IA et contenu : comment garder une marque vraiment reconnaissable avec Marion Cas – episode 343
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L’IA peut vous aider à produire plus vite, à décliner vos contenus et à gagner un temps précieux. Mais il y a un risque : à force d’utiliser les mêmes outils que tout le monde, est-ce que nos marques ne vont pas finir par toutes se ressembler ?
Et surtout, comment faire pour que l’IA comprenne vraiment ce qui fait la singularité de votre marque ?
Dans cet épisode du Podcast du Marketing, je reçois Marion Cas, spécialiste de l’intégration de l’IA dans les Content Factories.
Ensemble, nous nous intéressons à ce qui se passe avant le prompt.
Parce qu’utiliser l’IA efficacement ne consiste pas simplement à choisir le bon outil ou à apprendre quelques techniques de prompting. Il faut d’abord savoir ce que l’on veut lui confier, ce que l’on préfère garder entre les mains des équipes et, surtout, être capable de lui expliquer précisément qui nous sommes.
Nous parlons donc de stratégie de marque, de création de contenu, de brand guidelines, mais aussi de cette connaissance de la marque qui existe parfois davantage dans la tête des équipes que dans les documents officiels.
Marion partage plusieurs exemples de grandes marques qui ont fait des choix très différents face à l’IA. Elle explique également pourquoi nos bons vieux brand books ne sont pas forcément aussi utiles qu’on pourrait le penser lorsqu’il s’agit de travailler avec une intelligence artificielle.
Et vous verrez que derrière cette question très technologique se cache finalement un sujet beaucoup plus marketing : qu’est-ce qui fait qu’un contenu ressemble vraiment à votre marque et pas à celle de votre concurrent ?
Un épisode pour prendre un peu de hauteur sur l’IA et réfléchir à la place que vous voulez réellement lui donner dans votre marketing.
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Transcription de l’épisode
L’IA peut vous aider à créer plus de contenu, plus vite et pour moins cher.
Ça, vous le savez déjà.
Mais il y a une autre question, beaucoup plus importante : est-ce que ce contenu ressemble vraiment à votre marque ?
Parce que si vous donnez les mêmes consignes aux mêmes outils que tout le monde, vous risquez d’obtenir exactement ce que vous redoutez : des contenus propres, efficaces, bien construits… mais terriblement génériques.
Et c’est là que le sujet devient vraiment intéressant pour nous, marketeurs.
Comment faire comprendre à une IA ce qui rend notre marque unique ? Comment lui transmettre notre ton, nos valeurs, notre univers, nos partis pris ? Et surtout, comment décider ce que nous voulons lui confier… et ce que nous voulons absolument continuer à faire nous-mêmes ?
Vous allez voir que la réponse ne consiste pas simplement à prendre votre brand book de 200 pages et à le déposer dans ChatGPT.
Il faut repenser la manière dont nous formalisons notre marque pour passer des traditionnelles brand guidelines à ce que mon invitée appelle un véritable « code de marque », utilisable par l’IA.
Pour en parler, je reçois aujourd’hui Marion Cass. Après 15 ans dans le marketing, notamment comme directrice marketing chez L’Oréal, Marion accompagne aujourd’hui les marques dans l’intégration de l’IA au sein de leurs content factories.
Si vous me découvrez avec cette vidéo, je suis Estelle Ballot et vous regardez le Podcast du Marketing. Mon rôle, c’est d’aider les directions marketing à gagner en clarté, à structurer leur marketing et à obtenir des résultats, sans le complexifier.
Chaque semaine, ici, on parle de marketing concret, utile et actionnable.
Dans cet épisode, vous allez comprendre comment choisir les bons cas d’usage de l’IA pour votre marque, comment formaliser votre ADN de marque et votre ADN d’expression, comment transformer vos contenus existants en guidelines grâce au reverse engineering et même pourquoi le format de votre brand book peut faire une vraie différence lorsqu’il est utilisé par une IA.
Et vous allez surtout comprendre pourquoi l’arrivée de l’IA ne diminue pas le rôle du marketeur. Elle pourrait, au contraire, nous obliger à redevenir meilleurs dans ce qui constitue le cœur de notre métier : penser la stratégie, faire des choix, briefer avec précision et construire des marques qui ne ressemblent à aucune autre.
Bienvenue dans le Podcast du Marketing.
Estelle (00:22.846)
Bonjour Marion, bienvenue sur le Podcast du Marketing.
Marion Cas (00:26.464)
Bonjour Estelle.
