’inscrire ?”

C’est ça, le pouvoir du personal branding.

Il ne remplace pas la qualité de l’offre. Il la précède. Il prépare le terrain.

 

Le rôle du récit personnel dans l’acte d’achat

Le storytelling, ce n’est pas juste un outil marketing.

C’est une manière de donner du sens à votre offre.

Quand vous partagez pourquoi vous avez créé un produit, ce que vous avez vécu, ce que vous voulez changer ou transmettre, vous ne donnez pas seulement des informations : vous créez une connexion émotionnelle.

Et cette connexion, elle change tout.

L’histoire personnelle, c’est ce qui transforme une offre banale en solution inspirante.

Prenez deux formations identiques. Même contenu, même prix.

L’une est présentée de manière neutre, l’autre est portée par une personne qui explique comment elle a galéré pendant des mois, ce qu’elle a découvert, comment elle a construit pas à pas une méthode qui marche… et pourquoi elle veut la transmettre aujourd’hui.

Laquelle choisissez-vous instinctivement ?

Presque toujours, ce sera la deuxième.

Parce que cette histoire donne du contexte. Elle vous implique. Elle crée une proximité, voire une identification. Vous avez envie de suivre quelqu’un qui est passé par là, qui comprend votre situation, et qui vous tend la main.

Votre récit personnel, c’est ce qui rend votre produit légitime.

Pas au sens technique, mais au sens humain.

Et aujourd’hui, cette légitimité émotionnelle est souvent plus puissante que la preuve sociale.

 

L’effet d’amplification sur le bouche-à-oreille

Quand une offre est portée par une personne claire, visible et cohérente, elle circule mieux.

C’est logique : on parle plus facilement d’une personne que d’un produit.

Un produit, ça s’explique.

Mais une personne, ça se raconte.

Le branding personnel crée un effet d’amplification naturel sur le bouche-à-oreille.

Vous devenez une référence, une personnalité qu’on cite, qu’on partage, qu’on recommande.

On ne dit pas : “J’ai trouvé un bon outil.”

On dit : “Tu devrais écouter ce que propose [prénom], c’est hyper pertinent.”

C’est subtil, mais puissant.

Parce que votre audience ne transmet pas seulement un lien ou une offre : elle transmet un point de vue, une valeur, une connexion émotionnelle. Et c’est exactement ce qui rend une recommandation beaucoup plus efficace et mémorable.

Ce phénomène est d’autant plus fort sur les réseaux sociaux.

Les contenus les plus partagés sont rarement ceux des marques institutionnelles. Ce sont ceux des personnes avec une vraie posture, une vraie voix, une vraie vision.

En cultivant votre branding personnel, vous augmentez votre capacité à créer du bouche-à-oreille organique. Et ça, c’est un levier de visibilité et de conversion qui vaut tous les budgets publicitaires du monde.

 

III. Construire un branding personnel au service d’un produit

Choisir un persona d’incarnation

Lorsqu’on parle de branding personnel, beaucoup pensent : “Je ne veux pas me mettre en avant”, ou “Je ne suis pas à l’aise pour m’exposer.”

Mais incarner une marque ne veut pas forcément dire devenir le visage de celle-ci.

👉 Cela veut dire choisir un persona d’incarnation.

Et ce persona, ce n’est pas toujours vous.

Vous pouvez incarner votre produit vous-même — si vous êtes à l’aise, si vous avez une histoire forte, ou si cela vous paraît naturel. Mais vous pouvez aussi déléguer cette incarnation à quelqu’un d’autre : un membre de l’équipe, un ambassadeur, un client, voire un personnage fictif.

L’important, ce n’est pas qui parle, c’est ce qu’il incarne.

Ce persona doit représenter les valeurs de votre offre, son positionnement, sa mission. Il doit être cohérent avec votre produit.

Si vous vendez un outil ultra-tech, vous ne choisirez pas la même posture qu’une marque axée sur le bien-être holistique.

Mais dans les deux cas, il y a une incarnation possible.

Ce qui compte, c’est de personnaliser la relation. De donner à votre audience un point de contact humain, clair, identifiable.

On n’achète pas une promesse désincarnée.

On achète une voix, une vision, une énergie.

Et tout commence par ce choix stratégique : qui parle pour la marque ?

 

Alignement entre valeurs personnelles et bénéfices produit

Le personal branding fonctionne seulement s’il est aligné avec ce que vous proposez.

Ce que vous dites, ce que vous incarnez, ce que vous vendez… tout doit raconter la même histoire.

Imaginez : vous communiquez sur la liberté, l’indépendance, le fait de casser les codes…

Et vous proposez une offre ultra rigide, ultra normée, avec zéro flexibilité.

Il y a un décalage. Et ce décalage, même subtil, crée un doute.

Les clients le sentent.

Ils ne savent pas toujours l’exprimer, mais ils perçoivent une dissonance.

Et cette dissonance casse la confiance.

À l’inverse, quand vos valeurs personnelles résonnent avec les bénéfices concrets de votre produit, l’effet est immédiat : c’est fluide, crédible, évident.