Estelle (00:28.116)
Écoute Marion, je suis ultra contente de te recevoir aujourd’hui. On va parler d’un sujet qui est le sujet que tout le monde a sur les lèvres depuis des mois maintenant, mais ça n’en finit pas de changer, ça n’en finit pas de grandir et de prendre encore plus de place dans nos métiers. Donc c’est ultra intéressant. On va parler d’IA, mais on va parler plus précisément de comment est-ce qu’on va adapter l’IA à nos marques, notamment à nos brand guidelines.
Tu vas tout nous expliquer avant qu’on rentre dans le vif du sujet. Marion, est-ce que tu peux nous dire qui tu es et ce que tu fais
Marion Cas (01:03.629)
Je m’appelle Marion Cass, je suis comme toi Estelle et je pense comme vous toutes et tous qui nous écoutez une passionnée de marketing depuis 15 ans maintenant et alors que j’étais directrice marketing chez L’Oréal, j’ai compris l’importance d’un levier qui est pourtant sous-côté et ce levier c’est le contenu parce que chez L’Oréal quand on voulait créer des marques incontournables on créait certes des super produits.
certes des go-to-market hyper solides, mais surtout ont créé du contenu de qualité à l’échelle, de sorte à couvrir tous les canaux tout au long du consumer journey. Et ça, c’était un travail de dingue qui nous a mené à créer les premières content factories, donc ces organisations du contenu, ces usines à contenu, qui posent les bons process, les bons outils et les bonnes personnes pour créer du contenu de qualité à l’échelle.
Et ça, c’est une obsession que j’ai embarquée avec moi pour toutes les expériences que j’ai pu avoir pour diverses marques par la suite et qui a été bien secouée en 2023-2024 par l’arrivée de l’IA. Parce que pour ces équipes marketing contenu, l’IA, représente une opportunité dingue pour aller chercher l’échelle tant désirée. Mais c’est aussi un énorme risque parce que quand elle est mal utilisée, elle peut très vite rendre votre marque interchangeable. Donc je m’y suis fermée.
et je m’y forme continuellement et mon métier c’est d’intégrer l’IA dans les content factories des marques-consumeurs.
Estelle (02:32.974)
C’est-à-dire que tu accompagnes ces marques à comprendre comment l’IA peut venir les aider et comment le faire correctement pour que, ce que tu disais, on ne tombe pas dans le piège de l’IA, ce qu’on redoute je pense toutes et tous, c’est d’arriver à un truc super plat où toutes les marques ressemblent à toutes les marques parce que l’IA va aller piocher sur internet ou autre et va prendre un petit peu les best practices de tout le monde. C’est ça l’idée.
Marion Cas (03:00.097)
C’est ça l’idée et comme tu le disais en intro, aujourd’hui l’IA est sur toutes les bouches. Donc quand on vient me chercher, c’est pour intégrer l’IA dans le contenu. On ne pas chercher beaucoup plus loin. La réalité, c’est qu’avant d’intégrer l’IA, il faut qu’on soit très au clair sur quels sont les cas d’usage qu’on va chercher et à quoi ressemble votre marque pour qu’on intègre l’IA en cohérence avec votre ADN de marque. Donc le tout premier travail qu’on réalise avec les marques avant même d’intégrer l’IA, c’est poser ses bonnes bases.
pour définir une intégration qui leur ressemble.
Estelle (03:32.406)
Oui, parce que c’est intéressant ce que tu dis quand tu parles de cas d’usage. C’est quoi ? C’est de se dire bon, on a dit qu’on intégrait l’IA, super. Souvent, souvent c’est ça. Souvent ça vient du haut qui dit bon, les amis, il faut intégrer l’IA, donc débrouillez-vous, merci bien. Revenez dans un mois et vous aurez intégré l’IA. La première chose à faire, c’est de savoir quoi ? Savoir où est-ce qu’on intègre l’IA ? Pourquoi on intègre l’IA ? Est-ce qu’on attend de l’IA ? C’est des choses comme ça, quand tu parles de cas d’usage.
Marion Cas (03:41.133)
…
Marion Cas (03:57.879)
Oui, tout à fait. Je pense que la question est très juste parce qu’aujourd’hui il y a une grande confusion qui est alimentée par les vendeurs d’outils IA. On confond l’IA et la Content Factory. Aujourd’hui, les vendeurs de solutions vont approcher les entreprises en leur disant « tu branches mon outil IA et ça va produire plus vite, moins cher ». Ça va produire plus vite, ça va produire moins cher. Par contre, est-ce que ça ressemble à votre marque ? Ça, ça va vraiment dépendre de ce que vous lui donnez comme consigne parce que l’IA…
est un amplificateur qui va produire à partir des process, des cas d’usage que vous allez lui demander et de l’ADN de marque que vous allez lui donner. Donc la toute première étape, c’est d’être au clair sur ce que vous attendez d’elle, très précisément pour quel type de contenu et quel type de performance recherchée.
Estelle (04:47.47)
C’est vraiment de poser en fait ce que j’entends en creux dans ce que tu dis, et pour le coup ça m’intéresse parce que ça replace aussi l’intérêt de nos métiers, c’est finalement de poser ta stratégie IA, de dire je vais pas juste appuyer sur le bouton IA puis on verra bien ce que ça donne et allons-y c’est formidable, on a un nouvel outil, c’est joli. C’est vraiment de se poser la question de qu’est-ce que j’en attends, quel est mon objectif, pourquoi je vais là, qu’est-ce que je veux faire et de rester finalement le pilote.
Marion Cas (04:58.508)
…
Estelle (05:13.686)
finalement le pilote aux commandes et de pas juste dire bon ben j’ai mis LIA parce qu’on m’a dit de mettre LIA mais de vraiment savoir ce qu’on en attend, ce qu’on veut en faire, c’est ça ?
Marion Cas (05:21.368)
Absolument. Et aujourd’hui, on a l’impression qu’il a une seule intégration de l’IA possible parce que ce qui fait vraiment du bruit, ce qu’on voit, c’est les extrêmes. On va voir les avatars UGC synthétiques, on va voir la campagne de Noël de Coca et de McDonald’s, Neverlands qui font des gros backlash. Et tout de suite, on se dit, c’est tout ou rien. Soit je mets de l’IA partout, soit j’en mets pas. Mais la réalité, c’est qu’il n’y a pas une façon d’intégrer l’IA à forcer au chauspied dans votre marque.
il n’y a que des réponses au cas d’usage et aux frictions du quotidien que vous rencontrez. On en parlait en offre, peut-être que donner des cas concrets, permet de comprendre ce que ça donne. Quand LVMH place le savoir-faire au cœur de sa raison d’être, il est clair que LVMH ne peut pas utiliser l’IA dans sa production de contenu visible du consommateur. C’est antinomique. Par contre, ils ont un énorme besoin en amont du process, donc dans l’idéation.
la création de mood boards, le prototypage, la création, vraiment l’idéation, là ils utilisent LIA en créant leurs outils internes pour les aider, pour venir en soutien de ces équipes créatives. C’est une manière d’intégrer LIA. Une deuxième manière, L’Oréal, quand ils veulent intégrer LIA dans la production de contenu, ils ne peuvent pas, ou en tout cas ils décident de ne pas le faire, pour représenter la beauté. On représente pas de peau, on ne représente pas de cheveux avec LIA chez L’Oréal parce que c’est juste…
revenir en arrière sur ce combat contre la retouche qu’ils ont mené depuis des années. Par contre, ils utilisent l’IA pour représenter leur packshot, ce qui leur permet de remplacer des shoots photos et ainsi d’économiser des millions d’euros de budget. Un dernier exemple, parce qu’on va pas en faire toute une liste, mais que je trouve hyper intéressant, l’EVIS. Pour l’EVIS, c’est impossible de…
d’utiliser l’IA pour ce premier jet créatif, cette campagne, ce premier shoot photo qu’ils ont représenté qui vraiment porte leur identité. Très bien, pas d’IA. Par contre, ils n’arrivent pas aujourd’hui d’un point de vue budget à représenter toute la diversité de morphologie, de couleur de peau. Ils utilisent l’IA pour décliner ce qui est issu du shoot photo initial, pour pousser la diversité de corps et de carnation représentée.
Marion Cas (07:37.929)
C’est juste trois exemples et en réalité il y en a des dizaines et des dizaines mais qui montrent qu’en amont il y a une équipe qui a réfléchi à de quoi j’ai besoin, pour quel type de contenu. On va pas utiliser l’IA dans le contenu de la même manière si vous voulez faire du product content, du social content etc. Et qu’est-ce que je suis prêt à justifier à mon client parce que à la fin c’est de ça qu’il s’agit en fait. Le contenu c’est ton interface avec ton client.