Si vous parlez d’audace et que votre programme pousse justement à oser davantage, ça fonctionne.

Si vous êtes centré sur l’écoute et que votre service est ultra-personnalisé, ça se renforce mutuellement.

Ce miroir entre vous et votre offre, c’est ce qui donne au branding personnel sa puissance.

Il ne s’agit pas de “mettre en avant sa personnalité” juste pour exister.

Il s’agit d’incarner une promesse cohérente, à travers un discours, une posture, un produit.

Et cette cohérence perçue est un facteur d’adhésion très fort.

Dans un marché encombré, elle fait toute la différence.

 

Créer des ponts éditoriaux entre soi et son offre

L’une des erreurs les plus fréquentes dans le personal branding, c’est de parler de soi d’un côté… et du produit de l’autre.

Deux mondes parallèles qui ne se croisent jamais.

Et pourtant, toute la force du branding personnel vient de ces ponts que vous construisez entre vous et votre offre.

Votre audience n’a pas besoin de savoir toute votre vie.

Mais elle a besoin de comprendre pourquoi ce que vous proposez a du sens pour vous.

Vous avez vécu un déclic qui vous a poussé à créer ce produit ? Parlez-en.

Vous avez observé un besoin récurrent chez vos clients qui a motivé votre offre ? Expliquez-le.

Vous défendez une vision du monde, du travail, de la santé, de la réussite… et votre produit incarne cette vision ? Montrez le lien.

Ces passerelles éditoriales, ce sont des occasions de donner du contexte, de raconter une histoire, de créer du lien.

Elles permettent à votre audience de comprendre que votre offre n’est pas juste un business.

C’est une réponse sincère à un besoin identifié, vécu, parfois personnel.

Et quand vous réussissez à faire ce lien de manière fluide, votre communication devient plus naturelle, plus engageante, plus persuasive.

Vous ne forcez plus la vente.

Vous donnez envie d’acheter.

 

La bonne dose de visibilité personnelle pour ne pas cannibaliser la marque

C’est une inquiétude légitime, surtout chez les profils discrets ou les marques déjà bien établies :

👉 “Si je me rends trop visible, est-ce que je ne vais pas faire de l’ombre à mon produit ?”

Et c’est vrai : trop de personal branding peut devenir contre-productif… si la visibilité devient le but en soi.

Le branding personnel ne doit jamais éclipser l’offre.

Il doit la servir.

C’est une question d’intention.

Si vous communiquez uniquement sur vous, votre parcours, votre quotidien, vos opinions — sans jamais créer de lien clair avec ce que vous proposez — vous perdez votre audience en route.

Elle s’attache à la personne, mais oublie l’offre.

À l’inverse, si votre visibilité est pensée comme un levier de pédagogie, de valeur, de confiance, alors elle devient un amplificateur.

Votre posture attire, vos prises de parole engagent, et tout ramène naturellement à votre produit.

La clé, c’est l’équilibre.

Demandez-vous régulièrement :

→ Est-ce que ce que je partage nourrit la perception de mon expertise ?

→ Est-ce que cela rend mon produit plus désirable, plus crédible ?

→ Est-ce que je reste au service de la mission que porte mon offre ?

La visibilité personnelle est une force… à condition qu’elle reste au service de la marque.

 

Conclusion

Pendant longtemps, on a opposé deux mondes :

D’un côté, le branding personnel — trop subjectif, trop risqué, trop tourné vers soi.

De l’autre, le produit — objectif, concret, professionnel.

Mais cette séparation n’a plus lieu d’être.

Aujourd’hui, dans un monde saturé d’offres, ce qui fait vendre, c’est la relation.

Et cette relation ne se construit pas uniquement avec une page de vente bien rédigée.

Elle se construit avec une voix, une vision, un lien humain.

Le branding personnel n’est pas une mise en scène.

C’est un outil stratégique, qui vous permet de :

✔ créer de la confiance,

✔ transmettre du sens,

✔ donner envie de vous suivre… donc d’acheter ce que vous proposez.

Mais attention, il ne s’agit pas de tout miser sur votre personnalité.

Il s’agit de l’aligner avec votre offre, de créer des ponts éditoriaux, et de trouver la juste dose de visibilité.

Votre présence ne doit pas éclipser votre produit, elle doit le renforcer.

En incarnant votre offre, vous rendez votre marketing plus vivant, plus crédible, plus engageant.

Et si vous doutez encore… posez-vous cette question simple :

Est-ce que ce que je vends pourrait être encore plus fort si je le racontais avec mes mots, mon histoire, mon intention ?

Souvent, la réponse est oui.

 

Merci d’avoir écouté cet épisode.

Si vous pensez qu’il peut aider quelqu’un dans votre entourage — une entrepreneure, un porteur de projet, une marque trop discrète — n’hésitez pas à le partager.

Et si ce sujet vous a parlé, je vous invite à me laisser un commentaire, une note, ou tout simplement un message.

On se retrouve très vite pour un prochain épisode du Podcast du Marketing.