Estelle (08:03.722)
que je trouve ultra intéressant là-dedans, c’est qu’on se pose la question de quoi j’ai besoin. Par exemple, là tu parlais de Lévis qui fait un premier shoot et puis après ils ont besoin de décliner de plein de façons différentes et là évidemment l’IA va permettre de le faire à moindre coût et rapidement aussi.
Mais c’est pas que ça en fait. C’est bien sûr comprendre ce dont j’ai besoin concrètement et ce que je vais choisir de faire ou de ne pas faire avec l’IA. Mais ce qui va encore plus loin, c’est comment je choisis d’intégrer ma marque et l’ADN de ma marque, ma stratégie de marque et ce que je veux dire, les valeurs de marque. Quand tu disais LVMH ne peut pas se permettre de…
de parler d’authenticité, de savoir-faire et puis d’aller tout mettre sur de l’IA. Là, on est en train de parler de valeurs, de piliers fondamentaux de marque. Et je trouve que c’est ça qui est extrêmement intéressant, c’est d’aller se poser encore une fois d’un point de vue stratégie marketing, stratégie de marque, valeur pilier, et de dire qu’est-ce que je peux me permettre de faire, qu’est-ce que je souhaite ou ne souhaite pas faire, et de quoi j’ai besoin, et d’aller un petit peu travailler tous ces éléments-là.
un élément qu’on a ou qu’on a eu jusqu’ici dans les services marketing. Alors peut-être parfois un peu moins dans les toutes petites entreprises. Parfois, ça reste du langage oral, mais justement, on va en parler parce que c’est intéressant. Dans les entreprises plus structurées, où on a des services marketing, en général, on a ce qu’on appelle un brand book, des brand guidelines, c’est-à-dire un document écrit, un PowerPoint, souvent à mon époque, où tu avais tous les éléments qui vont t’expliquer la marque.
qui vont, je schématise parce qu’on peut en parler désert du brand book, mais qui vont t’expliquer quelles sont les valeurs de la marque, comment tu utilises la marque, comment la marque parle, comment la marque s’exprime, enfin tous ces éléments-là. Ce brand book, c’était un peu la Bible qu’on se passait quand t’avais un nouvel arrivant, souvent l’usait, comment se parle le brand book et puis on en reparle après. Ce brand book, il a une valeur fondamentale.
Estelle (10:14.9)
pour un service marketing, pour une marque, pour travailler du brand. J’imagine qu’il a une valeur ultra intéressante pour l’IA, où je suis à côté. Comment tu utilises, comment tu fais, fait, pour, une fois que tu veux intégrer l’IA, pour faire en sorte que l’IA comprenne cette stratégie, comprenne ces éléments stratégiques qui font que, évidemment, LVMH, évidemment, Lévis, évidemment, le réel ne va pas tout donner à l’IA.
mais va pouvoir choisir des éléments.
Marion Cas (10:46.79)
Valeurs fondamentales, tellement d’accord avec toi et on connaît la même époque du PPT, mais en réalité c’est encore le cas aujourd’hui. Et c’est sûrement le problème aujourd’hui de ce brand book, de cette plateforme de marque, c’est que c’est ce PDF statique qui est un peu fourre-tout, qui va tout rassembler des brand guidelines, de son histoire, de sa vision, etc. et qui a tendance à dormir dans un dossier partagé et qu’on va sortir pour les grandes occasions quand on a un nouvel arrivant ou une nouvelle agence.
Le souci est double de ce Prenboug. Le premier souci c’est qu’il est sous une forme qui n’est pas intelligible pour l’IA. Il va donc falloir venir la traduire sous une forme intelligible. Le deuxième souci c’est qu’il n’est pas… est statique. Il n’est pas mis à jour fréquemment. Or l’IA, et on le disait juste avant, elle va produire à partir de consignes. Si vous, humain, équipe, avez cette finesse de compenser…
Ce qui n’est pas clairement écrit dans le Brand Book parce que vous avez l’intuition, l’émotion, parce que vous avez la compréhension de ressentir de la marque et les discussions informelles, la machine LIA, elle ne l’a pas. Et tout manque sera compensé par la moyenne d’Internet et donc du contenu générique. Et c’est ainsi que votre marque se retrouve à la dérive si vous ne retravaillez pas, si vous ne faites pas évoluer ce Brand Book vers ce que j’appelle du code de marque. Le code de marque…
On peut le construire, on peut le concevoir, en tout cas c’est comme ça que je le conçois, en deux dimensions. Premièrement, votre ADN de marque. Il va falloir que vous veniez écrire de manière détaillée, documentée, quelle est la vision de votre marque, quel est son mit de fondateur, quelle est votre offre, qui sont vos clients, qu’est-ce qu’ils attendent. C’est votre socle ADN de marque et il se doit d’être détaillé. Deuxième partie, deuxième dimension de votre code de marque, c’est votre ADN d’expression.
Votre ADN d’expression c’est comment est-ce que vous parlez à votre consommateur via votre client. Quelle est votre tonalité ? Quel est votre chant lexical ? Quelles sont vos anecdotes ? Quels sont au contraire les termes que vous n’utilisez pas ? Tout ça, c’est ce qui vit dans tous les contenus que vous allez publier, vos newsletters, vos articles de blog, vos posts, réseaux sociaux, votre payde, tout, tout, tout. Donc il va être important aujourd’hui de le construire cet ADN d’expression et il a deux manières de le faire.
Marion Cas (13:07.14)
Soit vous vous posez en équipe et on reprend à zéro et on se dit « voici ce que ça donne quand notre marque parle ». C’est l’occasion d’une bonne discussion d’équipe et moi je trouve ça hyper intéressant parce qu’on remet les pendules à l’heure et on voit qu’on n’est pas tous d’accord en réalité. Soit vous récupérez tous vos top contenus, une quinzaine disons, vos top newsletters, vos top articles de blog, vos top posts, etc. Vous les confiez à l’IA et elle va déduire de vos contenus, votre contexte et vos consignes.
C’est ce qu’on appelle le reverse engineering. Deux manières de procéder. La deuxième est plus rapide, bien sûr. Elle est imparfaite, mais elle vous permet au moins de vous lancer et de commencer à voir ce que ça donne quand il a produit pour vous.
Estelle (13:49.641)
que j’aime bien dans ta deuxième version, ce reverse engineering, c’est-à-dire de demander, de donner les infos à l’IA, voilà ce qu’on a fait, décris-moi quelle est ma marque, je le schématise mais grosso modo c’est ça. trouve, alors certes c’est imparfait, mais je trouve ça ultra intéressant parce que 1, ça te donne une base. Si tu n’as pas construit ce document, encore une fois, dans les PME bien souvent le brand book n’existe pas.
parce qu’il y a deux personnes qui s’occupent du marketing et puis voilà, c’est dans leur tête et ça reste là. Donc ça permet d’avoir déjà une base, de ne pas partir de la fameuse feuille blanche. On a une base de travail, ça permet d’avoir des angles que nous on prendrait peut-être pas. On prend souvent toujours le même chemin et si on a été dans des grandes entreprises, dans des multinationales comme toi et moi, on a toujours les mêmes schémas et du coup on a été un peu éduqué à ça, donc on le fait toujours de la même façon.
Peut-être que l’IA, elle, va prendre des chemins un petit peu différents. Donc ça peut être intéressant. Et puis ça permet d’avoir, tu le disais, beaucoup plus rapidement, beaucoup plus simplement les éléments que l’IA comprend. Après, que je trouve intéressant, c’est un peu de mixer les deux. J’imagine que c’est ce que tu fais souvent avec tes clients. C’est-à-dire que c’est intéressant d’avoir l’avis de l’IA sur nos créas, sur ce qu’on a pu produire, sur notre content. Et puis après, en brainstorming, avec l’équipe, de se dire attends, attends, attends, attends.
je suis pas tout à fait d’accord. L’Aliya nous dit que notre valeur c’est, je dis des bêtises, la bienveillance. Moi je suis pas d’accord avec ce mot bienveillance, peut-être que c’est etc etc. Et là je trouve que tu viens apporter cette finesse dont tu parlais qui effectivement est le truc un peu impalpable du marketing de… Dans le service marketing on sait bien que notre marque elle est pas tout à fait exactement comme ça mais on en parle avec l’agence l’agence Crea et comme on se comprend parce qu’on a
cette fibre créative quelque part, finalement on se comprend bien. Mais on n’a pas forcément toujours posé les mots dessus. Je trouve que c’est intéressant d’aller mixer ces deux choses-là. Est-ce que c’est quelque chose que tu travailles parfois comme ça ?
Marion Cas (15:55.223)
Oui, et ce que je trouve intéressant, c’est que tu décris une utilisation de LIA comme une prise de hauteur. Et c’est vraiment l’approche que je prône parce que LIA va nous aider dans notre exécution, oui, mais surtout LIA va nous aider à nous remettre dans notre rôle de créatif en tant que marketeur. Ce que LIA fait quand elle produit pour nous et qu’on voit ce que ça donne, c’est qu’elle nous met face à nos zones de flou et à ce qui aujourd’hui n’est pas très clair, pas complètement formalisé dans notre marque.
Et ça nous amène justement à préciser, donc préciser notre promesse, préciser qui nous sommes et à mieux le communiquer à toutes nos parties prenantes. Ce qui va être clé parce qu’on parle de l’IA comme un grand tout, mais en réalité, au sein d’une équipe, il y a plusieurs outils IA qui vont être utilisés. Votre agence même, vos agences vont utiliser différents outils IA. Donc ce socle-là, ce doit être hyper solide parce que selon les modèles, les outils utilisés, on va en plus prendre des biais différents.
Donc ça nous amène vraiment à recadrer ce qu’est notre marque, qu’est-ce qu’on apporte au marché, qu’est-ce qu’on apporte aux clients et comment on le dit pour mieux produire.
Estelle (17:03.862)
Je pense que c’est ça, c’est vraiment l’élément fondateur, enfin c’est toujours un peu pareil le marketing. Moi j’ai l’impression de toujours répéter la même chose, c’est on va repartir sur les bases, sur les fondamentaux parce que c’est le socle marketing qui va permettre après de créer quel que soit le process de création qu’on va avoir. Si on n’a pas ce socle marketing qui est clair et qui est nourri et qui est dense, finalement on pourra faire des très belles créatures, c’est pas la question.
peuvent proposer à n’importe quelle agence, vont pouvoir nous proposer des très belles choses. Est-ce que ça va correspondre à notre marque ? Le vrai sujet est là, donc d’aller travailler ce document-là.
pour l’IA, pour les IA encore une fois, on a tendance à dire l’IA mais on le sait il y a plein d’outils différents, y a plein de… Alors techniquement je saurais pas forcément rentrer dans le détail mais c’est pas la question, il y a plein de façons de voir les IA différentes. Ce que tu me disais en off et je trouve ça intéressant parce qu’on en parle peu, c’est pas quelque chose… Je trouve dont on parle beaucoup, ce que tu me disais en off c’est tu me disais…
C’est bien joli parce que finalement, on fait ce travail-là. S’il n’a pas déjà été fait, on le fait. C’est une très bonne chose, moi, trouve, d’un point de vue marketing, d’aller remettre au centre finalement cette réflexion marketing de qu’est-ce que ma marque, qu’est-ce que son ADN, etc. Mais ça, je l’ai mis dans un PDF. Et tu me disais attention, le PDF, c’est bien, l’IA, elle va pouvoir le lire, mais elle ne pas pouvoir bien le lire, bien l’utiliser. Il a des choses à faire pour aider l’IA à comprendre nos documents. Est-ce que tu peux m’en dire un peu plus ?
Marion Cas (18:38.788)
Oui, il faut qu’on puisse parler la langue de la machine. Ça paraît bête dit comme ça, mais on n’a pas les mêmes manières de communiquer. Donc ce PDF qui pour nous donne toutes les informations n’est simplement pas intelligible pour l’IA. Je vous invite vraiment, si vous apprêtez à créer ce socle, ce code de marque que vous allez confier à votre IA, à réaliser le travail qu’on vient de décrire, mais aussi à nettoyer vos documents, parce qu’on le connaît, notre BrainBook.
Il fait 100, 200 pages et moi je me souviens bien des 4, 5 slides qui viennent d’écrire les positions des logos qui ne servent à rien pour Unia qui va produire du contenu pour vous. Donc clairement il va falloir qu’on nettoie les documents, on ne donne pas 200 slides à Unia. Deuxièmement il va falloir qu’on structure, qu’on balise l’information qu’on va donner à l’IA. Il falloir qu’on priorise ce qu’on lui donne. Et troisièmement il va falloir qu’on parle son langage, donc on rende ça intelligible en transformant le format, on ne donne pas…
un PDF à une IA, on lui donne au format Markdown ou JSON. Donc tout simplement, quand vous travaillez votre socle de marque, votre code de marque, au lieu de mettre Enregistrer sous PDF et lui donner », vous allez l’enregistrer en format .md qui fait partie des options que vous aurez Markdown et elle pourra ainsi comprendre ce que vous lui donnez.
Estelle (19:55.663)
ça je trouve que c’est un super tips, c’est ultra simple, mais vraiment c’est ultra simple. Et moi personnellement on ne l’avait jamais dit et je me dis mais mince en fait je suis passée à côté de précision en fait parce que si je lui donne en format Word, PDF ou quoi, elle va comprendre. Mais là ce que tu me dis c’est que si tu enregistres en Markdown, l’IA va mieux comprendre, va mieux intégrer, mieux interpréter. Donc je trouve que c’est un tips ultra…
utile, facile, ultra simple qu’absolument tout le monde peut faire. Là maintenant tout de suite même limite en écoutant l’épisode, on peut juste enregistrer au Marc-Dame. Je trouve que c’est super intéressant et ça facilite en fait la discussion avec nos IA. Marion, je…
On a déjà dit plein de choses, peu de choses et plein de choses en même temps. Je vais essayer de résumer un petit peu cette réflexion que je trouve vraiment ultra intéressante et surtout qui permet de poser les bases du travail qu’on va pouvoir faire en marketing avec LIA. Ce que tu nous dis Marion, c’est qu’il y a une espèce d’angle mort qu’on a avec LIA, entre LIA et la marque. Et c’est le fait que…
on ne pas exactement le même langage. qu’à un moment donné, va falloir que nous, marketeurs, on soit capables de donner les bonnes informations de la bonne façon à nos outillats, quelles que soient les outillats, pour qu’ils puissent travailler au mieux. Avant de faire tout ça…
Il va falloir quand même qu’on se pose la question d’un point de vue stratégique. Moi, trouve que c’est là c’est intéressant aussi, c’est de se dire, on garde finalement le lead, garde, on continue de tenir les reines parce que nous, on est là pour impulser la stratégie marketing, la vision de marque, ce qu’est notre marque. Donc, il va falloir se poser la question de quelle est notre marque, quel est son ADN, qu’est qu’elle veut dire, comment elle veut dire. Ça, c’est le côté marque, qui elle est et il y a l’IA.
Estelle (21:57.293)
Comment est-ce que je veux utiliser l’IA ? Qu’est-ce que tu nous donnais les exemples, je les trouve très, très justes, de LVMH, de L’Oréal, de Lévis, qui vont aller regarder leurs valeurs, leurs piliers de marque, comment ils fonctionnent, ce qu’ils veulent dire, ce qu’ils veulent proposer à leurs clients, parce que ce n’est pas seulement ce qu’on veut dire, c’est aussi ce qu’on veut proposer réellement aux clients.
Et comment est-ce qu’on va intégrer l’IA dans tout ça ? Quand on s’appelle LVMH et qu’on prône le savoir-faire humain, matériel, vraiment, évidemment qu’on ne pas pouvoir tout passer à l’IA, ce serait…
ce serait en fait mentir au client finalement. Donc c’est un choix de dire, non, nous on ne pas vouloir le faire n’importe comment. En revanche, notre réflexion, tu le disais, nos brainstorming peuvent être alimentés par l’IA et ça peut nous aider à aller plus vite, plus loin. Donc vraiment se poser la question de à quel endroit et comment je veux utiliser l’IA en amont de tout travail. Je trouve que c’est déjà un élément ultra important de vraiment avoir une vraie vision de marque.
marketing et IA. Après une fois qu’on a fait ça bien sûr il va falloir pouvoir travailler avec IA et ce que tu nous dis c’est la première chose à faire c’est d’avoir des brand guidelines qui sont bien construites donc si on ne les a pas construites il faut les construire et les construire à l’écrit et pas seulement dans nos têtes.
Bien souvent, sont soit totalement dans nos têtes, il y a beaucoup d’entreprises et même des grosses entreprises qui n’ont pas de Guidelines parce qu’il a une culture de l’oral qui se passe comme ça et finalement on reste comme ça. Sauf que la culture de l’oral notre IA, elle vient pas à la machine à café avec nous, l’IA elle n’est pas nécessairement dans nos réunions. Donc il va falloir pouvoir produire un document qui va donner ces éléments là. Et ce que tu nous dis aussi, c’est que ce document là, ces Brand Guidelines bien construites, va falloir aussi les édule corré.
Estelle (23:48.545)
parce qu’à un moment donné, donner 200 pages, et entre nous, pardon, mais donner 200 pages à qui que ce soit, on l’a fait, moi la première, je les ai données les 200 pages aux agences en disant, débrouillez-vous maintenant les amis, avez toutes les informations, mais c’est juste de la perte de temps et ça vient embrouiller les choses, priorisons.
On ne cesse de le dire dans tous les services marketing, le job du marketeur c’est de savoir prioriser, c’est pas simple, mais de savoir prioriser. Priorisons aussi les informations qu’on va donner à l’IA pour qu’elle puisse les travailler au mieux et parlons le langage de l’IA. Tu nous disais une façon simple de parler de langage de l’IA, il y a bien sûr plein d’autres choses à faire, mais pour donner un tips, une façon simple c’est tout simplement d’enregistrer en point MD.
L’IA va pouvoir lire bien mieux les documents que via un PDF.
J’ai essayé de résumer, Marion, ce que tu nous as dit. Peut-être pour ouvrir le sujet, tu me disais en off quand on discutait, finalement, cette IA, bien souvent, elle nous fait peur parce qu’on se dit, va me piquer mon boulot. L’IA va créer, si on parle de la création du contenu, du contenu beaucoup plus vite que moi, donc finalement, à quoi je vais servir ? Toi, tu me disais, mais non, fait, bien sûr que l’IA va créer probablement plus vite, mais nous, notre job, ça va nous permettre de nous recentrer sur notre job de
et tu me disais il y a un nouveau job qui existe, c’est le créatif technologie, c’est ce que tu peux me donner un petit peu ta vision, tout ça.
Marion Cas (25:15.606)
Oui. L’IA va venir nous décharger partiellement de la charge d’exécution. Et Dieu sait qu’en marketing, en contenu, cette charge d’exécution est absolument dingue. On se retrouve assez rapidement dans une apnée opérationnelle. Par contre, pour qu’elle puisse exécuter, il va falloir que nous, se recentre sur nos métiers créatifs, ce qui va donner du sens de l’émotion à notre marque et qu’on le rende très clair et très tangible.
Ce sera peut-être la fin des « j’aime, j’aime pas en marketing, ou du monde saura y répondre, donc c’est plutôt bien pour nous. Donc ça nous replace dans notre métier de créatif, ça nous demande tout de même de nous challenger pour savoir briefer et parler à cette machine, cette technologie. Donc ce métier qu’on voit arriver, qui soit un nouveau métier dans les entreprises, on voit beaucoup de jobdesk qui tombent de recherche de la part des entreprises, ou bien ça va venir compléter le panel de compétences des marketeurs.
Estelle (25:46.926)
Merci.
Marion Cas (26:10.004)
c’est de réussir à parler le langage de la créa et le langage de la technologie, ce Creative Technologies qui sait traduire les parties-pris créatifs en technologie, en prompte, en documents qu’on va donner à son IA, de sorte à ce que cette grande équipe travaille bien ensemble en réalité. en effet, quand j’arrive dans une entreprise, souvent il a une certaine frilosité à l’intégration de liens dans le contenu, on a l’impression que ça va nous remplacer.
mais je pense que ça nous remet vraiment sur notre valeur ajoutée et ça nous amène même à apprendre de nouvelles choses pour pouvoir travailler au mieux.
Estelle (26:44.8)
Écoute moi, trouve ça assez formidable de…
de se dire aussi que cet IA finalement, nous oblige quelque part à aussi être de meilleurs marketeurs, à aussi réapprendre à briefer combien j’ai vu d’équipes marketing qui ne savaient plus briefer une agence et qui typiquement donnait le brand guidelines et vas-y débrouille-toi. Et moi, trouve que c’est plutôt assez réjouissant de se dire finalement, nous oblige à avoir une certaine excellence dans nos métiers et à aller se reposer les questions clairement parce que l’IA, toute rapide,
et toute majestueuse qu’elle peut être. Elle n’arrivera pas à avoir et à produire les bons éléments si on ne lui donne pas les bons éléments de brief au départ. Donc finalement, moi je trouve qu’elle nous demande de l’excellence, nous, marketeurs et notamment dans la production de contenu. Donc je trouve ça finalement assez réjouissant. Marion, merci infiniment d’être venu nous expliquer comment est-ce qu’on va pouvoir intégrer l’IA dans notre création de contenu. Si on veut en savoir plus Marion, si on veut peut-être travailler avec toi d’ailleurs.
où est-ce qu’on peut te retrouver dis-moi ?
Marion Cas (27:50.548)
sur Lim Dinh, tout simplement Marion Kess.
Estelle (27:53.346)
bien génial, je mettrai évidemment le lien de ton profil LinkedIn dans les notes de cet épisode. Donc n’hésitez pas à aller suivre Marion sur LinkedIn. Marion, merci infiniment, t’es là bienvenue quand tu veux sur le Podcast du Marketing.
Marion Cas (28:07.006)
Merci Estelle.